POLITIQUEMENT INCORRECT

POLITIQUEMENT INCORRECT

Par Gérard DELORME

dimanche 29 avril 2012

Sauvadet, néo facho ?

Il doit bien rigoler Jean-Pierre Soisson quand il voit le nouveau positionnement de son ennemi intime bourguignon, François Sauvadet. A droite toute ! A Dijon, il n'a pas manqué de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy. C'est normal, il était là pour ça. Il a donc applaudi le discours extrêmiste du président-candidat, reprenant les thèses du Front national pour tenter de conquérir les voix de Marine Le Pen. Mais dans le même temps il a lancé un appel aux centristes de François Bayrou à "gagner pour la France". Gonflé, le ministre de la "Ponction publique", qui a aussi peu de considération pour les fonctionnaires que le futur ex-chef de l'Etat !

Le parcours politique de François Sauvadet démontre qu'il est capable de retourner sa veste dans tous les sens pour arriver. Au diable les valeurs, au diable les idées, l'ambition sied aux girouettes. Petit retour en arrière pour mieux comprendre. En 2004 le député de Côte d'Or était à la tête d'une liste UDF aux élections régionales. Une liste qui se saborda au second tour, ledit François Sauvadet refusant alors de s'acoquiner avec Jean-Pierre Soisson en raison de ses alliances électives avec le Front national. On ne se moque pas ! A l'époque François Sauvadet préférait l'échec au déshonneur.

Deuxième séquence dans la vie d'un opportuniste : l'entre deux tours de la présidentielle 2007. L'UDF de François Bayrou explose. Porte parole du groupe de centristes, François Sauvadet, qui connaît le sens du vent, fait allégeance à Nicolas Sarkozy. Il participe à la création du Nouveau centre, un mouvement déguisé, qui vote toujours avec la droite mais qui se réserve le droit d'exister à côté pour marquer sa différence. C'est le cas dans l'Yonne où le Nouveau centre a eu raison de l'UMP pour prendre la tête du Département. François Sauvadet, lui, obtient son bâton de maréchal : un secrétariat d'état dans le gouvernement Fillon. Voilà qui permet de mieux avaler les couleuvres du discours extrêmiste et de s'asseoir sur les valeurs de la République.

jeudi 26 avril 2012

Sarkozy : le baroud de déshonneur.

Les jeux sont faits ! Dans 10 jours Nicolas Sarkozy va connaître la défaite. Juste sanction au terme d'un quinquennat marqué par le développement du chômage, des inégalités, de l'injustice, par la casse des services en matière de santé, d'éducation, de sécurité ... Le 6 mai le président-candidat, le roi des promesses non tenues, va être écarté dans le cadre d'un référendum grandeur nature. Le peuple de France, celui dont il se réclame, va lui dire "Non !" Mais la bête blessée ne va pas rendre les armes sans avoir donné quelques coups de griffes. A François Hollande, bien sûr, le candidat "normal", aux journalistes et aux instituts de sondages. Il faut bien trouver des boucs émissaires lorsqu'on ne veut pas admettre que l'on est détesté par une majorité des Français. De cette haine qu'il a lui même répandue en pratiquant l'exclusion, la discrimination, en remontant les gens les uns contre les autres. Diviser pour régner !

Le petit Sarko, c'est comme un mauvais élève qui se bat à la récré pour éviter que l'on parle de ses notes. Et pour faire diversion, avec ses petits poings rageurs, il va s'en prendre à un élève studieux. C'est exactement ce qui se passe quand il veut imposer trois débats télévisés à François Hollande pour mieux le cogner, "le passer à la sulfateuse" comme il le dit lui-même. On est pas loin du karcher promis aux jeunes des banlieues. Depuis longtemps Nicolas Sarkozy a perdu toute crédibilité. Ses derniers propos, visant à considérer que Marine Le Pen est "compatible" avec la République, à banaliser les idées xénophobes de l'extrême droite, sont affligeants. A-t-il oublié que la Marine dansait, il n'y a pas si longtemps, à Vienne, avec des néonazis autrichiens ?

Qu'importe, Sarko est prêt à tout pour sauver son trône. A aller chasser les électeurs du Front national,à fouiller dans les poubelles nauséabondes. Histoire de faire peur : "C'est moi ou le chaos !". Non, Sarko c'est le chaos ! Il a simplement oublié que Marine Le Pen veut le faire disparaitre pour se présenter comme un recours à la droite de la droite. Et que François Bayrou a clairement pris ses distances pour ne pas cautionner "cette course ventre à terre derrière les thèses du Front National". Nicolas Sarkozy n'a aucune marge de manoeuvre. Et ce n'est pas en voulant faire du 1er mai, la fête du "vrai travail" qu'il va marquer des points. Une provocation supplémentaire qui aura le mérite de mobiliser syndicats, travailleurs et chômeurs de tous poils et d'accentuer le phénomène de rejet. Sarko a démarré son mandat en lisant la lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet. Il le termine en faisant référence à Pétain. La boucle est bouclée.

 

mercredi 29 février 2012

La droite : une ligne brisée

Comment se fait-il que les manifestations agricoles attirent autant d'élus de tout bord alors qu'il y a de moins en moins d'agriculteurs ? Un espace rural, de plus en plus mal traité, qui devient, l'espace d'un instant, le centre du monde politique. C'est vrai au Salon de l'Agriculture, mais c'est aussi vrai dans nos petits concours cantonaux. Des rencontres qui donnent lieu à des situations parfois cocasses. Ainsi, aujourd'hui, lors de la journée Bourgogne, François Patriat qui présente André Villiers, le président du conseil général de l'Yonne, à Arnaud Montebourg. "L'homme du putsch !", lance ce dernier face à Henri de Raincourt qui n'a toujours pas digéré la défaite de l'UMP dans le département de l'Yonne, en mars 2011. Il l'avait exprimé brutalement, au meeting UMP de Joigny, en parlant de "honte" pour qualifier les divisions de la majorité départementale. Une déclaration qui a ravivé le feu couvant toujours sous la cendre.

La droite de l'Yonne n'est plus qu'une ligne brisée et le "U" de l'UAY relève plus de l'Utopie que de l'Union. A telle enseigne que la fronde semble s'organiser autour de Jean-Marie Rolland, le président déchu et son porte-flingue, François Boucher, dont l'ambition principale est d'avoir la peau de l'actuel président de l'UAY, Patrick Gendraud, bras droit d'André Villiers et putschiste de la première heure. On évoque même la possiblité de constituer un nouveau groupe, à droite, pour mettre en difficulté les centristes (de droite) regroupés derrière André Villiers. Car, pour Jean-Marie Rolland, Patrick Gendraud a un gros défaut : il est candidat aux législatives dans la même circonscription. Mis en minorité par sa propre famille politique, le député sortant sait aussi que Patrick Gendraud est plus populaire que lui et qu'il pourrait le devancer au premier tour. Ce qui autorise les responsables icaunais du Nouveau centre - qui soutiennent par ailleurs Nicolas Sarkozy - à demander à Jean-Marie Rolland de se désister en faveur de Patrick Gendraud. Pour retrouver l'unité prônée par Henri de Raincourt et ne pas ajouter de la division à la division.

Mais sur le terrain, c'est une autre histoire. Jean-Marie Rolland a la rancune tenace alors qu'André Villiers surfe sur sa légitimité. Ce qui n'est pas sans poser problème à Henri de Raincourt qui n'a plus toutes les cartes en main. Ce n'est un secret pour personne, le ministre de la Coopération a souvent critiqué son successeur à la tête du Département auquel il reprochait (à juste titre) de "détricoter" tout ce qu'il avait mis en place. Jean-Marie Rolland lui rendant la monnaie de sa pièce en parlant "d'ancien régime" et d'héritage budgétaire difficile. Malin comme un paysan, André Villiers - par ailleurs sénateur suppléant d'Henri de Raincourt - s'est engouffré dans la brèche de cette guerre de succession pour prendre le pouvoir.

Seulement, l'UMP a perdu la présidence du Département de l'Yonne. Ce qui n'est pas un bon point pour le ministre de la Coopération. D'où cette colère et ce rappel à l'ordre à la grand-messe de Joigny. "Cette situation l'amuse, il veut jouer les sauveurs", concède Patrick Gendraud, un brin philosophe. En attendant le vice-président Nouveau centre sera bien candidat "divers droite" aux législatives. Il a déjà contracté son emprunt et ce n'est sûrement pas Jean-Marie Rolland qui le fera changer d'avis. Les deux étaient présents, samedi, à la foire de Saint-Léger Vauban. Le premier avec André Villiers, le second avec Henri de Raincourt. En prenant bien soin de s'ignorer. Aussi, Gisèle Richard, le maire de Saint-Léger, dut elle se résoudre à les séparer lors du déjeuner officiel. Ce qui fit dire, à quelque mauvais esprit, que la droite de l'Yonne se fissure à l'image du nouveau centre (de secours) de Vermenton.

lundi 20 février 2012

Moi aussi, j'aime la France

Donc, il y aurait ceux qui aiment la France et ceux qui ne l'aiment pas ! Au moins le candidat Sarkozy n'y va pas par quatre chemins pour lancer sa campagne. Diviser les Français pour essayer de retrouver du crédit auprès des électeurs, voila ce que sera le cheval de bataille du président sortant jusqu'au scrutin présidentiel. Le peuple de France en ligne de mire avec les premières promesses qu'il ne pourra pas tenir, comme le fait d'introduire une dose de proportionnelle dans les législatives. Dans le seul but de faire un geste en direction des électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou. Mais la ficelle est un peu grosse.

Son entrée en campagne, plus tôt que prévu, a eu au moins le mérite de rassembler ses troupes. Et de partir au front (national) à la tête d'une armée rompue aux éléments de langage. "Casser du Hollande !", c'est le mot d'ordre qui préside désormais chaque meeting. Faut-il que Sarko soit inquiet de son avenir national pour manier ainsi insultes et violence. Signe de faiblesse assurément. A défaut de pouvoir défendre un bilan désastreux, il s'illustre en pratiquant son sport favori : l'opposition. Opposer les Français aux immigrés, les chômeurs aux travailleurs, ceux qui se lèvent tôt à ceux qui ne se relèvent pas de la baisse de leur pouvoir d'achat ... Autant d'artifices qui ne sont qu'un aveu d'échec.

Le grand cirque bleu (UMP) a donc repris les routes de France. Avec son lot de figurants qui viennent des départements voisins pour donner une impression de masse pendant les meetings. Et une télé aux ordres contrainte, lors du grand rassemblement de Marseille, de diffuser les images tournées par l'UMP. Le fait n'est pas nouveau, chaque déplacement présidentiel reposant sur les mêmes mises en scènes pour permettre à Super Sarko de parader, de sauver une entreprise à grands renforts de caméras. Tant mieux pour les ouvrières de Lejaby ou pour les salariés de l'usine Photowatt à Bourgoin-Jallieu qui ont miraculeusement trouvé repreneur sur un simple coup de fil passé aux amis du Fouquet's, Bernard Arnault et Henri Proglio, respectivement patrons de LVMH et EDF. Un sauvetage à point nommé. Mais pour combien de temps ? On en reparlera après les élections.

Les ouvrières de Cocelec, à Saint-Florentin, n'ont pas eu la même chance. Le repreneur ne les garde pas. Faute de reclassement, pour un salaire de misère, elles vont se retrouver au chômage, faire une formation, sans pour autant retrouver un emploi puisqu'il n'y en a pas. Toutes les promesses, déclarations d'intentions, ne sont que poudre aux yeux. Demandez aux anciens salariés de Paul Renard, de Lafarge, de Fulmen, d'Amora-Maille et bien d'autres licenciés, s'ils aiment cette France désindustrialisée que Sarkozy nous laisse en héritage. Pas besoin d'un référendum. La réponse ils l'apporteront avec leur bulletin de vote dans deux mois. Pas sur que le nouveau "Petit père du peuple" français trouve grâce à leurs yeux. En tout cas, moi aussi j'aime la France. Celle de la solidarité, de la justice, du partage. Pas celle de l'exclusion ni de la division.

lundi 13 février 2012

Le braconnier de l'Elysée

Quel insoutenable suspense ! Nicolas Sarkozy va annoncer sa candidature avant la fin de la semaine. Si, si, ce sont les médias qui le disent. Mardi ? mercredi ? jeudi ? Allez savoir ? Mais il y a des signes, des indices, de l'impatience et, surtout, le besoin de reprendre la main. Le président de la République avait pourtant promis qu'il gouvernerait jusqu'au bout, qu'il lèverait le secret de polichinelle début mars. Mais on sait ce que valent les promesses du chef de l'Etat. Depuis des mois, lors de ses nombreux et onéreux voyages présidentiels, le président laboure le terrain du futur candidat, faisant ainsi payer sa campagne à l'ensemble des citoyens. Une mise en scène permanente avec des figurants sortis des rangs de l'UMP qui lui donnent l'illusion d'être populaire.

Mais sur le terrain c'est une autre histoire. Les parlementaires l'ont bien compris et ils sont inquiets pour leur avenir, d'autant qu'ils vont traîner comme un boulet les dernières mesures annoncées par Sarko (comme l'augmentation de la TVA). Ils attendent donc autre chose et en particulier que leur chef de file sorte du bois. Certains ont d'ailleurs pris leurs distances avec les choix du Président, dans le simple but de tenter de sauver leur peau. Ne parvenant pas à combler son retard sur François Hollande, Nicolas Sarkozy va donc sortir l'artillerie lourde pour chasser l'électeur. En braconnant déjà sur les terres du Front national, derrière ses chefs de meute, Claude Guéant et Brice Hortefeux dont les discours identitaires sont fortement imprégnés des propos de l'extrême droite.

Sarkozy est donc prêt à utiliser tous les moyens pour tomper à nouveau les Français, leur faire peur, les diviser. En montrant du doigt les chômeurs, les immigrés, accusés de tous les maux, il va faire son marché sur l'étal de la famille Le Pen. Sa politique ayant été un véritable échec aussi bien en ce qui concerne l'emploi que le pouvoir d'achat, la santé, l'école, la sécurité, il déplace le curseur de son discours sur les valeurs. La démagogie comme roue de secours d'un convoi mortuaire. Mettre les Français au travail, l'intention est louable. C'est ce que la plupart des chômeurs souhaitent. Faut-il encore qu'il y ait des emplois à la clé. Des emplois qui disparaissent par centaines chaque semaine à cause des fermetures et des délocalisations. Comme Renault qui va "produire Français" au Maroc. Comme d'habitude, Sarko va jouer les pompiers après avoir mis le feu.

samedi 4 février 2012

L'héritage du caméléon

1968 - 2012 : deux dates, une histoire, celle de Jean-Pierre Soisson qui va mettre un terme à sa vie politique à la fin de la session parlementaire. Quarante quatre années à l'assemblée, sans discontinuer. Un véritable sacerdoce pour ce caméléon de la politique qui a su se fondre dans les différentes familles, s'adapter aux nombreux courants, pour atteindre son seul objectif : le pouvoir. Giscardien sous Giscard, Chiraquien sous Chirac, ministre de Mitterrand dans un gouvernement d'ouverture, il termine sarkozyste sous Sarkozy. Il a su retenir la leçon d'Edgar Faure, son maître à penser : "Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent !".

Un parcours, qui s'est souvent éloigné de la ligne droite, pour devenir chaotique depuis 1998, année qui l'amena à choisir la Bourgogne au détriment de sa ville d'Auxerre. Une conquête de la Région pas très propre, obtenue après un accord avec le Front National. La manoeuvre laissa des traces au moment même où il s'était éloigné de son fonds de commerce auxerrois. Lâché 6 ans plus tard par François Sauvadet, qui constitua une liste du MoDem, il abandonna le conseil régional à la gauche. Il ne lui restait plus que son mandat historique, celui de député, qu'il parvint à conserver de justesse en 2007, dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy. En effet, Mireille Le Corre, candidate PS, parachutée depuis Paris, le devança au chef-lieu.

En fait, il ne dut son salut qu'à un de ces tours de passe-passe dont il a le secret, en changeant de suppléant à la dernière minute. Devant la pression des maires de Puisaye et de Forterre, il abandonna Guillaume Larrivé pour choisir Alain Drouhin. Bien lui en prit ! Deux hommes qui se disputent aujourd'hui son héritage. Jean-Pierre Soisson s'en amuse, lui qui n'a jamais su (ou plutôt voulu) organiser sa succession. C'est ainsi qu'il a fait perdre à la droite la ville d'Auxerre puis la Région Bourgogne avant d'offrir, dans un fauteuil, la première circonscription de l'Yonne à Guy Férez. Ce n'est un secret pour personne, JPS considère que le maire d'Auxerre est le meilleur candidat pour lui succéder. Ce n'est donc pas dans sa famille politique qu'il a désigné ses héritiers.

Jean-Pierre Soisson joue au chat et à la souris avec ceux qui s'étaient projetés dans son costume de député, qu'il s'agisse de l'UMP Guillaume Larrivé, du Nouveau centre Alain Drouhin ou du MoDem Pascal Henriat. Ce dernier ne s'est toujours pas remis du premier contre-pied de JPS qui l'abandonna au bord de la route, en 2002, pour embarquer un illustre inconnu répondant au nom de Guillaume Larrivé. Lui même connut semblable mésaventure, en 2007, quand Soisson sortit Alain Drouhin de son chapeau, devant un Henri De Raincourt médusé. Aujourd'hui, par la force des choses, Jean-Pierre Soisson soutient officiellement, la candidature de Guillaume Larrivé. La pire des choses qui puisse arriver au poulain de Sarkozy, Guéant et Hortefeux réunis. En effet tous les candidats soutenus par le Jean-Pierre, ces dernières années, ont connu la défaite. Manquerait plus qu'Alain Drouhin et Pascal Henriat fassent alliance en juin prochain. Histoire de donner du piment à l'héritage du caméléon...

lundi 30 janvier 2012

Sarko ... corico

Impossible d'échapper à la traque du candidat-président. Pas moins de huit chaînes de télévision pour relayer l'entretien que Nicolas Sarkozy a eu avec quatre journalistes. Un entretien convenu, sans question embarrassante, afin de permettre au chef de l'Etat d'entrer, une fois de plus, dans le costume du sauveur. Air grave de circonstance, discours brouillon à défaut d'être pédagogique, progressant par interrogations successives, il a abattu ses dernières cartes pour tenter de renverser la tendance au moment où François Hollande creuse l'écart. Avec un lot de mesures visant essentiellement, selon ses dires, à relancer l'emploi et favoriser le logement. Mais pourquoi avoir attendu la fin de son quinquennat pour sortir autant de solutions de son chapeau d'illusionniste ?

Car Nicolas Sarkozy n'a pas son pareil pour tenir des promesses, sans les réaliser. Pour éviter les délocalisations, le voici avec un chèque de 13 milliards d'euros à destination des entreprises, qui correspond à l'exonération des charges patronales. Tout ceci afin de les rendre plus compétitives. Et de citer les ouvrières de Lejaby, assurées de conserver leur activité grâce à Super-Sarko. Un engagement qui a du raviver quelques souvenirs amers chez les métallurgistes de Gandrange. Paroles en l'air, une fois de plus, mais c'était au temps des fiançailles avec Carla. Ce nouveau cadeau fait au patronat ne crééra pas plus d'emplois que l'exonération des charges sur les heures supplémentaires. Mais ça fait plaisir au patronat et aux actionnaires des grandes entreprises. Et, pour le Président des riches, c'est bien là l'essentiel.

Pour payer la note, rien de plus facile : on augmente la TVA (l'impôt le plus injuste) de 1,6% et la CSG de 2%, mais seulement sur les revenus financiers. Faut bien donner le change ! Ce sont donc les familles les plus modestes qui vont être les plus touchées par ce nouveau coup de canif dans leur pouvoir d'achat. Une augmentation qui vient après celle de la TVA intermédiaire, portée à 7 %, alors que la réduction de la TVA dans la restauration n'a eu de cesse que de creuser la dette sans générer de nouveaux emplois. C'est toute l'incohérence de la politique de Nicolas Sarkozy. Une mesure qui ne serait appliquée qu'en octobre mais qui sera votée avant les élections. Il se trouve que bon nombre de députés de l'UMP ne voient pas d'un bon oeil cette mesure impopulaire. Alors, que feront Marie-Louise Fort et Jean-Marie Rolland ?

Il n'y a que Nicolas Sarkozy pour penser que cette mesure va relancer la consommation et développer la croissance, au prétexte qu'elle va déclencher des achats par anticipation. Mais avec quels moyens ? Tout aussi ridicule que de considérer que l'augmentation de la surface des logements va faire baisser le montant des loyers. Pas un mot en revanche sur les maisons à 100 000 euros qui devaient être l'élément majeur de la politique de l'habitat. Non, tout ceci n'est que poudre aux yeux. La prestation du candidat- président n' a été qu'un aveu d'échec. C'est la réalité qui parle aux citoyens. Et la réalité, c'est un chômage qui bat des records, une croissance en baisse, une consommation plombée par la diminution du pouvoir d'achat, un déficit commercial énorme et une dette qui s'est envolée. On retiendra simplement que Nicolas Sarkozy a débuté son quinquennat en faisant des cadeaux aux riches (le bouclier fiscal) et qu'il le termine en faisant payer la note aux pauvres. Après avoir fêté sa victoire au Fouquet's, célèbrera-t-il sa défaite aux Restos du coeur ?

dimanche 8 janvier 2012

Patrick Gendraud s'investit

Patrick Gendraud, le maire de Chablis et vice-président du Conseil général, sera bien candidat aux élections législatives dans la deuxième circonscription de l'Yonne (Avallon-Tonnerre). Il a profité de sa cérémonie de voeux pour en réserver la primeur à la population chablisienne. Une candidature qui n'est pas véritablement une surprise dans la mesure où il le laissait régulièrement entendre, depuis plusieurs semaines, lors de conversations privées. Pour autant, quelques proches de l'élu pensaient qu'il en resterait au stade des intentions, qu'il n'aimait pas le combat politique, qu'il n'irait pas jusqu'au passage à l'acte. Eh bien c'était méconnaître une autre facette de Patrick Gendraud qui a décidé de prendre en main son propre destin.

Car Gendraud, homme de droite, proche de Jacques Chirac, en a eu marre de regarder passer les trains, comme il l'avait fait en 2002, quand il laissa Jean-Marie Rolland et Maurice Pianon s'exliquer, sur le front des troupes, pour obtenir l'investiture de l'UMP. Pour accéder à l'école de la deuxième chance, le maire de Chablis a dû s'affranchir de quelques liens de parenté qui devenaient embarrassants. Notamment celui de la famille UMP qui avait manifestement manqué de reconnaissance à son égard en lui retirant la présidence du Mouvement pour la confier à la transparente Dominique Mary. Patrick Gendraud accusa le coup, promettant de garder un chien de sa chienne à Jean-Marie Rolland qu'il considérait comme un des instigateurs de sa mise à l'écart.

Toujours confortablement réélu dans un canton dessiné à sa mesure, il décida de rejoindre son ami André Villiers au Nouveau centre, participant au putsch d'une partie de la droite, putsch qui entraîna la chute dudit Rolland, à la tête du Département. Dès lors, on pouvait penser que cette aventure au centre lui ouvrirait facilement la voie pour "candidater" aux législatives. Pas si simple puisque le Nouveau centre, au niveau national, est plus que jamais tenu sous perfusion fiancière par l'UMP. Et que le sous-ministre bourguignon François Sauvadet fait des pieds et des mains pour qu'il n'y ait pas de candidat  Nouveau centre dans les circonscriptions où le sortant est UMP. Ce qui est le cas avec Jean-Marie Rolland.

Qu'à cela ne tienne : Patrick Gendraud s'investit sans investiture dans la course au Palais Bourbon. Un acte courageux qui exclut tout retour en arrière. Sauf à perdre toute crédibilité devant les électeurs et à compromettre son avenir politique. Comme candidat divers droite, il pourra toujours se prévaloir du soutien de l'UAY (Union pour l'Avenir de l'Yonne) dont il est le président au sein de l'assemblée départementale, pour peu que son ennemi intime, le député sortant, ne soit pas présent au second tour. Mais ceci est une autre histoire.

mercredi 4 janvier 2012

Bonne année, bonne austérité

Les Français ont le moral dans les chaussettes. La faute à la crise, certes, mais aussi au sentiment d'injustice qui a marqué les années Sarkozy. Conséquence d'une politique ultralibérale qui a consisté à rendre les riches beaucoup plus riches et les pauvres encore plus pauvres et surtout plus nombreux. Une France en recession, en panne de croissance, rongée par le chômage, qui n'échappera pas à un troisième plan de rigueur. Pour tenter de sauver les meubles élyséens, le Président, lui-même dégradé, n'a plus qu'à jeter de la poudre aux yeux des citoyens lors de ses parties de campagne aux quatre coins du territoire. L'air grave, l'épouvantail en bandoulière, pour mieux se poser en Sauveur de la Nation, Nicolas Sarkozy a perdu toute crédibilité.

Pourquoi a-t-il attendu les quatre derniers mois de son mandat pour faire de la lutte contre le chômage, sa priorité ? Fadaise ! Un million de chômeurs en plus depuis 2007. Sans compter les emplois précaires qui se sont développés dans tous les secteurs d'activité. Et ça ne pas pas s'arranger si l'on en croit son ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui propose de développer le temps partiel dans les entreprises. Non pas pour diminuer le chômage, mais pour le diluer afin de faire baisser les statistiques. Ne parlons pas de la dernière trouvaille, la mal nommée TVA sociale, véritable cadeau de Noël fait à l'entreprise et à ses actionnaires, au détriment des consommateurs qui verront leur pouvoir d'achat encore amputé.

Un cadeau qui n'est pas sans rappeler celui des heures supplémentaires exonérées de charges. Coût de la plaisanterie pour les contribuables : 4 milliards d'euros et combien de demandeurs d'emplois restés sur le pas de la porte ? De la même manière l'allongement de la durée du travail augmente mathématiquement la courbe du chômage. En 2011, il y a eu 100 000 départs en retraite en moins. Autant de chômeurs en plus puisqu'il n'y a pas de créations d'emplois. Et ce n'est pas la situation de Pôle Emploi, manquant de moyens humains et matériels - ce n'est pas le moindre des paradoxes - qui permet de répondre aux attentes des demandeurs.

La campagne pour l'élection présidentielle est bien lancée et elle va alimenter ce blog, comme celle des législatives. Cet espace est ouvert et chacun s'exprimera avec sa passion, convaincu que ses idées sont les bonnes. Mais la passion n'exclut pas la tolérance ni le respect de l'autre. Surtout lorsque l'on se retranche derrière l'anonymat d'un pseudonyme. C'est trop facile et tellement peu courageux. Le débat autour de la candidature de Guillaume Larrivé, candidat parachuté ou pas, est l'exemple même des réglements de comptes à proscrire de cette tribune. Il a le droit de se présenter. Ce sont les électeurs qui décideront de son sort avec leur bulletin de vote. Pas les aigris de tout poils qui prennent ce blog pour un défouloir. Je serais donc plus vigilant sur le contenu de vos commentaires et n'hésiterais pas à éliminer les attaques personnelles et les propos à caractère diffamatoire. Pour autant, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2012, forcément ... politiquement incorrecte.

jeudi 22 décembre 2011

Daniel Paris fait cavalier seul

On commence à y voir un peu plus clair quant aux candidatures pour les prochaines élections législatives. Du moins à gauche où le PS a, pour une fois, évité les parachutages en jupons pour investir ses trois chefs de file départementaux : Guy Férez à Auxerre, Jean-Yves Caullet au Sud et Nicolas Soret au Nord. Trois leaders de terrain pour un même objectif : rafler les trois circonscriptions à la droite. C'est-à-dire, faire mieux qu'en 1981 lorsque Jean-Pierre Soisson fut le seul à résister à la vague rose avant de rejoindre, un peu plus tard, François Mitterrand. Le Front de gauche n'est pas en reste puisqu'il a désigné également ses trois candidats : Alain Raymont, Martine Millet et la jeune Elodie Delion dans le Sénonais.

Pour le reste, il y a ceux qui s'estiment légitimes (les deux députés sortants : Marie-Louise Fort et Jean-Marie Rolland), les possibles, les probables, les francs-tireurs et les autoproclamés. Généralement, ces deux catégories se superposent. C'est le cas notamment de Daniel Paris, le maire PRG de Sens, qui a déjà affiché ses intentions y compris sur les murs du Sénonais. Seulement, c'est Nicolas Soret, le président de la Communauté de communes du Jovinien, qui a été investi par le PS avec le soutien des Radicaux, dont des adjoints du maire de Sens.

Alors Daniel Paris fera-t-il cavalier seul, en se présentant "sans étiquette". Rien n'est moins sûr et Marie-Louise Fort se réjouit de cette division de la gauche. Peut-être à tort ! La candidate UMP devrait en effet se souvenir que Daniel Paris lui a ravi la mairie en piochant dans son électorat conservateur. Une cannibalisation qui pourrait éliminer les deux protagonistes et déboucher sur un duel Nicolas Soret - Edouard Ferrand (FN) au deuxième tour. C'est bien pour éviter un tel cas de figure que la très sarkozyste députée de l'Yonne laboure sur les terres de l'extrême droite pour renforcer son fond de commerce.

Dans les francs-tireurs, il y a aussi Patrick Gendraud, le premier vice-président du conseil général, ancien responsable de l'UMP dans l'Yonne, désormais rallié au Nouveau centre. C'est sous cette étiquette qu'il va s'engager dans la course au Palais Bourbon. Il devrait l'annoncer officiellement, début janvier, dans sa ville de Chablis. Un caillou de plus dans la chaussure de Jean-Marie Rolland, le député UMP, déjà écarté de la présidence du conseil général par les cousins de sa famille politique. Alain Drouhin, l'actuel suppléant de Jean-Pierre Soisson, est de ceux-là. Il pensait-être l'héritier de son maître. Mais JPS a choisi Guillaume Larrivé (UMP). Alain Drouhin peut trouver une place au centre dans une circonscription qu'il connaît bien. Mais aura-t-il le courage d'affronter Guy Férez ?

Côté centristes, il y a aussi le MoDem, une officine en sommeil dans le département de l'Yonne. Pascal Henriat l'a tient sous perfusion depuis de longs mois, sans qu'elle soit visible sur le terrain. Certains de ses membres ont rejoint le Nouveau centre (Guy Bourras, Alexandre Bouchier ...) ou sont sortis du circuit (Vincent Vallé). Aussi le MoDem ne devrait pas pesé lourd dans le scrutin législatif. Pas plus que les Verts d'ailleurs, beaucoup trop exigeants par rapport à leur audience électorale. Denis Roycourt aura l'occasion de la mesurer dans la première circonscription. De quoi donner des idées à Guy Férez qui pourrait réduire la présence verte dans sa prochaine équipe municipale. C'est toujours risqué de vouloir se compter.

mardi 20 décembre 2011

Saint Juste ou Capitaine Courage ?

Au moins Jean-Marie Rolland assume ses choix politiques et, par répercussion, les échecs de la gouvernance de Nicolas Sarkozy. Dans les lettres d'information qu'il adresse aux élus de sa circonscription, il développe une conception particulière de la justice et du courage. Un grand moment de bravoure chez ce parlementaire pour qui "choisir d'augmenter la TVA à taux réduit (tout en épargnant les produits alimentaires) ... c'est juste; augmenter l'impôt sur les sociétés des entreprises de plus de 250 millions d'euros de chiffres d'affaires ... c'est juste; demander des économies aux Français comme à leurs élus ... c'est encore juste". Tout aussi juste sans doute que le cadeau fiscal fait aux restaurateurs avec la baisse de la même TVA, le cadeau social fait au patronat avec l'exonération de charges sur les heures supplémentaires ou le cadeau amical fait aux plus riches, pendant des années, avec le trop célèbre bouclier fiscal.

Mais la justice, selon Jean-Marie Rolland, n'exclut pas le courage. Ainsi, "les mesures visant à limiter les dépenses sont ... courageuses; accélérer la mise en place de la réforme des retraites ... c'est courageux; demander plus d'efforts aux industries de la pharmacie pour faire baisser le prix des médicaments ... c'est courageux !". C'est surtout risible, quand on sait que 4 millions de Français n'ont pas de complémentaire santé et qu'ils renoncent aux soins faute de moyens. Que l'on n'arrête pas de dérembourser des médicaments au prétexte qu'ils sont inefficaces, alors que l'industrie pharmaceutique continue à les produire. Quant aux nouveaux retraités, qui passent souvent par la case chômage avant de bénéficier de leur pension de vieillesse, ils sont de plus en plus nombreux à devenir pauvres. Il suffit d'aller aux Restos du coeur pour se rendre compte que notre système de protection sociale, de santé et de retraite n'est plus ce qu'il était.

Il reste que si le député Jean-Marie Rolland est courageux, le conseiller général de Vermenton préfère la dérobade. Ainsi, lors de la dernière réunion de l'assemblée départementale - session importante s'il en est, puisqu'il s'agissait du vote du budget 2012 - le docteur a trouvé un bon prétexte pour ne pas prendre part au vote. A la même heure, il avait programmé une rencontre avec les vignerons de Chablis. Un déplacement, pas anodin, sur le terrain de Patrick Gendraud, le premier vice-président du conseil général, qui clame partout qu'il sera candidat du Nouveau centre aux législatives face à ... Jean-Marie Rolland. Au delà du fait qu'il ne se soit pas prononcé sur le budget d'André Villiers, un autre "ennemi intime", l'ancien patron du Département a peut-être voulu s'épargner des questions embarrassantes  sur les dotations de l'Etat. Dotations qui sont très loin de compenser (comme il l'avait promis en début d'année) les dépenses obligatoires suite aux transferts de compétences. Des charges supplémentaires pour les collectivités, sans les moyens qui vont avec. Question de justice ou de courage ?

mardi 6 décembre 2011

Et Soisson repasse les plats

En cuisine politique, Jean-Pierre Soisson est un chef étoilé qui n'en finit pas de repasser les plats. Du réchauffé à tous les menus ! A l'heure de passer la main pour les législatives le voici qui prend fait et cause pour Guillaume Larrivé, son ex suppléant laissé au bord de la route en 2007 pour s'attacher les services d'Alain Drouhin qui fut, dans une autre vie, son directeur de cabinet. La fronde des maires de Puisaye avait eu raison du jeune poulain de l'UMP qui manquait encore d'épaisseur politique pour apporter les voix de la ruralité dans la corbeille de mariage. Alors qu'Henri de Raincourt, patron de la droite dans le département, avait réussi à lui imposer Guillaume Larrivé, JPS changea son fusil d'épaule au dernier moment pour s'armer d'Alain Drouhin. Le choix de la raison, puisque c'est l'électorat de Puisaye qui permit à Jean-Pierre Soisson de conserver son siège à l'assemblée.

Aujourd'hui, les cartes ont été rebattues. Alain Drouhin, qui savait qu'il n'obtiendrait pas l'investiture de l'UMP, a choisi de rejoindre le Nouveau centre pour tenter de ravir le siège de député que Soisson lui avait promis en héritage. Mais dans l'Yonne, à droite, la chasse au Nouveau centre est ouverte avec Jean-Marie-Rolland en chef de meute. Ce qui fait assurément le jeu de Guy Férez, le maire d'Auxerre, pas encore investi certes, mais déjà candidat. Et Jean-Pierre Soisson, qui n'a jamais su préparer sa succession - que ce soit à la mairie d'Auxerre ou à la Région - verra son dernier fond de commerce orné de la rose et du poing. En effet, tous les candidats qu'il a soutenus, ces dernières années, ont connu la défaite.

Pas de quoi rassurer l'UMP qui en appelle au ministre de la Coopération pour mobiliser les troupes derrière Guillaume Larrivé. Un déjeuner en Puisaye, suivant la méthode Soisson, avec l'inévitable Pierre Bordier en aide de camp, quelques maires qui auraient déjà pris leurs distances avec Alain Drouhin, comme Jacques Gilet (Champignelles), Jean Joumier (Saint-Fargeau), Eric Jublot (Charny) ou Jean-Jacques Réveillon (Saint-Sauveur), il n'en faut pas plus pour tenter de donner du crédit au jeune lieutenant de Nicolas Sarkozy, en terre poyaudine. Avec deux renforts de poids, Dominique Verien et l'auxerroise Elisabeth Gérard-Billebault, les deux vice-présidentes du parti radical, qui n'ont pas réussi à s'émanciper. Comme Borloo, l'illusionniste, elles ont déjà choisi leur camp. Quant à JPS, il assure : "Guillaume Larrivé est une chance pour la circonscription". Une chance pour le PS ?

vendredi 2 décembre 2011

Quand Sarko fait peur !

Vive la crise ! Nicolas Sarkozy n'a pas trouvé meilleur allié pour tenter de se refaire une santé électorale. Chaque discours est l'occasion de brandir l'épouvantail de la peur pour mieux se poser en sauveur de la planète. Discours de circonstance, fait de sobriété, devant un parterre de militants UMP qui ne fait pas dans l'excès (pas de banderoles, pas de slogans), autant de figurants qui ont pour mission essentielle d'ajouter de la gravité de posture à la gravité de situation. Une mise en scène bien réglée, comme les équipes de Sarko savent si bien le faire, ne serait-ce que pour tenter de faire croire que ce n'est pas le candidat en campagne qui s'exprime mais bien le président de la République. Heureusement personne n'est dupe.

S'appuyant sur une gestuelle qui s'apparente au "journal des sourds et des malentendants", Sarko n'a qu'un souci, garder le triple A, seule bouée de sauvetage à laquelle il reste accroché. Une bouée poreuse couverte de rustines. Histoire de faire encore illusion devant les Français. Le chef de l'Etat en est réduit à se "coucher" devant Angela Merkel qui impose ses idées tant sur la Banque Centrale Européenne que sur la discipline budgétaire. Alors, pour donner le change, mensonges à l'appui, Sarko s'en prend à François Hollande et aux socialistes, afin de déplacer le curseur de l'actualité sur d'autres sujets.

Le président Sarkozy a donc tracé la voix du candidat UMP. La sécurité, l'emploi, le pouvoir d'achat ne faisant plus recette pour cause de véritable échec politique, il va donc actionner deux autres leviers : l'immigration, pour chasser sans retenue sur les terres de l'extrême droite et la protection des Français. En fait, Sarko cherche surtout à se protéger lui-même. Dans un pays en faillite depuis 4 ans - c'est Fillon qui le dit - la croissance est au point mort et un troisième plan de rigueur va bientôt sortir du chapeau présidentiel. Le chômage ne cesse d'augmenter, ce qui n'empêche pas le député UMP Hervé Mariton de vouloir faire travailler les fonctionnaires 37 ou 38 heures par semaine. C'est "travailler plus sans gagner plus" ! Aussi idiot que les heures supplémentaires qui bénéficient surtout au patronat, exonéré de charges. Bref, les riches seront toujours épargnés comme le confirme l'abandon de la taxe qui devait toucher les palaces. Mais, c'est bien connu, la politique de la France se fait surtout au Fouquet's. Et ses conséquences se mesurent aux restos du coeur !

 

dimanche 27 novembre 2011

Halte aux parachutages !

Alors que les primaires ont été un véritable succès populaire, les instances nationales du PS doivent se demander comment elles pourraient bien faire pour perdre les élections. L'exercice des investitures pour les élections législatives relève une fois de plus de la caricature, la formule des dosages prenant largement le pas sur le seul argument qui compte : la légitimité et la crédibilité des candidats. Un peu de diversité, une louche de parité, deux doigts de minorités, une grosse pincée de Verts et un fond de PRG, il n'en faut pas plus pour rater son plat électoral. Ce n'est pas cette cuisine là que les électeurs de gauche veulent goûter, alors qu'ils ont encore en bouche toute l'amertume des années Sarkozy.

La légitimité se gagne dans l'ancrage local. Elle revient à ceux qui ont labouré le terrain pendant des années, qui ont été soutenus par leurs militants. Pas à ces parachutés de tout poil qui font un petit tour et puis s'en vont. L'Yonne a payé pour apprendre. Dans la première circonscription, lors des deux derniers scrutins, Jean-Pierre Soisson, le vieux lion, n'a fait qu'une bouchée de deux brebis égarées : Florence Parly, secrétaire d'Etat au budget sous Jospin et Mireille Le Corre, une proche de Benoît Hamon. Malgré la défaite, l'une et l'autre ont eu l'occasion de s'installer durablement à Auxerre, la première en devenant conseillère régionale, la seconde en étant élue conseillère générale. Pour autant la greffe n'a pas pris, l'une et l'autre abandonnant leur terre d'élection en début de mandat.

Inutile donc de tenter un nouveau parachutage au moment où la succession de JPS est ouverte. Au moment où la droite est divisée avec au moins deux candidats potentiels, le très sarkozyste Guillaume Larrivé et Alain Drouhin, désormais étiqueté Nouveau centre. Le PS a donc toutes ses chances de gagner la circonscription à condition de présenter son candidat le plus légitime et le plus crédible, en l'occurrence le maire d'Auxerre, Guy Férez, puisque cette élection se gagne à Auxerre. Il est le candidat naturel de la gauche comme peuvent l'être Jean-Yves Caullet, le maire d'Avallon, dans la deuxième circonscription et Nicolas Soret, le président de la communauté de communes du Jovinien, dans la troisième.

Daniel Paris, le maire PRG de Sens, sait très bien qu'il n'obtiendra pas l'investiture de la gauche comme en 2007. C'est la raison pour laquelle il s'est autoproclamé candidat. Mais Daniel Paris ne représente plus que lui-même. Il n'a pas de troupes et il est même lâché par deux de ses adjoints qui affichent clairement leur préférence pour le candidat socialiste. A force de vouloir prendre ses distances avec la gauche - sauf au moment des investitures - il a perdu toute crédibilité. La sagesse voudrait qu'il ne s'expose pas dans un scrutin perdu d'avance. Une faible audience aux législatives lui retirerait, en effet, toute légitimité pour conserver son fauteuil à la mairie de Sens.

lundi 24 octobre 2011

Les égo-centristes

Pas facile de trouver sa place au centre. Surtout depuis que Jean-Louis Borloo a rendu les armes et que François Hollande, tendance social-démocrate, a été désigné par les socialistes pour croiser le fer avec Nicolas Sarkozy. L'espace politique se réduit entre la famille UMP qui n'en finit pas d'exploser et la gauche qui se recentre. Dans cette jachère sans relief le Nouveau centre ne sait pas sur quel pied danser, à l'image de son président Hervé Morin. Dans le style "j'y vais, j'y vais pas", l'ancien ministre de la Défense ne fait monter la pression que sur lui-même puisque plusieurs membres de sa famille (comme François Sauvadet) n'ont pas résisté à l'attrait d'un portefeuille ministériel. Comme François Bayrou garde sa part de marché, estampillée MoDem, le Nouveau centre existe surtout à travers quelques notables locaux qui n'ont pas manqué de prendre leurs distances avec une étiquette UMP peu porteuse d'avenir.

C'est le cas dans l'Yonne où le sénateur centriste André Villiers a pris la présidence du conseil général avec la complicité d'anciens UMPistes comme Patrick Gendraud ou Alain Drouhin. En rejoignant le Nouveau centre, ils se sont ouvert la porte des élections législatives sans avoir à obtenir la bénédiction du Mouvement sarkozyste. Le sortant, Jean-Marie Rolland et le prétendant, Guillaume Larrivé, savent déjà que leur avenir est étroitement lié à celui de Nicolas Sarkozy. Mais que dire des Radicaux Valoisiens, orphelins de Borloo, leur leader éphémère ? Emmanuel Dezellus, élu tonnerrois et président départemental du Parti radical, a dû revoir ses ambitions à la baisse. Tout comme l'Auxerroise Elisabeth Billebault qui salue la décision courageuse de son chef de file pour faire barrage à l'extrême droite. Borloo et Billebault sont dans un bateau. Borloo et Billebault tombent à l'eau. Qu'est-ce qui reste ?

Côté MoDem, ce n'est pas mieux. François Bayrou ne profite pas du retrait de Jean-Louis Borloo. Le patron du "parti de nulle part" n'arrive toujours pas à trouver sa place faute d'un discours cohérent et de véritables leaders. A Auxerre, Pascal Henriat, qui a été de désillusions en désillusions, fait le service minimum, faute de combattants. Ainsi, Vincent Vallé, un de ses fidèles lieutenants, commence à prendre ses distances pour mieux se rapprocher de Guy Férez. Elu sur la liste conduite par Dominique Mary (UMP), Vincent Vallé sent le vent tourner. Et il tourne avec. Par pure conviction, bien entendu ! MoDem, Nouveau centre, Parti radical, cherchez la différence. Il n'y en a pas. Tous votent avec la droite !