Sunday 8 January 2012
Par Gérard Delorme,
Sunday 8 January 2012 à 23:43 :: General
Patrick Gendraud, le maire de Chablis et vice-président du Conseil général, sera bien candidat aux élections législatives dans la deuxième circonscription de l'Yonne (Avallon-Tonnerre). Il a profité de sa cérémonie de voeux pour en réserver la primeur à la population chablisienne. Une candidature qui n'est pas véritablement une surprise dans la mesure où il le laissait régulièrement entendre, depuis plusieurs semaines, lors de conversations privées. Pour autant, quelques proches de l'élu pensaient qu'il en resterait au stade des intentions, qu'il n'aimait pas le combat politique, qu'il n'irait pas jusqu'au passage à l'acte. Eh bien c'était méconnaître une autre facette de Patrick Gendraud qui a décidé de prendre en main son propre destin.
Car Gendraud, homme de droite, proche de Jacques Chirac, en a eu marre de regarder passer les trains, comme il l'avait fait en 2002, quand il laissa Jean-Marie Rolland et Maurice Pianon s'exliquer, sur le front des troupes, pour obtenir l'investiture de l'UMP. Pour accéder à l'école de la deuxième chance, le maire de Chablis a dû s'affranchir de quelques liens de parenté qui devenaient embarrassants. Notamment celui de la famille UMP qui avait manifestement manqué de reconnaissance à son égard en lui retirant la présidence du Mouvement pour la confier à la transparente Dominique Mary. Patrick Gendraud accusa le coup, promettant de garder un chien de sa chienne à Jean-Marie Rolland qu'il considérait comme un des instigateurs de sa mise à l'écart.
Toujours confortablement réélu dans un canton dessiné à sa mesure, il décida de rejoindre son ami André Villiers au Nouveau centre, participant au putsch d'une partie de la droite, putsch qui entraîna la chute dudit Rolland, à la tête du Département. Dès lors, on pouvait penser que cette aventure au centre lui ouvrirait facilement la voie pour "candidater" aux législatives. Pas si simple puisque le Nouveau centre, au niveau national, est plus que jamais tenu sous perfusion fiancière par l'UMP. Et que le sous-ministre bourguignon François Sauvadet fait des pieds et des mains pour qu'il n'y ait pas de candidat Nouveau centre dans les circonscriptions où le sortant est UMP. Ce qui est le cas avec Jean-Marie Rolland.
Qu'à cela ne tienne : Patrick Gendraud s'investit sans investiture dans la course au Palais Bourbon. Un acte courageux qui exclut tout retour en arrière. Sauf à perdre toute crédibilité devant les électeurs et à compromettre son avenir politique. Comme candidat divers droite, il pourra toujours se prévaloir du soutien de l'UAY (Union pour l'Avenir de l'Yonne) dont il est le président au sein de l'assemblée départementale, pour peu que son ennemi intime, le député sortant, ne soit pas présent au second tour. Mais ceci est une autre histoire.
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Wednesday 4 January 2012
Par Gérard Delorme,
Wednesday 4 January 2012 à 00:26 :: General
Les Français ont le moral dans les chaussettes. La faute à la crise, certes, mais aussi au sentiment d'injustice qui a marqué les années Sarkozy. Conséquence d'une politique ultralibérale qui a consisté à rendre les riches beaucoup plus riches et les pauvres encore plus pauvres et surtout plus nombreux. Une France en recession, en panne de croissance, rongée par le chômage, qui n'échappera pas à un troisième plan de rigueur. Pour tenter de sauver les meubles élyséens, le Président, lui-même dégradé, n'a plus qu'à jeter de la poudre aux yeux des citoyens lors de ses parties de campagne aux quatre coins du territoire. L'air grave, l'épouvantail en bandoulière, pour mieux se poser en Sauveur de la Nation, Nicolas Sarkozy a perdu toute crédibilité.
Pourquoi a-t-il attendu les quatre derniers mois de son mandat pour faire de la lutte contre le chômage, sa priorité ? Fadaise ! Un million de chômeurs en plus depuis 2007. Sans compter les emplois précaires qui se sont développés dans tous les secteurs d'activité. Et ça ne pas pas s'arranger si l'on en croit son ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui propose de développer le temps partiel dans les entreprises. Non pas pour diminuer le chômage, mais pour le diluer afin de faire baisser les statistiques. Ne parlons pas de la dernière trouvaille, la mal nommée TVA sociale, véritable cadeau de Noël fait à l'entreprise et à ses actionnaires, au détriment des consommateurs qui verront leur pouvoir d'achat encore amputé.
Un cadeau qui n'est pas sans rappeler celui des heures supplémentaires exonérées de charges. Coût de la plaisanterie pour les contribuables : 4 milliards d'euros et combien de demandeurs d'emplois restés sur le pas de la porte ? De la même manière l'allongement de la durée du travail augmente mathématiquement la courbe du chômage. En 2011, il y a eu 100 000 départs en retraite en moins. Autant de chômeurs en plus puisqu'il n'y a pas de créations d'emplois. Et ce n'est pas la situation de Pôle Emploi, manquant de moyens humains et matériels - ce n'est pas le moindre des paradoxes - qui permet de répondre aux attentes des demandeurs.
La campagne pour l'élection présidentielle est bien lancée et elle va alimenter ce blog, comme celle des législatives. Cet espace est ouvert et chacun s'exprimera avec sa passion, convaincu que ses idées sont les bonnes. Mais la passion n'exclut pas la tolérance ni le respect de l'autre. Surtout lorsque l'on se retranche derrière l'anonymat d'un pseudonyme. C'est trop facile et tellement peu courageux. Le débat autour de la candidature de Guillaume Larrivé, candidat parachuté ou pas, est l'exemple même des réglements de comptes à proscrire de cette tribune. Il a le droit de se présenter. Ce sont les électeurs qui décideront de son sort avec leur bulletin de vote. Pas les aigris de tout poils qui prennent ce blog pour un défouloir. Je serais donc plus vigilant sur le contenu de vos commentaires et n'hésiterais pas à éliminer les attaques personnelles et les propos à caractère diffamatoire. Pour autant, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2012, forcément ... politiquement incorrecte.
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Thursday 22 December 2011
Par Gérard Delorme,
Thursday 22 December 2011 à 23:50 :: General
On commence à y voir un peu plus clair quant aux candidatures pour les prochaines élections législatives. Du moins à gauche où le PS a, pour une fois, évité les parachutages en jupons pour investir ses trois chefs de file départementaux : Guy Férez à Auxerre, Jean-Yves Caullet au Sud et Nicolas Soret au Nord. Trois leaders de terrain pour un même objectif : rafler les trois circonscriptions à la droite. C'est-à-dire, faire mieux qu'en 1981 lorsque Jean-Pierre Soisson fut le seul à résister à la vague rose avant de rejoindre, un peu plus tard, François Mitterrand. Le Front de gauche n'est pas en reste puisqu'il a désigné également ses trois candidats : Alain Raymont, Martine Millet et la jeune Elodie Delion dans le Sénonais.
Pour le reste, il y a ceux qui s'estiment légitimes (les deux députés sortants : Marie-Louise Fort et Jean-Marie Rolland), les possibles, les probables, les francs-tireurs et les autoproclamés. Généralement, ces deux catégories se superposent. C'est le cas notamment de Daniel Paris, le maire PRG de Sens, qui a déjà affiché ses intentions y compris sur les murs du Sénonais. Seulement, c'est Nicolas Soret, le président de la Communauté de communes du Jovinien, qui a été investi par le PS avec le soutien des Radicaux, dont des adjoints du maire de Sens.
Alors Daniel Paris fera-t-il cavalier seul, en se présentant "sans étiquette". Rien n'est moins sûr et Marie-Louise Fort se réjouit de cette division de la gauche. Peut-être à tort ! La candidate UMP devrait en effet se souvenir que Daniel Paris lui a ravi la mairie en piochant dans son électorat conservateur. Une cannibalisation qui pourrait éliminer les deux protagonistes et déboucher sur un duel Nicolas Soret - Edouard Ferrand (FN) au deuxième tour. C'est bien pour éviter un tel cas de figure que la très sarkozyste députée de l'Yonne laboure sur les terres de l'extrême droite pour renforcer son fond de commerce.
Dans les francs-tireurs, il y a aussi Patrick Gendraud, le premier vice-président du conseil général, ancien responsable de l'UMP dans l'Yonne, désormais rallié au Nouveau centre. C'est sous cette étiquette qu'il va s'engager dans la course au Palais Bourbon. Il devrait l'annoncer officiellement, début janvier, dans sa ville de Chablis. Un caillou de plus dans la chaussure de Jean-Marie Rolland, le député UMP, déjà écarté de la présidence du conseil général par les cousins de sa famille politique. Alain Drouhin, l'actuel suppléant de Jean-Pierre Soisson, est de ceux-là. Il pensait-être l'héritier de son maître. Mais JPS a choisi Guillaume Larrivé (UMP). Alain Drouhin peut trouver une place au centre dans une circonscription qu'il connaît bien. Mais aura-t-il le courage d'affronter Guy Férez ?
Côté centristes, il y a aussi le MoDem, une officine en sommeil dans le département de l'Yonne. Pascal Henriat l'a tient sous perfusion depuis de longs mois, sans qu'elle soit visible sur le terrain. Certains de ses membres ont rejoint le Nouveau centre (Guy Bourras, Alexandre Bouchier ...) ou sont sortis du circuit (Vincent Vallé). Aussi le MoDem ne devrait pas pesé lourd dans le scrutin législatif. Pas plus que les Verts d'ailleurs, beaucoup trop exigeants par rapport à leur audience électorale. Denis Roycourt aura l'occasion de la mesurer dans la première circonscription. De quoi donner des idées à Guy Férez qui pourrait réduire la présence verte dans sa prochaine équipe municipale. C'est toujours risqué de vouloir se compter.
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Tuesday 20 December 2011
Par Gérard Delorme,
Tuesday 20 December 2011 à 00:17 :: General
Au moins Jean-Marie Rolland assume ses choix politiques et, par répercussion, les échecs de la gouvernance de Nicolas Sarkozy. Dans les lettres d'information qu'il adresse aux élus de sa circonscription, il développe une conception particulière de la justice et du courage. Un grand moment de bravoure chez ce parlementaire pour qui "choisir d'augmenter la TVA à taux réduit (tout en épargnant les produits alimentaires) ... c'est juste; augmenter l'impôt sur les sociétés des entreprises de plus de 250 millions d'euros de chiffres d'affaires ... c'est juste; demander des économies aux Français comme à leurs élus ... c'est encore juste". Tout aussi juste sans doute que le cadeau fiscal fait aux restaurateurs avec la baisse de la même TVA, le cadeau social fait au patronat avec l'exonération de charges sur les heures supplémentaires ou le cadeau amical fait aux plus riches, pendant des années, avec le trop célèbre bouclier fiscal.
Mais la justice, selon Jean-Marie Rolland, n'exclut pas le courage. Ainsi, "les mesures visant à limiter les dépenses sont ... courageuses; accélérer la mise en place de la réforme des retraites ... c'est courageux; demander plus d'efforts aux industries de la pharmacie pour faire baisser le prix des médicaments ... c'est courageux !". C'est surtout risible, quand on sait que 4 millions de Français n'ont pas de complémentaire santé et qu'ils renoncent aux soins faute de moyens. Que l'on n'arrête pas de dérembourser des médicaments au prétexte qu'ils sont inefficaces, alors que l'industrie pharmaceutique continue à les produire. Quant aux nouveaux retraités, qui passent souvent par la case chômage avant de bénéficier de leur pension de vieillesse, ils sont de plus en plus nombreux à devenir pauvres. Il suffit d'aller aux Restos du coeur pour se rendre compte que notre système de protection sociale, de santé et de retraite n'est plus ce qu'il était.
Il reste que si le député Jean-Marie Rolland est courageux, le conseiller général de Vermenton préfère la dérobade. Ainsi, lors de la dernière réunion de l'assemblée départementale - session importante s'il en est, puisqu'il s'agissait du vote du budget 2012 - le docteur a trouvé un bon prétexte pour ne pas prendre part au vote. A la même heure, il avait programmé une rencontre avec les vignerons de Chablis. Un déplacement, pas anodin, sur le terrain de Patrick Gendraud, le premier vice-président du conseil général, qui clame partout qu'il sera candidat du Nouveau centre aux législatives face à ... Jean-Marie Rolland. Au delà du fait qu'il ne se soit pas prononcé sur le budget d'André Villiers, un autre "ennemi intime", l'ancien patron du Département a peut-être voulu s'épargner des questions embarrassantes sur les dotations de l'Etat. Dotations qui sont très loin de compenser (comme il l'avait promis en début d'année) les dépenses obligatoires suite aux transferts de compétences. Des charges supplémentaires pour les collectivités, sans les moyens qui vont avec. Question de justice ou de courage ?
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Tuesday 6 December 2011
Par Gérard Delorme,
Tuesday 6 December 2011 à 00:34 :: General
En cuisine politique, Jean-Pierre Soisson est un chef étoilé qui n'en finit pas de repasser les plats. Du réchauffé à tous les menus ! A l'heure de passer la main pour les législatives le voici qui prend fait et cause pour Guillaume Larrivé, son ex suppléant laissé au bord de la route en 2007 pour s'attacher les services d'Alain Drouhin qui fut, dans une autre vie, son directeur de cabinet. La fronde des maires de Puisaye avait eu raison du jeune poulain de l'UMP qui manquait encore d'épaisseur politique pour apporter les voix de la ruralité dans la corbeille de mariage. Alors qu'Henri de Raincourt, patron de la droite dans le département, avait réussi à lui imposer Guillaume Larrivé, JPS changea son fusil d'épaule au dernier moment pour s'armer d'Alain Drouhin. Le choix de la raison, puisque c'est l'électorat de Puisaye qui permit à Jean-Pierre Soisson de conserver son siège à l'assemblée.
Aujourd'hui, les cartes ont été rebattues. Alain Drouhin, qui savait qu'il n'obtiendrait pas l'investiture de l'UMP, a choisi de rejoindre le Nouveau centre pour tenter de ravir le siège de député que Soisson lui avait promis en héritage. Mais dans l'Yonne, à droite, la chasse au Nouveau centre est ouverte avec Jean-Marie-Rolland en chef de meute. Ce qui fait assurément le jeu de Guy Férez, le maire d'Auxerre, pas encore investi certes, mais déjà candidat. Et Jean-Pierre Soisson, qui n'a jamais su préparer sa succession - que ce soit à la mairie d'Auxerre ou à la Région - verra son dernier fond de commerce orné de la rose et du poing. En effet, tous les candidats qu'il a soutenus, ces dernières années, ont connu la défaite.
Pas de quoi rassurer l'UMP qui en appelle au ministre de la Coopération pour mobiliser les troupes derrière Guillaume Larrivé. Un déjeuner en Puisaye, suivant la méthode Soisson, avec l'inévitable Pierre Bordier en aide de camp, quelques maires qui auraient déjà pris leurs distances avec Alain Drouhin, comme Jacques Gilet (Champignelles), Jean Joumier (Saint-Fargeau), Eric Jublot (Charny) ou Jean-Jacques Réveillon (Saint-Sauveur), il n'en faut pas plus pour tenter de donner du crédit au jeune lieutenant de Nicolas Sarkozy, en terre poyaudine. Avec deux renforts de poids, Dominique Verien et l'auxerroise Elisabeth Gérard-Billebault, les deux vice-présidentes du parti radical, qui n'ont pas réussi à s'émanciper. Comme Borloo, l'illusionniste, elles ont déjà choisi leur camp. Quant à JPS, il assure : "Guillaume Larrivé est une chance pour la circonscription". Une chance pour le PS ?
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Friday 2 December 2011
Par Gérard Delorme,
Friday 2 December 2011 à 23:35 :: General
Vive la crise ! Nicolas Sarkozy n'a pas trouvé meilleur allié pour tenter de se refaire une santé électorale. Chaque discours est l'occasion de brandir l'épouvantail de la peur pour mieux se poser en sauveur de la planète. Discours de circonstance, fait de sobriété, devant un parterre de militants UMP qui ne fait pas dans l'excès (pas de banderoles, pas de slogans), autant de figurants qui ont pour mission essentielle d'ajouter de la gravité de posture à la gravité de situation. Une mise en scène bien réglée, comme les équipes de Sarko savent si bien le faire, ne serait-ce que pour tenter de faire croire que ce n'est pas le candidat en campagne qui s'exprime mais bien le président de la République. Heureusement personne n'est dupe.
S'appuyant sur une gestuelle qui s'apparente au "journal des sourds et des malentendants", Sarko n'a qu'un souci, garder le triple A, seule bouée de sauvetage à laquelle il reste accroché. Une bouée poreuse couverte de rustines. Histoire de faire encore illusion devant les Français. Le chef de l'Etat en est réduit à se "coucher" devant Angela Merkel qui impose ses idées tant sur la Banque Centrale Européenne que sur la discipline budgétaire. Alors, pour donner le change, mensonges à l'appui, Sarko s'en prend à François Hollande et aux socialistes, afin de déplacer le curseur de l'actualité sur d'autres sujets.
Le président Sarkozy a donc tracé la voix du candidat UMP. La sécurité, l'emploi, le pouvoir d'achat ne faisant plus recette pour cause de véritable échec politique, il va donc actionner deux autres leviers : l'immigration, pour chasser sans retenue sur les terres de l'extrême droite et la protection des Français. En fait, Sarko cherche surtout à se protéger lui-même. Dans un pays en faillite depuis 4 ans - c'est Fillon qui le dit - la croissance est au point mort et un troisième plan de rigueur va bientôt sortir du chapeau présidentiel. Le chômage ne cesse d'augmenter, ce qui n'empêche pas le député UMP Hervé Mariton de vouloir faire travailler les fonctionnaires 37 ou 38 heures par semaine. C'est "travailler plus sans gagner plus" ! Aussi idiot que les heures supplémentaires qui bénéficient surtout au patronat, exonéré de charges. Bref, les riches seront toujours épargnés comme le confirme l'abandon de la taxe qui devait toucher les palaces. Mais, c'est bien connu, la politique de la France se fait surtout au Fouquet's. Et ses conséquences se mesurent aux restos du coeur !
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Sunday 27 November 2011
Par Gérard Delorme,
Sunday 27 November 2011 à 23:26 :: General
Alors que les primaires ont été un véritable succès populaire, les instances nationales du PS doivent se demander comment elles pourraient bien faire pour perdre les élections. L'exercice des investitures pour les élections législatives relève une fois de plus de la caricature, la formule des dosages prenant largement le pas sur le seul argument qui compte : la légitimité et la crédibilité des candidats. Un peu de diversité, une louche de parité, deux doigts de minorités, une grosse pincée de Verts et un fond de PRG, il n'en faut pas plus pour rater son plat électoral. Ce n'est pas cette cuisine là que les électeurs de gauche veulent goûter, alors qu'ils ont encore en bouche toute l'amertume des années Sarkozy.
La légitimité se gagne dans l'ancrage local. Elle revient à ceux qui ont labouré le terrain pendant des années, qui ont été soutenus par leurs militants. Pas à ces parachutés de tout poil qui font un petit tour et puis s'en vont. L'Yonne a payé pour apprendre. Dans la première circonscription, lors des deux derniers scrutins, Jean-Pierre Soisson, le vieux lion, n'a fait qu'une bouchée de deux brebis égarées : Florence Parly, secrétaire d'Etat au budget sous Jospin et Mireille Le Corre, une proche de Benoît Hamon. Malgré la défaite, l'une et l'autre ont eu l'occasion de s'installer durablement à Auxerre, la première en devenant conseillère régionale, la seconde en étant élue conseillère générale. Pour autant la greffe n'a pas pris, l'une et l'autre abandonnant leur terre d'élection en début de mandat.
Inutile donc de tenter un nouveau parachutage au moment où la succession de JPS est ouverte. Au moment où la droite est divisée avec au moins deux candidats potentiels, le très sarkozyste Guillaume Larrivé et Alain Drouhin, désormais étiqueté Nouveau centre. Le PS a donc toutes ses chances de gagner la circonscription à condition de présenter son candidat le plus légitime et le plus crédible, en l'occurrence le maire d'Auxerre, Guy Férez, puisque cette élection se gagne à Auxerre. Il est le candidat naturel de la gauche comme peuvent l'être Jean-Yves Caullet, le maire d'Avallon, dans la deuxième circonscription et Nicolas Soret, le président de la communauté de communes du Jovinien, dans la troisième.
Daniel Paris, le maire PRG de Sens, sait très bien qu'il n'obtiendra pas l'investiture de la gauche comme en 2007. C'est la raison pour laquelle il s'est autoproclamé candidat. Mais Daniel Paris ne représente plus que lui-même. Il n'a pas de troupes et il est même lâché par deux de ses adjoints qui affichent clairement leur préférence pour le candidat socialiste. A force de vouloir prendre ses distances avec la gauche - sauf au moment des investitures - il a perdu toute crédibilité. La sagesse voudrait qu'il ne s'expose pas dans un scrutin perdu d'avance. Une faible audience aux législatives lui retirerait, en effet, toute légitimité pour conserver son fauteuil à la mairie de Sens.
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Monday 24 October 2011
Par Gérard Delorme,
Monday 24 October 2011 à 23:58 :: General
Pas facile de trouver sa place au centre. Surtout depuis que Jean-Louis Borloo a rendu les armes et que François Hollande, tendance social-démocrate, a été désigné par les socialistes pour croiser le fer avec Nicolas Sarkozy. L'espace politique se réduit entre la famille UMP qui n'en finit pas d'exploser et la gauche qui se recentre. Dans cette jachère sans relief le Nouveau centre ne sait pas sur quel pied danser, à l'image de son président Hervé Morin. Dans le style "j'y vais, j'y vais pas", l'ancien ministre de la Défense ne fait monter la pression que sur lui-même puisque plusieurs membres de sa famille (comme François Sauvadet) n'ont pas résisté à l'attrait d'un portefeuille ministériel. Comme François Bayrou garde sa part de marché, estampillée MoDem, le Nouveau centre existe surtout à travers quelques notables locaux qui n'ont pas manqué de prendre leurs distances avec une étiquette UMP peu porteuse d'avenir.
C'est le cas dans l'Yonne où le sénateur centriste André Villiers a pris la présidence du conseil général avec la complicité d'anciens UMPistes comme Patrick Gendraud ou Alain Drouhin. En rejoignant le Nouveau centre, ils se sont ouvert la porte des élections législatives sans avoir à obtenir la bénédiction du Mouvement sarkozyste. Le sortant, Jean-Marie Rolland et le prétendant, Guillaume Larrivé, savent déjà que leur avenir est étroitement lié à celui de Nicolas Sarkozy. Mais que dire des Radicaux Valoisiens, orphelins de Borloo, leur leader éphémère ? Emmanuel Dezellus, élu tonnerrois et président départemental du Parti radical, a dû revoir ses ambitions à la baisse. Tout comme l'Auxerroise Elisabeth Billebault qui salue la décision courageuse de son chef de file pour faire barrage à l'extrême droite. Borloo et Billebault sont dans un bateau. Borloo et Billebault tombent à l'eau. Qu'est-ce qui reste ?
Côté MoDem, ce n'est pas mieux. François Bayrou ne profite pas du retrait de Jean-Louis Borloo. Le patron du "parti de nulle part" n'arrive toujours pas à trouver sa place faute d'un discours cohérent et de véritables leaders. A Auxerre, Pascal Henriat, qui a été de désillusions en désillusions, fait le service minimum, faute de combattants. Ainsi, Vincent Vallé, un de ses fidèles lieutenants, commence à prendre ses distances pour mieux se rapprocher de Guy Férez. Elu sur la liste conduite par Dominique Mary (UMP), Vincent Vallé sent le vent tourner. Et il tourne avec. Par pure conviction, bien entendu ! MoDem, Nouveau centre, Parti radical, cherchez la différence. Il n'y en a pas. Tous votent avec la droite !
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Tuesday 18 October 2011
Par Gérard Delorme,
Tuesday 18 October 2011 à 23:32 :: General
Et si on passait à autre chose. Oublier Blanche Neige et les sept nains, les règlements de compte entre les partisans masqués de Villiers et ceux de Rolland - autant de témoignages d'une droite qui se déchire - pour évoquer ce formidable mouvement populaire né des primaires citoyennes organisées par le PS. Quoi qu'en dise Copé, le pape de la mauvaise foi, ou la folle du roi, Nadine Morano, la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle a été une véritable leçon de démocratie et de modernité. Tout simplement parce que cette primaire n'était pas réservée aux seuls militants. Une mobilisation qui dépasse tous les pronostics puisque la barre symbolique des 3 millions de participants a été largement dépassée dans la mesure où il y a eu 20 % de nouveaux votants au second tour. De quoi rendre fébrile la bande à Nicolas Sarkozy qui ne résistera pas à la vague de fond qui a déjà emporté le Sénat.
Car ces primaires citoyennes ont été plus loin que le choix du futur Président de la République. Elles ont été le lieu de rassemblement de tous les mécontents : ceux qui défilaient dans la rue, il y tout juste un an, pour défendre leurs retraites; ceux qui voient les services publics fermer les uns après les autres; ceux qui perdent leur emploi suite aux délocalisations; ceux qui s'accrochent à ce qu'il leur reste de pouvoir d'achat ; ceux qui ne peuvent plus se soigner ... Eh bien oui, le peuple de gauche s'est pris par la main pour aller mettre son bulletin dans l'urne. Un geste pas évident, surtout en milieu rural, quand il faut trouver un chauffeur pour se rendre au chef-lieu de canton; quand il faut prendre le risque d'afficher son opinion devant le maire de sa commune ou des voisins à l'affût. Alors, peu importe qui, d'Aubry ou de Hollande, allait affronter Nicolas Sarkozy, le printemps prochain.
Un résultat serré aurait été la pire des choses. Il aurait ravivé les querelles partisanes. Là, la droite agressive ne pourra pas reprocher à François Hollande sa légitimité. Comme Ségolène Royal en 2007, il a été porté par les médias et les sondages. De ce fait, il a bénéficié de la notion de "vote utile". Pourtant, le scrutin du premier tour, avait marqué son affichage à gauche. Avant que Montebourg ne pratique le grand écart pour chercher un portefeuille ministériel. Le Bourguignon a surtout écorné sa crédibilité en voulant soigner son image et nourrir ses ambitions. Il reste que ce coup de barre au centre aura des répercussions aux marges. Mélanchon, qui se pose en héritier des idées (ou ce qu'il en reste) de Montebourg, pourrait gagner cinq points que François Hollande récupérera sur l'électorat de François Bayrou.
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Friday 30 September 2011
Par Gérard Delorme,
Friday 30 September 2011 à 23:41 :: General
Manifestement c'est à couteaux tirés dans le camp de la droite. Les échanges virulents proférés sur ce blog entre les pro-Rolland et les pro-Gendraud suffisent à mesurer l'état de tension entre les ex amis de l'UMP. La déferlante rose, la perte du Sénat, citadelle réputée imprenable, ont généré un vent de panique en Sarkozye. A tel point que les UMpistes se demandent si Sarko est le bon plan pour 2012. Chez les parlementaires du Mouvement, c'est du genre "sauve qui peut !". Quant aux proches parents de la majorité présidentielle, ils commencent à prendre leurs distances avec le chef de famille. Singulier contraste avec les primaires citoyennes organisées par le PS qui donne une véritable leçon de démocratie. La division a changé de camp. Du moins pour l'instant !
De cette fin de semaine, je retiendrai surtout l'issue du conflit chez Lafarge. Une première bataille - il y en aura d'autres - gagnée par des salariés qui sont allés jusqu'à la grève de la faim pour défendre leur outil de travail. Un combat exemplaire soutenu par bon nombre d'élus, de droite comme de gauche, convaincus du bien-fondé de cette lutte. Une belle unanimité boudée par le député sarkozyste Jean-Marie Rolland. En effet, quand les conseillers généraux se sont levés, en séance plénière, pour exprimer leur soutien, JMR, le "dépité" de la circonscription, est resté délibérément assis. La meilleure façon de ne pas se faire botter les fesses !
Pour prendre le contre-pied du président André Villiers, le libéral Jean-Marie Rolland s'est rangé du côté du patronat. Et de se féliciter (sans rire !) que "les salariés acceptent les propositions du groupe Lafarge". Mais au prix de quel combat ! Si l'on s'en tenait à la théorie de soumission du docteur Rolland, les salariés de Frangey auraient connu le même sort que ceux de Paul Renard à Flogny-la-Chapelle, ceux de la STELI, de Todenko ou de Petit Bateau à Tonnerre. Son pragmatisme légendaire se traduit par autant de fermetures d'usines. Pas étonnant que Jean-Marie Rolland ait été balayé par son propre camp en mars dernier. Comme Yves Delot, le maire de Saint-Florentin, un autre cador de la politique locale, qui n'a pas trouvé mieux que de mettre ses médecins à la porte. Sur l'échelle du mépris et de la bêtise, Delot, comme Rolland, n'est pas loin d'atteindre les sommets.
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Sunday 4 September 2011
Par Gérard Delorme,
Sunday 4 September 2011 à 23:50 :: General
"On doit prendre l'argent dans la poche des riches pour aider les pauvres". Voici une belle leçon de morale qui pourrait être écrite sur le tableau noir (ou la tablette numérique) en ce jour de rentrée scolaire. Puisque la grande trouvaille de Luc Chatel, le ministre de l'Education, c'est de rétablir les leçons d'instruction civique. Un gadget qui n'est pas sans rappeler la lettre de Guy Môquet, le résistant communiste, lettre que Nicolas Sarkozy voulait faire lire dans les écoles. Une nouvelle manoeuvre de diversion, teintée de populisme, pour mieux faire avaler la pilule d'une rentrée qui s'annonce catastrophique suite à la suppression de 16 000 postes supplémentaires chez les enseignants. Ajoutez des jeunes profs lâchés dans les classes sans être formés, des enfants de moins de 3 ans qui restent à la porte des maternelles et vous avez tous les ingrédients de l'échec d'une politique d'éducation aux couleurs libérales.
Ce n'est pas le seul sujet d'une rentrée qui s'inscrit sous le signe de la rigueur, de l'austérité, de l'augmentation déguisée des impôts - quoi qu'en dise Sarko - pour tenter de réduire un déficit abyssal (près de 100 milliards d'euros) creusé par le chef de l'Etat en personne. Il avait raison Laurent Wauquier lorsqu'il déclarait : "l'assistanat est le cancer de la société". Surtout s'il voulait parler de l'assistanat des riches. Car ce sont bien les grosses fortunes qui ont été les grands bénéficiaires de la politique de Nicolas Sarkozy. Alors, il se trouve, aujourd'hui, quelque grand patron prêt à laisser un "pourboire" pour ne pas payer l'addition. Affligeant !
Pourtant François Fillon leur demande de mettre la main à la poche dans le cadre de son plan de rigueur. Une taxe de 3% (à titre provisoire, rassurez-vous !) pour les revenus annuels supérieurs à 500 000 euros. Un smicard doit travailler pendant 40 ans (une carrière) pour espérer gagner une telle somme. Gain de cette mesurette pour l'Etat : 200 millions d'euros. Alors qu'en relevant le plafond de l'ISF, quelques mois plus tôt, c'est un cadeau fiscal supérieur à 1,5 milliards d'euros que l'Etat providence a fait aux richissimes contribuables. Mais, c'est bien connu, on ne prête qu'aux riches !
La taxation des alcools, des sodas, du tabac, des complémentaires santé, sera bien supportée par celles et ceux qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Ceux, de plus en plus nombreux qui viennent grossir les rangs des chômeurs. Une augmentation qui n'est pas due, selon Sarko, à un manque d'activité économique, mais "à la vitalité démographique du pays". De grâce, mesdames, cessez d'enfanter de futurs chômeurs. Il reste que Nicolas Sarkozy montre l'exemple en réduisant le train de vie de l'Etat. Nous en voulons pour preuve son retour de Nouvelle-Calédonie dans l'Airbus présidentiel et une escale à Pékin pour emprunter un Falcon afin de rejoindre plus rapidement Carlita au Cap Nègre. C'est donc ça la "règle d'or" d'équilibre des finances publiques ?
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Monday 25 July 2011
Par Gérard Delorme,
Monday 25 July 2011 à 00:10 :: General
Insoutenable carnage ! Dans un monde à la dérive, la tuerie de la petite île d'Utoeya, en Norvège, est aussi grave que l'attentat du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis. Deux frappes idéologiques pour une seule cible : la démocratie. D'un côté, l'oeuvre des terroristes d'Al-Qaïda; de l'autre, le geste calculé d'un militant d'extrême droite déterminé à combattre la politique d'immigration et à empêcher la diffusion de l'islam. Une situation dramatique qui n'est pas surprenante dans un pays où la droite populiste se répand en propos xénophobes. La culture de la différence n'a toujours engendré que haine et violence.
Mais la Norvège n'est pas une exception. En France aussi les dérapages se produisent dans chaque virage : les propos identitaires de François Fillon, ironisant sur la binationalité de la franco-norvégienne Eva Joly, le débat sur la laïcité entretenu par Jean-François Copé, la politique d'exclusion de Claude Guéant, les quotas dans le football ... Dans un seul souci : gagner des électeurs en chassant sur le terrain de l'extrême droite. Pas étonnant que Nicolas Sarkozy remonte dans les sondages. Encore faut-il relativiser puisque deux Français sur trois ne lui font toujours pas confiance.
Pourtant, le chômage augmente aussi vite que le pouvoir d'achat diminue; les prix de l'essence sont plus vite répercutés à la hausse qu'à la baisse; il va manquer des enseignants à la rentrée; il y a davantage de morts sur les routes malgré tous les effets d'annonce en matière de répression; la pluie de juillet n'endigue pas la sécheresse. Mais Sarko passe à travers les gouttes. Et pour cause, il laisse Fillon faire le sale boulot, se limitant à ses virées en Province devant un parterre de militants UMP. Car Sarko est en campagne sur son temps de service présidentiel. Devant l'échec de sa politique sécuritaire, il lui fallait trouver un autre cheval de bataille. C'est fait, à l'échelle européenne, avec la crise de l'euro et la faillite de la Grèce. Une bonne occasion de faire encore peur aux électeurs et de se positionner en sauveur de la nation. La ficelle est un peu grosse.
En s'exposant de moins en moins, Sarko ne prend pas de vagues. Il ne va pas se faire siffler sur les routes du Tour de France, préférant accueillir quelques champions français à l'Elysée. Il laisse le soin à François Fillon et à Chantal Jouanno de se rendre en Afrique pour prendre une claque monumentale avec la candidature d'Annecy aux Jeux Olympiques. Il emboîte le pas d'Obama pour promettre le retrait des troupes françaises d'Afghanistan ... dans trois ans, tout en leur demandant de ne plus s'exposer. On se demande bien, alors, quel est le sens de leur mission. Sans oublier le feuilleton politico-judiciaire du printemps, avec l'affaire Strauss-Khan qui a mobilisé le monde médiatique. Il reste qu'après l'été pourri, l'automne pourrait bien être chaud !
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Tuesday 5 July 2011
Par Gérard Delorme,
Tuesday 5 July 2011 à 00:15 :: General
Coucou, me revoilà ! La plume aiguisée et le ton toujours aussi politiquement incorrect. Une reprise sous la contrainte amicale des lecteurs de ce blog. De droite et de gauche. De la ville et de la campagne. "Pourquoi t'écris plus ?" me demande, frustrée, Marie-Laure Capitain, la conseillère générale de Flogny-la-Chapelle, au pot de départ de Jean Fernandez. Interrogation identique de Michel Millet, le président de la Communauté de communes Morvan-Vauban, lors de la dernière manifestation pour défendre l'hôpital d'Avallon et de Guillaume Larrivé, le conseiller de Nicolas Sarkozy, croisé lors du tournoi de tennis féminin d'Auxerre. Prévenant, Guy Lavrat, l'ancien maire de Migennes, s'est même inquiété de ma santé alors que Jean-Claude Lemaire, le conseiller général de L'Isle-sur-Serein, un tantinet voyeur, s'étonnait que je n'évoque pas "la suspension de la directrice de cabinet de notre président" (son ami André Villiers). Devant tant de sollicitations, je sors donc de mon hibernation ... printanière.
Pourtant les sujets n'ont pas manqué au cours de ces dix semaines d'abstinence. D'un côté, il y a eu les bienheureux : le pape Jean-Paul II béatifié, les mariages à la cour d'Angleterre et à la principauté de Monaco (histoire de faire rêver les Indignés) et les deux journalistes de France Télévision, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, enfin libérés. De l'autre les malheureux : Dominique Strauss-Kahn, victime du plus grand lynchage médiatique à l'échelle mondiale et Georges Tron, adepte de la reflexologie plantaire, mis en examen pour avoir abusé de la mise à pied. Deux affaires judiciaires extrêmement complexes qui devraient faire réfléchir les hommes de pouvoir : les auteurs d'attouchement ne sont plus intouchables.
Cette actualité surdimentionnée a permis de reléguer au second plan les nombreuses séances de rétropédalage d'un gouvernement qui se comporte plus comme une équipe en campagne que comme une formation chargée de diriger le pays. Souvenez-vous, le dossier des radars. Les panneaux de présignalisation que l'on supprime un jour et que l'on remplace, le lendemain, par des panneaux pédagogiques pour échapper à la levée de bouclier des automobilistes. Idem pour la prime destinée aux salariés des grandes entreprises, à condition que leurs résultats soient en hausse. Sans parler de l'idée de faire travailler les titulaires du RSA à la place de ceux qui n'en ont pas (de travail !), des quotas de joueurs de couleur dans le football, des suppressions de poste dans les écoles au moment où Sarko promet qu'il n'y aura plus de fermeture de classes, le bac raté et dévalué ...
Et, pour couronner le tout, un remaniement ministériel qui a fait l'objet d'une véritable foire d'empoigne entre François Baroin et Bruno Lemaire pour hériter du siège de Christine Lagarde à Bercy. Pitoyable ! Et un bâton de maréchal pour François Sauvadet, le Nouveau Centre, habitué à critiquer le gouvernement en Bourgogne et à le soutenir à Paris. Il rêvait, depuis des années, du ministère de l'Agriculture. Il a du se contenter de la Fonction publique, le ministère de l'inutile, celui qui n'a qu'une mission : réduire les effectifs de fonctionnaires. On retiendra, enfin, le hochet attribué à David Douillet, pour faire plaisir à Bernadette Chirac. Le spécialiste des pièces jaunes va donc s'occuper des Français de l'étranger. En voilà un beau portefeuille !
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Sunday 10 April 2011
Par Gérard Delorme,
Sunday 10 April 2011 à 23:40 :: General
C'est ce que doivent se dire les branches rapportées de la famille UMP. A force de virer à tribord, le bateau de Sarko est en train de couler. Et ils sont de plus en plus nombreux à mettre les chaloupes à la mer pour ne pas être entraînés dans un naufrage politique. Le ton a été donné lors des récentes élections cantonales quand les élus de droite se sont présentés "sans étiquette" pour ne pas apparaître sous les couleurs de l'UMP. Les oeillades du trio infernal Sarkozy-Copé-Guéant en direction de Marine Le Pen ont indisposé la frange républicaine du parti présidentiel. Elles ont surtout donné un bon prétexte, aux centristes de droite, de prendre leurs distances avec Nicolas Sarkozy et sa politique d'exclusion. La fidélité a ses limites !
Après avoir servi la soupe élyséenne, Borloo a fait ses valises, imité par Rama Yade qui ne manque pas une occasion de prendre la lumière médiatique. Il reste que cette situation nationale se décline au niveau local où la fissure semble encore plus prononcée. Le putsch d'André Villiers, pour prendre la tête du Département, s'inscrit dans la même démarche d'éloignement. Même l'UAY, scindée en deux, n'est plus un soin palliatif de l'UMP. Le sénateur Nouveau centre s'appuie sur sa garde rapprochée au conseil général pour tenter de construire l'alliance des centres chère aux radicaux Valoisiens : Patrick Gendraud, ancien président départemental de l'UMP, Alain Drouhin, suppléant du député UMP, mais aussi Maurice Pianon, Guy Bourras et Marie-Laure Capitain ont franchi le pas.
A Auxerre, ce sont Fabien Cool (Nouveau centre) et Vincent Vallé (ex-MoDem) qui viennent de rompre leur contrat de mariage avec leur tête de liste, Dominique Mary, par ailleurs responsable départementale de l'UMP. Et un revers de plus pour cette sarkoziste de la première heure ! Leur fuite en avant devrait les rapprocher d'André Villiers. Tout comme les Sénonais Pascal Charot et Alexandre Bouchier, orphelins du MoDem, mais qui vont bien finir par trouver leur place au centre, tellement les contours de ce nouvel espace politique sont à géométrie variable.
On se croirait revenu plus de 30 ans en arrière, à la naissance de l'UDF. Un véritable melting-pot rassemblant des familles aussi diverses que le Parti Républicain, le Centre des Démocrates Sociaux, le parti Radical Valoisien, le Mouvement Démocrate Socialiste et les Clubs Perspectives et Réalités. Un parti fabriqué de toutes pièces pour soutenir Giscard face à la machine RPR de Chirac. Résultat : c'est François Mitterrand qui devenait Président de la République. En 2002, une partie de l'UDF rejoignait le RPR sous l'enseigne UMP, l'autre partie constituait le MoDem de Bayrou, un parti à la croisée des chemins. A un an de l'élection présidentielle, cette alliance des centres n'est rien d'autre qu'un nouveau parti de droite qui stigmatise les positions extrêmistes de l'UMP. 2012 pourrait bien ressembler à 1981. L'Histoire n'est-elle pas un éternel recommencement ?
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Tuesday 5 April 2011
Par Gérard Delorme,
Tuesday 5 April 2011 à 23:46 :: General
A peine élu à la tête du département de l'Yonne, André Villiers est-il tenté de le vendre ? Ne serait-ce que pour s'épargner le gouffre financier que constituent les anciens locaux du Crédit Agricole. On pourrait le penser à la seule lecture de l'agenda du président, publié sur le site internet du conseil général : "14 avril : cession du conseil général". En confondant cession (de céder) avec session (de siéger) le rédacteur a dû céder à la facilité au risque de se retrouver sur un siège éjectable. Car, pour faire bonne mesure et liquider les invendus, il remet le couvert en programmant une nouvelle cession le 17 juin. Une sorte de ré-cession, dont les collectivités locales mesurent les incidences sur leurs budgets depuis plusieurs mois.
Mais tant que le Département n'est pas en cessation (de paiement), toute suspicion pourrait être mal interprétée. D'autant que la majorité départementale a connu sa guerre de sécession débouchant sur une véritable scission au sein de la famille UAY. J'arrête là, pour que cette réflexion ne devienne pas une obsession (ou ob-cession ?). Néanmoins, je livre ce banal sujet post-électoral à la sagacité (ce n'est pas une insulte) de Jean-Claude Lemaire, le conseiller général de l'Isle-sur-Serein, dont l'exercice philosophique sur le "travail de sape", dans l'Yonne-Républicaine, est encore dans toutes les mémoires. On en redemande !
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