Monday 21 July 2008
Par Gérard Delorme,
Monday 21 July 2008 à 23:55 :: General
Ainsi les institutions vont évoluer. Pour une toute petite voix, le Congrès réuni à Versailles vient d'adopter une réforme qui ne va pas changer grand chose dans la vie quotidienne des Français. Une petite voix qui permet à Nicolas Sarkozy de renforcer son pouvoir présidentiel. Une victoire (?) aux forceps acquise au prix de multiples pressions, menaces et chantages notamment auprès de parlementaires de la majorité pas du tout convaincus par le projet de loi constitutionnel. Mais c'est bien parce qu'une seule voix a suffi à faire basculer le vote que le socialiste Jack Lang est montré du doigt. Lui qui a voté pour la réforme après avoir participé à son élaboration au sein de la commission Balladur.
En fait, ce sont surtout les Radicaux de gauche qui ont été sensibles au chant des sirènes. La promesse de réduire le nombre d'élus pour pouvoir former un groupe parlementaire n'a pas manqué de séduire Jean-Michel Baylet qui n'est pas le dernier à aller à la soupe. Dominique Rouyer, le président de la fédération de l'Yonne du PRG, est même sorti de sa réserve pour dire combien cette réforme constitutionnelle était essentielle à l'évolution de la vie politique. Une prise de position en droite ligne avec le recentrage affiché par les anciens partenaires du PS. Au moins Dominique Rouyer n'a pas attendu la réunion du Congrès pour afficher ses convictions. Aux municipales de Joigny n'avait-il pas choisi de prendre ses distances avec la liste de gauche ? Pour rejoindre le centre ... donc la droite. Ah, les convictions à géométrie variable, ça vaut bien une réforme.
Bien sûr, le jeu politique a masqué le vrai débat sur le fond. Avec, d'un côté les socialistes qui ont voté contre la réforme pour voter contre Sarkozy. Et de l'autre, des élus UMP qui étaient prêts à voter contre la même réforme mais qui ont fini par voter pour, afin de voter contre ... les socialistes. A partir de là chacun retiendra bien ce qu'il veut de ce marché de dupes. Les marchés économiques restent au rouge, le pouvoir d'achat continue à régresser, le cumul des mandats n'est pas remis en question par la réforme, pas plus que le mode de scrutin sénatorial, le plus antidémocratique qui soit, les immigrés ne pourront toujours pas voter aux élections locales ... En fait, beaucoup d'agitation pour pas grand chose !
Heureusement, il sera désormais possible de demander l'organisation d'un référendum d'initiative populaire. La façon dont Sarko s'est assis sur le verdict des urnes à propos du référendum sur le traité européen est de bon augure pour l'avenir. Tout comme l'indépendance et le pluralisme des médias, qui seront garantis par la loi, alors que dans le même temps le Président s'arroge le pouvoir de nommer le patron de France Télévision. Décidément, dans la monocratie sarkozyste, il y a loin de la coupe aux lèvres. Quant à la péripétie institutionnelle, elle aura permis de faire du marchandage et du racolage, les deux nouvelles mamelles de la France ... Une réforme constitutionnelle mérite quand même autre chose.
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Par Gérard Delorme,
Monday 21 July 2008 à 00:09 :: General
Il vaut mieux, aujourd'hui, être magistrat que militaire. Deux faits d'actualité viennent de le prouver. Souvenez-vous, ce chef d'état-major de l'armée de terre amené à démissionner après avoir été qualifié d'amateur par le président de la République. Cette décision spontanée traduisait, au délà de l'accident de Carpentras, le malaise qui secoue une armée sans moyens ni perspectives. Dans un autre domaine, celui de la justice, c'est une autre décision, tout aussi incompréhensible, qui vient d'être prise par le Conseil Supérieur de la Magistrature. Cette haute autorité judiciaire vient en effet de "blanchir" le Procureur de Boulogne-sur-Mer, considérant qu'il ne méritait aucune sanction disciplinaire pour la gestion de l'affaire de pédophilie d'Outreau. Pourtant, en juillet 2006, Pascal Clément, le Garde des Sceaux de l'époque, avait souhaité sa comparution devant le CSM en raison de ses "insuffisances" dans le suivi du dossier. Peine perdue, la justice est incapable de se remettre en cause. Et tout le travail de réflexion mené, pendant des mois, par une commission d'enquête parlementaire, ressemble à un coup de glaive dans la balance.
Mais il y a pire, en matière d'injustice, avec la nouvelle affaire Tapie. L'ancien politique, homme d'affaires, comédien et surtout ami de Nicolas Sarkozy, vient de voir des millions d'euros lui tomber du ciel. Par la grâce présidentielle ! Ou plutôt par une décision - forcément arbitraire - du tribunal arbitral chargé de régler le litige entre Bernard Tapie et le CDR qui gère le passif du Crédit Lyonnais. Ce dernier a été condamné à verser 285 millions d'euros à l'ancien patron d'Adidas, "au titre du manque à gagner". Ca ne s'invente pas ! Un tribunal taillé sur mesure avec notamment Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil contitutionnel et l'avocat Jean-Denis Bredin qui avait connu Tapie au parti radical. L'affaire fait grand bruit dans la classe politique. Mais pourquoi la justice a-t-elle été dessaisie au profit d'un tribunal arbitral ? Sinon pour réussir un tour de passe-passe.
Quoi qu'il en soit, c'est le contribuable qui financera ce joli cadeau. Un façon de creuser un peu plus le fossé entre la classe des privilégiés alimentée par Sarkozy et les 8 millions de pauvres. En effet, plus de 13% des Français vivent actuellement avec moins de 880 euros par mois. Sous le seuil de pauvreté. On vit une époque forminable !
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Wednesday 16 July 2008
Par Gérard Delorme,
Wednesday 16 July 2008 à 14:18 :: General
Depuis qu'il s'est présenté comme le numéro 3 du ministère de l'Immigration, Guillaume Larrivé a gagné un surnom dans la spère politique auxerroise : Numéro 3 ! C'est sans doute pour faire honneur à cette nouvelle identité qu'il vient d'être parachuté numéro 3 de la fédération de l'Yonne de L'UMP. Oui, parachuté par le bureau national du mouvement qui vient de le nommer secrétaire départemental adjoint. Une désignation très démocratique puisque les militants n'ont pas été consultés. C'est la mode en Sarkozye !
Cette nomination n'est pas le fait du hasard. Elle fait suite à un constat de carence. Guillaume Larrivé le dit lui-même : "Notre fédération a besoin d'un nouvel élan". Patrick Gendraud, le président départemental de l'UMP a dû apprécier. En fait, c'est surtout le secrétaire départemental qui est visé, en l'occurence Jean-Philippe Bailly. Le couperet n'est pas tombé après ses mauvais résultats aux élections municipales et cantonales, suite à un délit de faiblesse de la part des dirigeants départementaux. Alors Paris prend les choses en mains en lui mettant dans les pieds un fidèle de Nicolas Sarkozy, à quelques mois des élections au sein des différentes structures du Mouvement. Et, si Guillaume Larrivé n'est peut-être pas encore "mûr" pour succéder à Patrick Gendraud, il y a tout lieu de penser qu'il prendra la place de Jean-Philippe Bailly.
Un argument de poids plaide en la faveur du lieutenant de Brice Hortefeux : c'est le soutien que Jean-Pierre Soisson apporte à ... Jean-Philippe Bailly. Tous les candidats que le député Soisson a soutenu aux dernières cantonales (Jean-Philippe Bailly et Pascal Henriat à Auxerre, André Grossier à Saint- Sauveur ... ) ont été battus. Il est clair aussi qu'il existe un contentieux entre Guillaume Larrivé et JPS, son ancien mentor, depuis les législatives. Il pourrait bien y avoir de la revanche dans l'air, en novembre, quand il s'agira d'élire les instances départementales et de désigner les délégués de circonscription. Ce qui est évident, c'est que Jean-Pierre Soisson ne retrouvera pas Jean-Philippe Saulnier-Arrighi sur sa route. Celui-ci a, en effet, été exclu de l'UMP. Ce qui ne l'a pas empêché d'être élu maire de Moulins-sur-Ouanne et président de sa communauté de communes. Comme quoi, une étiquette ne fait pas le printemps !
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Tuesday 15 July 2008
Par Gérard Delorme,
Tuesday 15 July 2008 à 00:48 :: General
Dimanche soir, les Joviniens étaient plus nombreux que d'habitude pour voir leurs soldats défiler à l'occasion du 14 juillet. Emotion, amertume, solidarité, le pas cadencé avait des allures de marche funèbre. Personne n'est dupe, leur Groupe Géographique sera bien rayé de la carte militaire, comme bon nombre d'autres régiments. L'annonce des fermetures à encore été différée pour ne pas perturber les cérémonies du 14 juillet mais surtout pour ne pas agacer les parlementaires UMP avant le vote pour la réforme de la Constitution. Car tous les députés et sénateurs de l'UMP n'assument pas, comme Jean-Marie Rolland, les mesures gouvernementales qui, chaque jour un peu plus, saignent nos territoires.
Les caisses sont vides, alors on fait des coupes sombres dans les budgets ministériels. L'armée, mais aussi l'école, la justice, la santé, la culture ... sont victimes du tour de vis de l'Etat patron. Insupportable provocation quand, dans le même temps, le président de la République fait son show sur les Champs Elysées en présence d'une quarantaine de chefs d'état. Le tapis bleu déroulé devant le Grand Palais, défilé, dîners, réceptions, rien n'est trop beau pour marquer le lancement de l'UPM (Union pour la Méditerranée). Une vraie opportunité pour le nouveau monarque européen qui espère ainsi redorer son blason aux yeux des Français. C'est oublier un peu vite que leur principale préoccupation c'est leur pouvoir d'achat. Et, qu'en la matière, ni les réformes, ni la propagande gouvernementale dans les médias, n'améliorent leur ordinaire.
Président du pouvoir d'achat, c'est comme président des Droits de l'Homme, dans les deux cas Super-Sarko va d'échec en échec. Après le lybien Khadafi, c'est un autre dictateur, le syrien Bachar al-Assad qui a eu les honneurs du Président français. Une visite qui a suscité bien des réserves, y compris dans les rangs de l'UMP. Comme Khadafi, Bachar al-Assad cherche surtout à rompre son isolement. De là à en faire un nouveau champion de la paix, il y a un fossé que les militants de Reporters sans frontières ne sont pas prêts à franchir. A Paris, alors qu'ils manifestaient contre la venue du président syrien, ils ont été interpellés par les forces de l'ordre. Sans doute au nom des Droits de l'Homme. Mais le comble du mauvais goût, on le trouve avec la participation au défilé de l'école militaire de Saint-Cyr. Plus exactement de la promo 2008 baptisée "Lieutenant Antoine de la Bâtie". Ce jeune officier est mort à Beyrouth lors d'un attentat imputé aux Syriens. Sans commentaires.
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Monday 7 July 2008
Par Gérard Delorme,
Monday 7 July 2008 à 08:32 :: General
Un billet à la gloire de Nicolas Sarkozy par-ci, une plaidoirie en faveur des mesures gouvernementales - fussent-elles impopulaires - par là, Jean-Pierre Soisson ne ménage pas sa peine. Il se démène à la Région pour accuser François Patriat de faire de la politique et paye de sa personne pour tenter de faire sortir l'Europe de l'impasse. Bref, JPS a des idées sur tout et surtout des idées. Comme s'il voulait transformer ce dernier mandat de député en baroud d'honneur. A 74 ans aux prochaines feuilles mortes, l'homme sait qu'il peut tout se permettre puisqu'il ne retournera pas devant les électeurs. L'occasion d'apparaître enfin sous son vrai visage. En véritable homme de droite, pur et dur, insensible à la fermeture des hopitaux, des casernes, des tribunaux, des bureaux de poste... Complice du démantèlement du territoire.
On est loin du Jean-Pierre Soisson étiqueté au centre pour mieux aller vers la droite ou vers la gauche et suivre le sens du vent politique. Républicain indépendant, Mouvement des réformateurs, France unie, Parti républicain, Démocratie libérale, UDF, UMP ... , il affiche plus d'étiquettes que les grands crus de Chablis. Homme de pouvoir avant tout, Jean-Pierre Soisson s'est permis les plus grands écarts pour garder sa place dans les différentes majorités. Avec Giscard, avec Chirac, avec Mitterrand. Pour être élu, il a aussi été capable des pires alliances. Comme avec le Front national pour devenir président du Conseil régional.
Le voici donc moins calculateur puisqu'il n'a plus rien à espérer, ni à redouter. Ce qui ne l'empêche pas de vouloir exister. L'Europe va-t-elle devenir sa nouvelle tribune ? Sa participation à la réunion initiée par Jean-François Copé, avec les élus de droite de l'Union européenne, le laisse entendre. C'est ainsi qu'il devrait intégrer le "Club des 27" ( sous-entendu pays européens) pour tenter de réparer la fracture entre la population et les dirigeants. Moins festif que le "Club des Cent". Mais ça peut ouvrir une place sur une liste pour les élections européennes l'année prochaine ?
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Saturday 5 July 2008
Par Gérard Delorme,
Saturday 5 July 2008 à 23:50 :: General
26 août 1944 – 5 juillet 2008. Deux dates qui suffisent à résumer l’histoire de l’Yonne Républicaine. Celle de la liberté portée par les Résistants qui avaient libéré Auxerre ; celle de l’abandon du statut de société ouvrière de production qui marque la fin de l’indépendance. Alors oui, ce soir je suis triste. Triste de voir ce patrimoine, constitué pendant des années par des générations d’ouvriers, d’employés, de journalistes, de commerciaux, cédé à un grand groupe de presse. Triste surtout pour Louis Clément, un des pères fondateurs de la société, qui voit son héritage dilapidé. Patron ouvrier ou ouvrier patron, il était insaisissable, corporatiste, dur en affaire mais respecté. Triste pour les anciens, ses compagnons de route, les Lalande, Bigé, Linderme, Bardin, Mouls, Daudet, Capitaine, Mérat, Pierre, Compérat … qui avaient l’esprit coopératif chevillé au corps.
Triste pour mes anciens camarades journalistes, Charles Rivet, Jean-Claude Charlet, Jacques Pissot , Christian Couronner, Pierre-Jules Gaye et bien d’autres, attachés à l’indépendance de ton qui animait la rédaction. Une indépendance tellement rare aujourd’hui dans les médias. Ce ne sont pas les journalistes de France Télévision qui diront le contraire. Pendant plus de 60 ans, grâce à son statut coopératif, l’Yonne-Républicaine avait su préserver son indépendance. Le journal n’appartenait pas à un grand groupe. C'était une exception. C’était sa fierté de vilain petit canard.
Je suis triste et forcément en colère contre tous ceux (direction, administrateurs, syndicats, comité d’entreprise …) qui ont laissé les clés de l’entreprise à un président qui n’avait pas son permis. Et qui ose parler de partenariat stratégique au lieu de faire un constat d’échec. Je m’en veux personnellement d’être resté inactif après avoir été marginalisé. Nous sommes tous responsables, mais il y a au moins deux coupables. Ce samedi, je ne suis pas allé à la dernière assemblée générale de cette coopérative qui a fait partie de ma vie pendant 36 ans, parce qu'aux enterrements, je n’aime pas croiser les fossoyeurs. Une page se tourne. Le groupe Centre France va élargir son patrimoine d’un nouveau titre, l’Yonne-Républicaine. Les coopérateurs vont devenir de simple salariés ayant perdu la propriété de leur outil de travail et leur pouvoir de décision. Un paradoxe pour le mouvement coopératif généralement appelé à la rescousse pour sortir de l’impasse les entreprises en difficulté.
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Friday 4 July 2008
Par Gérard Delorme,
Friday 4 July 2008 à 17:39 :: General
Ainsi Ingrid Bétancourt et sa famille viennent de toucher le sol français, accueillis par le président de la République et l’inévitable Carla Bruni, femme libérée s’il en est. Au-delà du soulagement et de l’émotion provoquée par cette libération tant espérée, on peut dire que l’évènement a dopé l’actualité. Entre un championnat d’Europe de football misérable et un Tour de France cycliste qui fait de moins en moins rêver, Ingrid Betancourt capte tous les projecteurs. Du pain béni pour Nicolas Sarkozy qui peut ainsi se consoler de ses déboires européens, d’une armée qui bat de l’aile, des routiers qui grognent, des hausses du 1er juillet et des consommateurs qui n’en finissent pas de courir après leur pouvoir d’achat. Alors, la libération d’Ingrid c’est forcément un coin de soleil dans la grisaille ambiante.
Le département de l'Yonne aussi a son Sarkozy. Moins people, mais tout aussi irrespectueux des lois et des votes. Vous avez reconnu Yves Delot, le futur ex-maire de Saint-Florentin qui vient de faire appel du jugement du tribunal administratif de Dijon, invalidant les élections municipales, le candidat Delot étant inéligible. L'appel est suspensif ; il va donc continuer à régner sur la ville. C'est le droit, c'est son droit ! Pour la légitimité c'est une autre histoire. Le chef d'entreprise se réfère à la loi quand ça lui rend service. Autrement, il brocarde les décisions de justice sans ménagement, considérant qu'il « ne recule pas devant ses responsabilités ». Des responsabilités que les citoyens ne lui ont pas données. Le conseil d’Etat en décidera sans doute autrement.
Peu importe, Yves Delot continue à régner sur son royaume florentinois. Une gouvernance sans partage. Le voici qui décide de ne pas renouveler le contrat de sa directrice générale des services. Super-Delot travaillera en direct avec les services. C’est décidé, foi de patron ! Dans sa fenêtre de tir, il a aussi le président de l’office de tourisme, Francis Marquet, par ailleurs maire de la commune voisine de Vergigny, sommé de s’expliquer sur ses (mauvais ?) résultats. On croirait entendre Sarkozy s’en prenant au général, chef d’état-major de l’armée de terre … Le mimétisme, ça rend fou ?
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Thursday 3 July 2008
Par Gérard Delorme,
Thursday 3 July 2008 à 02:03 :: General
"Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats colombiens !" Les premiers mots prononcés par Ingrid Bétancourt, après sa libération, sont lourds de sens. La foi l'a aidée à survivre dans la jungle pendant six ans. Les soldats de l'armée d'Alvaro Uribe lui ont rendu sa liberté. Son portrait va pouvoir être décroché des façades des mairies. Depuis des mois sa libération était devenue un enjeu autant qu'un symbôle. Le soulagement est grand, même s'il est teinté de frustration pour le Président français.
Super Sarko avait fait de sa libération une affaire personnelle. Autrement plus significative que celles des infirmières bulgares. Sa méthode a échoué et le grand triomphateur c'est le président Uribe. Le coup de force de son armée a porté ses fruits au moment où Nicolas Sarkozy vilipendait l'armée française et obtenait la démission du chef d'état-major de l'armée de terre. Les clins d'oeil de l'histoire sont parfois cruels. Pour sauver la face, le chef de l'Etat a fait venir à l'Elysée les enfants d'Ingrid Betancourt et sa soeur Astrid. Un mauvais scénario enregistré avant d'être diffusé sur les chaînes de télévision. Comme s'il redoutait la spontanéité d'un direct qui aurait exprimé d'avantage de force affective.
Tout comme son ministre Bernard Kouchner, pâle figurant sur le plateau, Nicolas Sarkozy transpirait de contrariété. Uribe lui a volé la vedette. C'est lui le héros aux yeux du monde. Et pour faire bonne mesure, Ingrid Betancourt a associé, dans ses remerciements, le président Chirac et son ami Dominique de Villepin. De quoi donner la migraine au nouveau président de l'Union européenne. Un coup d'éclat lui aurait permis de grapiller quelques points dans les sondages. C'est raté ! Décidément plus rien ne lui sourit. Reste à savoir s'il est toujours disposé à accueillir sur le sol de France les combattants des FARC qui auront déposé les armes. Ouvrir nos frontières aux membres d'une guérilla, c'est donc ça l'immigration choisie ?
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Friday 6 June 2008
Par Gérard Delorme,
Friday 6 June 2008 à 15:48 :: General
Pour ne pas mettre de l'huile sur le feu du côté de Saint-Florentin, où ça s'excite grave, parlons plutôt de gazole. Et de cette géniale idée du secrétaire d'Etat au Transport, Dominique Bussereau, idée qui consiste à obliger les transporteurs à répercuter la hausse du gazole sur leurs factures. Pour ne pas être en reste, le client intermédiaire répercutera, lui aussi, cette hausse au consommateur de base, toujours dindon de la face. C'est ainsi qu'il paiera deux fois (TVA comprise) l'augmentation du prix du pétrole : une première fois pour son usage personnel (chauffage, automobile) et une deuxième fois pour soulager la facture des transporteurs, agriculteurs et autre pêcheurs. La méthode n'est pas nouvelle. Nicolas Sarkozy n'avait-il pas déjà invité les pêcheurs en colère à augmenter le prix du poisson pour compenser la hausse du gazole ! Un coup d'épée dans l'eau puisque le pêcheur paie encore plus cher son carburant alors que le consommateur achète de moins en moins son poisson, devenu un produit de luxe.
Devant la levée de bouclier des catégories professionnelles précitées, capables d'organiser un blocus sur plusieurs jours, le gouvernement cherche donc des échappatoires. Le fait de faire porter la facture énergétique aux consommateurs en est un dans la mesure où ces "cochons de payants" sont isolés et plus difficiles à mobiliser que les pêcheurs, les routiers ou les agriculteurs. Pourtant, pour le président de la République, il y a urgence à sortir de l'impasse. Comment pourra-t-il, en effet, transférer les responsabilités du conflit intérieur, de Paris à Bruxelles, quand c'est Nicolas Sarkozy qui devra arbitrer au nom de l'Europe ?
Cette situation paradoxale est loin d'être une exception. Un exemple local mérite d'ailleurs le détour. C'est Jean-Baptiste Lemoyne, le benjamin du conseil général de l'Yonne, qui l'illustre dans sa fonction de président de l'ADT (Agence de Développement Touristique). Héritier d'Henri de Raincourt, proche de Jean-François Copé en tant que secrétaire général du groupe UMP à l'Assemblée, ce jeune loup de la politique a plein d'idées. Il souhaite ainsi développer les formules de courts séjours en soulignant une progression de la demande depuis l'avénement des 35 heures. Quelle erreur, au moment où ses amis de l'UMP mettent tout en oeuvre pour détricoter lesdites 35 heures. Et d'être ainsi un frein au développement des courts séjours ? Passionné des nouvelles technologies, Jean-Baptiste Lemoyne pourra toujours essayer de développer le tourisme virtuel en surfant sur les écrans. Même pas besoin de gazole !
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Thursday 5 June 2008
Par Gérard Delorme,
Thursday 5 June 2008 à 00:25 :: General
22 mai 2008, 19 h 02, ce dernier message sur le site "dynamisme-avenir.fr" : "Suite à différentes pressions ce site est définitivement fermé. Merci à tous ceux qui m'ont soutenu pendant ces derniers mois". Ce faire-part de décès est signé Frédéric Parise, candidat malheureux aux dernières élections municipales de Saint-Florentin, par ailleurs co-responsable de la chute d'Yves Delot. Le candidat du centre droit a déposé un recours contre son rival UMP, en raison de son inéligibilité reconnue par le tribunal administratif de Dijon. Coupable d'avoir eu raison, Frédéric Parise serait donc réduit au silence. C'est vrai qu'il n'a pas commenté le résultat de son recours et qu'il semble se réfugier dans le mutisme.
De quelles pressions a-t-il pu être victime, lui qui est désormais présenté comme le responsable de la division de la droite (et des échecs qui vont avec) à Saint-Florentin ? L'histoire se répète. Jean-Louis Hussonnois n'a toujours pas digéré sa défaite à Auxerre en 2001. Plus près de nous (dans le temps) Joigny et Saint-Georges ont aussi fait la démontration que les divisions étaient autant de cadeaux faits à l'adversaire. C'est sûr, l'UMP a resserré les boulons pour tenté de sauver la dernière ville de droite. Ce sont les instances départementales qui ont pris les choses en mains et Frédéric Parise, comme Yves Delot, n'entrent pas dans les plans futurs.
Pour autant, il n'est pas inintéressant de se rappeler le contexte qui a précédé le scrutin à Saint-Florentin. Et plus particulièrement cette réunion de conseil municipal, au cours de laquelle Josette Chaboz, le maire en place, repoussa son propre budget. C'est son adjoint, Frédéric Parise qui le présenta et essuya le revers de ses colistiers de la majorité. Parce qu'en coulisses, Yves Delot, candidat déjà inéligible, était à la manoeuvre avec la complicité bienveillante de Josette Chaboz. Bien avant les élections l'UMP local avait fait la démonstration que les petits arrangements entre amis serviraient de toile de fond à la campagne. On connaît la suite.
Quelles que soient les raisons, les pressions subies par Frédéric Parise sont une atteinte à la personne et à la démocratie. Elles ne sont pas sans rappeler, toutes proportions gardées, ces agressions des forces de l'ordre arrachant le drapeau tibétain des mains des manifestants, sur le parcours de la flamme olympique. Ou ces stadiers confisquant les tee-shirts portés par des membres du comité de soutien à Ingrid Betancourt lors du récent match France-Colombie. Preuve que les droits de l'Homme - et les libertés qui vont avec - s'arrêtent là ou commencent le diktat politique et les intérêts économiques.
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Monday 2 June 2008
Par Gérard Delorme,
Monday 2 June 2008 à 01:00 :: General
Comment Yves Delot peut-il encore prétendre diriger la commune de Saint-Florentin ? De quelle légitimité dispose-t-il, aujourd'hui, pour engager les finances de la ville ? Va-t-il profiter des délais d'appel pour usurper un titre de maire acquis dans l'illégalité ? A Saint-Florentin, personne n'ose se prononcer tant l'industriel est imprévisible dans ses décisions comme dans ses colères. Il fonctionne suivant ses propres règles, réduisant ses colistiers au silence. Des colistiers entraînés dans la défaite puisque le tribunal administratif de Dijon ne s'est pas contenté de constater l'inéligiblité d'Yves Delot; il a annulé les élections. Tout simplement parce que le chef d'entreprise était le tête de liste et qu'il a mené toute sa campagne autour de sa personnalité. Ce qui a pu faussé le résultat.
Yves Delot a beau clamer qu'il (son entreprise) est le plus gros contribuable de Saint-Florentin, la justice administrative ne l'a pas entendu de la même oreille. Pas inscrit au rôle des contributions, pas éligible ! Yves Delot savait qu'il n'était pas en règle, sinon pourquoi aurait-il signé un bail avec sa belle-mère pour louer un garage ? Bail litigieux, signé le 29 décembre mais seulement enregistré le 28 janvier 2008. Pour autant, ce ne sont pas les seuls griefs reprochés au futur ex-maire de Saint-Florentin. Plus de 100 électeurs qui se présentent dans les bureaux du centre ville (qui vote à droite) sans pièces d'identité, des panneaux électoraux retirés lors du deuxième tour, dans le quartier de la Trecey (qui vote à gauche), sont autant de constatations prises également en compte par le tribunal administratif de Dijon pour annuler les élections.
En perdant sa légitimité, Yves Delot a aussi perdu sa crédibité. Ses amis s'éloignent et l'UMP chercherait déjà un autre leader pour conduire la future liste de droite aux municipales. L'industriel florentinois n'a plus rien à gagner dans un baroud d'honneur qui s'apparenterait à un combat d'arrière garde. Il doit rendre cette écharpe illégalement acquise. Sans chercher à mettre en cause les juges qui "auraient mal analysé la situation". On encore "tous ces politiques qui ont été élus maires en louant simplement un garage". Lesquels monsieur Delot ? Il paraît qu'il y en a qui sont aussi élus maires pour leur compétence et parce qu'ils habitent la commune dont ils ont la charge. Ne le répétez pas !
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Friday 30 May 2008
Par Gérard Delorme,
Friday 30 May 2008 à 09:22 :: General
La semaine dernière, le milieu politico-économique icaunais était réuni à Auxerre pour assister à une de ces grand-messes qui n'est pas sans rappeler la mission Yonne 2001 initiée par le conseil général. Le titre (Yonne 2015) ,déjà, est très proche. Mais c'est la Chambre de Commerce et d'Industrie de l'Yonne qui conduit, cette fois-ci, la réflexion sur l'avenir du département. Un rendez-vous annuel bien orchestré qui ouvre sur un montage vidéo, ne serait-ce que pour planter le décor. Avec, en guise d'objectif, ce slogan : "Vivre et travailler au pays", que l'on entendait plus facilement dans les rangs gauchistes ou syndicaux (ce sont souvent les mêmes) que dans les réunions du patronat. Heureusement que la manifestation n'a pas eu lieu à Joigny, sinon les élus locaux auraient pu le prendre comme une provocation.
Il est bien évident que le déménagement programmé du Groupe Géographique, ajouté à la fermeture de l'entreprise Stypen, ne va pas dans le sens de cette volonté affichée par les acteurs économiques. C'est plutôt la mobilité qui va être demandée à ces futurs demandeurs d'emploi, avec tous les désagréments qui vont avec : coût des déplacements, séparation familiale, logement et bien d'autres dégâts collatéraux. L'exemple de Tonnerre montre ce qu'il en est des grandes promesses de revitalisation des zones sinistrées. Cadeau empoisonné en tout cas pour la nouvelle municipalité de gauche, mise devant le fait accompli. Bernard Moraine et Nicolas Soret doivent se sentir bien seul devant un tel cataclysme économique, même si François Patriat, le président du conseil régional, vient de les assurer du soutien de la Région.
Pour Jean-Marie Rolland, le nouveau président du Département, "c'est plié !", selon sa propre expression. Marie-Louise Fort, député UMP de la circonscription, fait encore semblant d'y croire. Normal, puisqu'elle avait bâti toute sa campagne des législatives sur le fait qu'il valait mieux élire un proche de Nicolas Sarkozy, plutôt qu'un opposant pour être bien servi. Elle vient de faire une belle démonstration de son efficacité politique, efficacité qu'elle partage avec son suppléant, Julien Ortéga, ancien premier adjoint de Joigny, mais toujours conseiller général. Marie-Louise Fort et Jean-Marie Rolland n'auraient-ils plus leurs entrées à l'Elysée ? D'autres députés UMP ont plus de succès auprès du pouvoir en place. Regardez Nadine Morano qui est en train de sauver le 516è régiment du Train à Toul, alors qu'il était condamné. Et, toujours dans l'Est, le député UMP Michel Raison met son poids politique dans la balance pour maintenir la base aérienne de Luxeuil. Peut-être au détriment de celle de Dijon-Longvic deux villes dirigées par des socialistes. La preuve que tout n'est pas forcément "plié". Si ces exemples nous éloignent du projet Yonne 2015, ils doivent aussi alerter les décideurs sur le fait que la politique d'aménagement du territoire, version SarKozy, passe déjà par un déménagement des entreprises et une suppression des services publics. Autant de données qui ne sont pas forcément prises en compte dans cette réflexion "futuriste".
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Wednesday 28 May 2008
Par Gérard Delorme,
Wednesday 28 May 2008 à 19:16 :: General
France Bleue Auxerre et le Bien Public viennent de l'annoncer : Bertrand Delanoë sera à Avallon le dimanche 29 juin prochain. Un joli coup de la section socialiste d'Avallon et du maire de la ville, Jean-Yves Caullet, qui s'offrent une belle tête d'affiche pour une première Fête de la Rose. La venue du maire de Paris devrait braquer les projecteurs de l'actualité sur la cité morvandelle, dans la mesure où Bertrand Delanoë fait parti des hommes qui comptent au PS à moins de 6 mois du congrès de Reims. Il vient en tout cas de sortir des sentiers battus avec son livre "De l'audace !", ouvrage de réflexion dans lequel il se déclare "libéral et socialiste". Il n'en fallait pas plus pour que le mot "libéral", dans sa forme de nom ou d'adjectif, devienne le mot phare de la semaine.
Fustigé par Ségolène Royal, vénéré par l'UMP icaunais Patrick Desaint, le terme "libéral" a souvent été galvaudé parce que tout le monde s'en sert à propos de n'importe quoi. Il est bien évident qu'il n'a pas le même sens dans la bouche de Bertrand Delanoë, que dans celle de Patrick Desaint, porteur du libéralisme façon Madelin. Pour autant, si l'on en croit le dictionnaire, un libéral est quelqu'un de généreux, favorable aux libertés individuelles. Ce qui ne semble pas très loin des idées socialistes. D'ailleurs, un libéral n'est-il pas porteur des valeurs de gauche aux Etats-Unis ?
Ce jeudi ce sont deux ministres UMP, Xavier Darcos (Education) et Michel Barnier (Agriculture) qui vont occuper le terrain icaunais. Le premier s'intéressera à l'enseignement agricole, le second à l'élevage. Une double visite qui passera par la Puisaye et la Terre Plaine, pour finir à Chablis. Aux problèmes de fièvre catarrhale risquent de se greffer ceux du coût des carburants. Comme le mécontentement grandit aussi dans le secteur agicole, cette partie de campagne gouvernementale est beaucoup moins médiatisée que la sortie de Nicolas Sarkozy (Carla Bruni au bras), dès potron-minet, sur le marché de Rungis. "Chassez le naturel, il revient au galop", dit le proverbe.
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Friday 23 May 2008
Par Gérard Delorme,
Friday 23 May 2008 à 23:15 :: General
Sa modestie dut-elle en souffrir, tout le monde ne connaît pas Louis-Marcel Garriga. Pourtant la situation qu'il vient de vivre en l'espace de quelques semaines, est la parfaite illustration de l'inconstance en politique, des petits arrangements entre amis, des alliances contre nature mais pas sans compensation. Un petit retour en arrière est nécessaire pour mieux comprendre.
En mars dernier, Louis Marcel Garriga a perdu la mairie d'Asquins et, de ce fait, il n'a pas été désigné par sa commune pour la représenter au SIERA, le Syndicat d'électrification rurale de l'Avallonnais, qu'il présidait. Son ennemi intime, André Villiers, le nouveau maire et conseiller général de Vézelay, pensait bien hériter de cette présidence également convoitée par Jean-Claude Lemaire, conseiller général de l'Isle-sur-Serein. C'était compter sans le président sortant qui a pu prétendre à sa propre succession comme délégué de la commune de ... Dissangis. Manoeuvre gagnante pour Louis-Marcel Garriga qui pouvait, dans la foulée s'attaquer à la présidence de la fédération départementale d'électricité de l'Yonne, fédération regroupant l'ensemble des syndicats. Le coup était d'autant plus jouable que le président sortant, Jean-Noël Loury, était loin de faire l'unanimité, notamment dans les discussions de comptoir.
Nouvelle surprise puisque le conseiller général de Coulanges-la-Vineuse s'est largement imposé, ce vendredi, en obtenant 38 voix contre 9 à son adversaire. Donné battu, comme aux municipales, Jean-Noël Loury a retourné la situation en sa faveur, tout simplement en promettant des places de vice-présidence à ses soutiens. C'est ainsi que Denis Roycourt, l'adjoint au maire d'Auxerre, a hérité de la première vice-présidence au détriment de ce même Louis-Marcel Garriga. La vieille garde aussi a été récompensée, pour services rendus, puisque Michel Delprat et Michel Engelmann - qui ont connu l'éclairage à la bougie - ont également obtenu une vice-présidence. Faut bien les occupés les anciens !
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Monday 19 May 2008
Par Gérard Delorme,
Monday 19 May 2008 à 16:46 :: General
Dans l'Yonne, une femme sur cinq est maire de sa commune. Remarquable progrès qui témoigne de l'engagement des femmes dans la vie publique et surtout de la confiance que les citoyens leur accordent. Mais attention, ce chiffre doit être pris avec précaution car cette avancée paritaire est surtout significative dans les petites communes. Aucune des villes de l'Yonne (plus de 3500 habitants), où la parité est de fait, n'est dirigée par une femme. C'est encore pire au conseil général, que l'on a fait semblant d'ouvrir aux femmes en inventant une formule gadget, la suppléance. Faux semblant qui se traduit par une sous représentation féminine à l'assemblée départementale: 4 sur 42 ! Retenez bien leur nom : Monique Hadrbolec et Mireille Le Corre (Auxerre), Marie-Laure Capitain (Flogny-la-Chapelle) et Eliane Magne (Saint-Florentin). Même pas une vice-présidence et, surtout pas, une présidence de commission.
Mais il y a pire, dès qu'on s'éloigne de la démocratie directe, c'est à dire quand les présidents sont élus, non pas par les citoyens, mais par des délégués. C'est le cas dans les communautés de communes qui épousent, le plus souvent le contour du canton. Elles sont 29 dans l'Yonne et aucune femme n'occupe la moindre présidence. Et je ne parle pas des Pays, des syndicats d'électrification et autres syndicats à vocation ... masculine. Toutes ces petites chapelles, honnêtement rémunérées, sont confisquées par les "cumulards" de la politique. Ils sont, comme ça une dizaine, à tout diriger sur le royaume qu'ils se sont constitué. Vous voulez des noms ? Allons-y ! Au moins trois têtes de liste : Alain Drouhin, Patrick Gendraud et Jean-Noël Loury. Le premier est maire et conseiller général de Bléneau, président du Pays de Puisaye-Forterre, président de Domanys (ex-OPAC), autant de mandats qui cohabitent avec sa fonction de suppléant au député. Le second est maire de chablis, président de sa communauté de communes, président de commission au conseil général, sénateur remplaçant et, accessoirement, président départemental de l'UMP. Quant au troisième, il cumule les mandats de maire du Val-de-Mercy, vice-président du conseil général, président de sa communauté de communes, d'un syndicat d'électrification. En espérant, comme il doit lui rester un peu de temps, conserver la présidence de la fédération départementale des syndicats d'électrification.
Pas loin derrière ces rapaces du mandat électif, voici Maurice Pianon, le maire d'Yrouerre, deuxième vice-président du conseil général et tout nouveau président de la communauté de communes du Tonnerrois. En attendant celle du Pays Tonnerrois ? Dans le genre, Pascal Germain, le maire d'Annéot, n'est pas mal non plus. Président du Pays Avallonnais, il vient de prendre la présidence de la communauté de communes. Battu aux cantonales, en 2004, il a quand même conservé un poste au conseil général de l'Yonne ... Comme salarié. On pourrait encore citer Maurice Bramoulé et Michel Courtois qui règnent sans partage sur les cantons de Coulanges-sur-Yonne et Charny. Mais rassurez-vous, la gauche n'est pas en reste. Gérard Arnouts (Ligny-le-Châtel) et Christian Brière (Pont-sur-Yonne) sont aussi maire, conseiller général et président de leur communauté de communes. Comment voulez-vous, devant un tel constat, que le projet Balladur, sur le non cumul des mandats, ait une quelconque chance d'aboutir ? Et les femmes de pouvoir siéger ailleurs que sur les stapontins !
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