POLITIQUEMENT INCORRECT

POLITIQUEMENT INCORRECT

Par Gérard DELORME

dimanche 29 août 2010

Aux innocents les mains pleines

L'information vous a certainement échappé puisqu'elle est survenue en plein mois de juillet. Sans grande importance, elle n'en est pas moins significative puisqu'elle illustre la pratique du mélange des genres en Sarkozie. Elle concerne l'ancien footballeur de l'AJA, Basile Boli, figure emblématique du ballon rond, qui vient de démissionner de son poste de secrétaire national de l'UMP chargé du codéveloppement. Ou plutôt d'être démissionné depuis qu'il vient d'être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "abus de confiance" et "recel". Il est en effet soupçonné d'avoir détourné une partie de l'argent collecté par son association "Entreprendre et réussir en Afrique". Mais Basile Boli est forcément innocent puisque Sarko, lui-même, l'avait décoré de la Légion d'honneur en 2008. A trop fréquenter les riches, on finit par perdre les valeurs de l'argent.

C'est comme Eric Woerth, le ministre du Travail, pris les doigts dans les pots de confitures de Liliane Bettancourt. Le dossier est en train de refaire surface sur fond de trafic d'influence. Mais Eric Woerth nie tout en bloc puisqu'il est innocent. Tellement innocent qu'il a démissionné de son poste de trésorier de l'UMP qu'il menait en parallèle de sa fontion de ministre du Budget. Tellement étranger au mélange des genres que son épouse a aussi démissionné de la société qui gère la fortune de la milliardaire. Et le fait qu'Eric Woerth ait remis la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune, trois mois après le recrutement de Florence Woerth, n'est que pure coïncidence. Décidément, dans le Premier cercle, qui réunit les gros donateurs de l'UMP, le hasard fait bien les choses.

En ressortant le volet sécuritaire pour tenter de reprendre la main, le chef de l'Etat n'a fait que perdre en crédibilité. Son discours est éculé, ses méthodes critiquées de toute part. Il a entrepris ses premières séances de rétropédalage, désavouant son ministre du Budget à propos de l'APL versée aux étudiants. Et de déclarer (aussi) la guerre aux loups pour faire plaisir aux agriculteurs de montagne. Pas de réponses concrètes, en revanche, aux attentes des Français en matière d'emploi, de pouvoir d'achat, de retraite, de politique de santé ou d'éducation. Comme la rentrée sera chaude, je vais terminer mon propos sur une note de légèreté. Cette semaine, lors du match de coupe d'Europe entre Lille et Valsui (Roumanie) l'arbitre a expulsé un joueur roumain. Les mauvaises langues prétendent que les duettiste Hortefeux et Besson ont apprécié.

lundi 23 août 2010

Le va-t-en-guerre de la République

Ils n'ont pas dû être rassurés les touristes et autres vacanciers de tous poils qui ont posé leurs valises sur le territoire français. Un pays en état de guerre ! Oui, oui, c'est même Nicolas Sarkozy qui l'a déclarée la guerre, au beau milieu de l'été, alors que nos concitoyens se délectaient d'un feuilleton politico-financier dont les principaux rôles, Eric Woerth (ministre du Travail et futur ex-trésorier de l'UMP) et Liliane Bettencourt (deuxième fortune de France), auraient presque fait oublier les acteurs de "Plus belle la vie". Feuilleton dont l'intrigue reposait sur le mélange des genres et le conflit d'intérêt et mettait en scène de riches donateurs du parti du Président. Pas bon tout ça, surtout quand les retombées éclaboussent l'Elysée et son locataire.

Pour faire diversion, super Sarko va donc sortir sa botte secrète : la déclaration de guerre ! Une guerre nationale contre la délinquance. Avec une mesure phare, qui va bien concerner trois voyous au cours de l'année : la déchéance nationale pour tout Français qui n'est pas de souche (ça veut dire quoi ?) et qui aura tiré sur un poulet. De quoi terroriser les délinquants. Comme toutes les précédentes mesures qui n'ont pas apporté la moindre embellie à la politique sécuritaire du chef de l'Etat. Tout ça n'est pas très sérieux ! La preuve : sitôt la guerre déclarée, Sarko est parti en vacances au Cap-Nègre.

Bon, d'accord, les lieutenants sont restés sur le terrain, avec Le Figaro et la télévision d'Etat, pour assurer la propagande post déclaration. Avec une surenchère et un amalgame que les Hortefeux, Lefèbvre, Estrosi, Besson, Morano et autre Ciotti, pratiquent selon la plus parfaite indécence. La rafle des Roms, comme la prison promise aux parents de délinquants, ont choqué les défenseurs des droits de l'Homme. Et pas seulement ! Il s'est trouvé des voix pour s'élever contres ces méthodes d'un autre âge, y compris dans le camp de l'UMP et, aujourd'hui, au sein de l'Eglise. Tout ça pour gagner deux points dans les sondages. Quel gâchis !

Auxerre s'est aussi trouvé sous le feu des projecteurs après un échange de coups de feu dans le quartier Sainte-Geneviève. Il n'en faut pas plus pour que ce faits divers fasse les gros titres de l'Yonne-Républicaine et qu'un préfet zélé récite sa leçon en dénonçant le laxisme des maires de gauche en matière de sécurité. Pour Guillaume Larrivé (Monsieur Caméra de surveillance), le lieutenant de Brice Hortefeux, c'est du pain béni. Comme si la vidéo-surveillance pouvait remplacer la police de sécurité que Sarkozy a suppimée. Il reste que les policiers ont encore un bel avenir : ils peuvent facilement devenir Préfet de la République (pour peu qu'ils aient le profil shérif) ou surveillant dans un établissement scolaire. En revanche, ils sont de moins en moins nombreux dans les commissariats. Faut-il chercher ailleurs l'échec de la politique sécuritaire de Sarkozy ? Devant une telle agitation organisée, les Français ont pris le parti d'en rire. De guerre lasse ...

dimanche 18 juillet 2010

Turbulences

Si le temps est à l'orage sur la scène politique, c'est aussi un violent coup de tonnerre qui m'a privé d'internet pendant une semaine. Dommage parce qu'il y avait du grain à moudre. Déjà avec l'affaire Bettencourt-Woerth qui n'en finit pas d'illustrer le mélange des genres dans les affaires politico financières. Sarkozy a eu beau se contorsionner dans tous les sens, devant le complaisant Pujadas, pour défendre l'honneur de son ministre (donc le sien !) le manque de crédit du chef de l'Etat n'a pas retourné l'opinion. A vouloir laver plus banc que Christian Blanc, Sarko se prend les pieds dans les barils de lessive. Et c'est forcément parce qu'il considère qu'il n'a rien à se reprocher que Christian Woerth s'est engagé à abandonner la trésorerie de l'UMP. Et que son épouse a démissionné de la société dans laquelle elle avait été engagée pour s'occuper d'une partie de la fortune de Liliane Bettencourt. Dommage que, chaque jour, de nouvelles révélations ne viennent plomber un peu plus le ministre du Travail.

Orage dans l'air aussi du côté de Saint-Florentin où Yves Delot s'est montré égal à lui-même : cynique et méprisant avec ceux (ou celle, en l'occurence) qui ne partagent pas ses idées. Au moment de remplacer Gilbert Buhagiar à la tête de la communauté de communes du Florentinois. Un seul tour a suffi à Maxence Guillot, maire déléguée de Rebourseaux, pour renvoyer dans les cordes le maire du chef-lieu de canton. Le roitelet de Saint-Florentin n'a pas pu étendre son royaume, les conseillers communautaires ayant préféré le travail en équipe prôné par Maxence Guillot au discours "je-sais-tout, je-fais-tout" d'Yves Delot. Une contrariété qui a débouché sur une grosse colère et une défaite significative pour celui qui se verrait bien porter les couleurs de l'UMP aux prochaines élections cantonales.

Le calme est revenu, en revanche à Saint-Georges-sur-Baulches. Du moins en apparence ! Car l'élection au poste de maire de Crescent Marault ( le plus mal élu de la liste, avec le renégat Michel Bonnot) ne s'est pas faite sans tension. Réconfortés par le résultat, les anciens de l'équipe Moissenet se seraient bien vus aux commandes. Restés en retrait le temps de la campagne, d'aucuns prétendent qu'ils étaient prêts à sacrifier leur chef de file. Au nom de l'ancienneté ou des intérêts particuliers ? Toujours est-il que Crescent Marault va devoir apprendre à marcher sur les oeufs. Plus discrète a été l'élection d'Elise Villiers à la tête de la mairie de Pierre-Perthuis où elle succède à son sénateur de mari (délocalisé à Vézelay) après un intermède signé François Rougier. Avec un nouveau slogan pour le canton : deux Villiers sinon rien !

jeudi 8 juillet 2010

La main de Moissenet

Rien à voir avec la trop célèbre main de Thierry Henry. Non, la main de Moissenet c'est simplement un clin d'oeil aux élections municipales partielles qui reconduiront les habitants de Saint-Georges aux urnes, ce dimanche. En effet, les résultats du premier tour ont tendance à prouver qu'il a repris la main sur son électorat. Et même s'il n'est pas candidat, Hubert Moissenet a su placer ses pions sur la liste de droite conduite par Crescent Marault, qu'il s'agisse de Michel Girard, Michel Ducroux, Christian Bruneau, Guy Cassan ... autant de fidèles de l'ancien maire. Au moins ils offrent de la lisibilité à un électorat confronté à une nouvelle distribution des cartes.

Un électorat qui a quand même sanctionné les dissidents de la liste Valette (Adel Bouakline, François Charton, Jean Levêque et Catherine Sarrey) regroupés sur la liste, teintée à gauche, conduite par Jean-Pierre Mauplot. Le docteur Charton a beau considérer que le "sabordage" de l'ancienne équipe est une bonne chose pour Saint-Georges et la démocratie, les électeurs se font sans doute une autre idée du service que des élus doivent rendre à leurs administrés. Mais François Charton et ses comparses sont restés fidèles à leurs convictions et à leur volonté de servir les Baulchois. C'est tout à leur honneur. Il reste que leur retrait entre les deux tours, après avoir tenté des alliances contre nature, enfonce un peu plus le clou de l'incohérence.

On ne peut pas en dire autant de Michel Bonnot, l'ancien premier adjoint de Maurice Valette, dont le parcours en a surpris plus d'un. Il faut se souvenir qu'au départ (en mars 2008), Michel Bonnot s'était engagé auprès de Jean-Philippe Bailly, ennemi juré de l'ancien maire. Sur le plan stratégique, leur liste s'était rapprochée de celle de Maurice Valette entre les deux tours. L'alliance se fit sans ce même Bailly qui visait aussi le canton et qui était plombé par ses passes d'armes avec Hubert Moissenet. Et la paire Valette-Bonnot remporta les élections d'un cheveu. Là, c'est sur la liste des "Amis de Moissenet" (qu'il avait combattue deux ans plus tôt) que Michel Bonnot vient de trouver place, au prix d'un énorme grand écart. Les électeurs ayant du mal à suivre ces changements de direction, il se trouve donc à la remorque de la liste "S'unir pour Saint-Georges" (la bien nommée !). En attendant de se retrouver sur le carreau ?

Et Bailly dans tout ça ? Premier sur la ligne de départ, l'ancien secrétaire départemental de l'UMP pourrait bien se retrouver relégué sur la ligne d'arrivée. Coincé entre une liste beaucoup à droite et une liste un peu à gauche, l'éternel candidat a du mal à se faire une place au soleil de Saint-Georges. Prêt avant tout le monde, il a vu Michel Bonnot lui filer sous le nez pour rejoindre le camp ennemi. Hubert Moissenet n'est pas le dernier à lui savonner la planche. Tout comme Dominique Mary, la présidente de l'UMP, qui n'a pas manqué de faire savoir que Jean-Philippe Bailly n'était plus adhérent du Mouvement. Par les temps qui courrent, c'est plutôt une bonne nouvelle pour JPB. Quant aux Baulchois, ils n'ont plus le choix : ce sera droite ou ... droite. Bonjour l'abstention !

mercredi 7 juillet 2010

Y'a l'feu à l'Elysée

Les volutes de fumée des gros cigares de Christian Blanc ne suffisent pas à faire écran. Il y a bien le feu au Château et le chef de l'Etat ne trouve pas l'extincteur qui rendrait l'air de la contestation un peu plus respirable. Il a beau faire diversion en "démissionnant" le secrétaire d'état au Grand Paris et son collègue Alain Joyandet, afin de tenter de donner du crédit à son nouveau discours, tout le monde a bien compris que ces deux là sont le fusible destiné à protéger Eric Woerth pris dans la tourmente d'une affaire politico-financière. Les derniers rebondissements sont encore plus embarrassants pour Nicolas Sarkozy qui est directement visé par de nouvelles révélations.

Il avait annoncé un profond remaniement ministériel à l'automne. Il devra certainement anticiper car les départs de ses deux sous ministres ne suffisent pas à calmer l'opinion, à l'aube des vacances. A un moment où il demande aux Français de se serrer la ceinture. S'il avait voulu faire un exemple pour conforter son discours sur la République irréprochable, il aurait également débarqué la dépensière Rama Yade et les profiteurs du logement de fonction que sont Fadela Amara et Christian Estrosi. Mais la première est encore populaire (pour combien de temps ?), la seconde est un symbole et le troisième un ami. Blanc et Joyandet, en revanche ne représentaient qu'eux-mêmes, c'est-à-dire pas grand chose. Sacrifiés !

Touché en plein vol au plus mauvais moment, Eric Woerth est porté à bout de bras par ses amis de l'UMP, parce qu'il porte lui-même le lourd dossier des retraites. Et que sa démission du gouvernement aurait le plus mauvais effet sur une réforme que Sarko considère comme "la plus importante de son quinquennat". N'avait-il pas dit la même chose à propos de la taxe carbone, une invention tombée à l'eau depuis ? Dans le même temps François Baroin, le nouveau ministre du budget, annonce des coupes sombres dans les aides aux logements d'étudiants, à l'emploi à domicile et la réduction du nombre des emplois aidés. Sans toucher, naturellement, au bouclier fiscal qui permet aux plus riches de continuer à s'enrichir. Alors République irréprochable ou France des inégalités ? Toutes ces restrictions, face aux affaires de gros sous, pourraient bien finir par mettre le feu au pays.

mercredi 30 juin 2010

A chacun son austérité

 

Lire la suite

mardi 29 juin 2010

Roselyne m'a tué

Et voila, le fusible a sauté. Jean-Pierre Escalettes, le président de la fédération française de football, paye les pots cassés d'un Mondial raté. Avec la bienveillance du président Sarkozy, Roselyne Bachelot l'avait condamné avant qu'il ne soit jugé. Pratique courante dans la sphère élyséenne. Il fallait bien un coupable pour laver l'affront d'une expédition calamiteuse qui a tourné rapidement à l'affaire d'état. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, la ministre des Sports et le même président déchu (Escalettes, pas Sarkozy !) s'étreignaient devant les caméras du monde entier pour célébrer l'attribution de l'Euro 2016 à la France. Pitoyable ! Pitoyable comme Roselyne Bachelot jouant sur l'émotion pour se convaincre que son discours d'entraîneuse avait ému les Bleus jusqu'aux larmes. Avec le résultat que l'on sait.

Pour ne pas être en reste sur la scène de l'absurdité, le chef de l'Etat, en personne, a choisi de recevoir le grèviste le mieux payé de France (Thierry Henry)le jour où d'autres grèvistes battaient le pavé de la contestation avec tous ceux qui manifestaient contre la réforme des retraites. Ce n'est pas le moindre des paradoxes en cette semaine où la France du football et celle de l'Elysée ont manié la surenchère médiatique jusqu'à friser le ridicule. Avec, au bout du compte, des joueurs qui ont voulu parler pour ne rien dire. Comme ils ont su jouer à ... ne pas jouer.

La démission de Jean-Pierre Escalettes est un pis-aller qui ne règlera pas la situation du football français sans une profonde réforme. Avec l'arrivée des paris sportifs sur le marché des jeux (une belle aubaine pour les amis du Fouquet's !), c'est la main mise de la finance et des médias sur le sport. Des dérives qui ont réservé le même sort à l'Italie qu'à la France. Ce n'est peut-être pas un hasard. Sarkozy- Berlusconi, même combat, pour tenter de redorer leur blason par le sport. Il y a du chemin à parcourir. Les états généraux programmés à l'automne n'y changeront rien. Un artifice de plus pour occuper le terrain. Pourquoi pas aussi un Grenelle du football ? L'Assemblée nationale a d'autres sujets au feu, tellement plus importants pour l'avenir des Français, que celui des enfants gâtés du ballon rond. Quant au Président de la République, éclaboussé par les dépenses outrancières de membres du gouvernement, le voici qui appelle les ministres à quelques sacrifices. il est bien temps. Effets d'annonce et poudre aux yeux...

lundi 21 juin 2010

Pauvre France !

Il a bien eu raison Nicolas Sarkozy de voler au secours du football français pour que les instances européennes attribuent à notre pays l'organisation de l'Euro 2016. Et de marteler, histoire de grappiller quelques points dans les sondages : "Le football est une réponse à la crise !" Moins de trois semaines plus tard, c'est plutôt la crise qui est une réponse au football national. Ce qui se passe depuis quelques jours, dans la sphère de l'équipe de France est hallucinant. Honteux ! Révoltant, de voir ces joueurs multimillionnaires faire la grève de l'entraînement alors que leurs supporters se "saignent" pour aller dans les stades. Un rêve brisé ! Pire, un cauchemar !

En matière de "n'importe quoi" Roselyne Bachelot et Rama Yade avaient montré l'exemple, les deux membres du gouvernement Fillon n'ayant pas la même notion de l'indécence dès lors qu'il s'agit d'évoquer l'hôtel de luxe dans lequel les Bleus ont posé leurs valises en même temps que leurs états d'âme. Pauvre football. Pauvre France. Mais rien n'est perdu puisque la ministre des Sports (et de la Santé) a décidé de prolonger son séjour en Afrique du Sud jusqu'à mardi soir. Pour mieux panser les plaies ? Risible ! A  l'heure où le moral des Français est en berne, où la réforme des retraites est un non sens, où l'Etat serre la vis des collectivités, la société bling-bling de Sarko continue à alimenter les scandales : La chambre de luxe de Rama Yade, la mission à 9000 euros par mois de Christine Boutin, les appartements de fonction de Christain Estrosi, les cigares de Christian Blanc ... Mais à quoi sert-il le secrétaire d'Etat au Grand Paris ? Et Devedjian, le ministre de la Relance, il relance quoi ? En voilà des économies à faire. Supprimer un ministre sur deux. Comme les fonctionnaires ou les futurs élus régionaux et départementaux.

En fin de semaine, j'ai aussi eu des nouvelles d'un ami de Draguignan, comptant parmi les sinistrés des inondations. Agé de 54 ans, à la recherche d'un emploi depuis six mois, il a appris le même jour qu'il devrait travailler deux ans de plus. Pardon, qu'il serait chômeur deux ans de plus. Car à son âge on ne retrouve pas un emploi, quoi qu'en dise la présidente du MEDEF. Repousser l'âge de la retraite à 62 ans, c'est allonger la durée du chômage des seniors, c'est fermer un peu plus la porte de l'emploi aux jeunes qui ne cotiseront pas pour les retraites. Les vieux au boulot, les jeunes au chômage : c'est le monde à l'envers. Autant dire que, pour cette victime des intempéries et de la réforme des retraites, le comportement irresponsable des enfants gâtés du football national parait bien dérisoire.

lundi 14 juin 2010

Saupoudrage et poudre aux yeux

Quelle est la meilleure façon d'éviter Henri De Raincourt, le ministre des Relations avec le Parlement ? C'est de l'inviter, justement, le jour où il "relationne"  avec les parlementaires de tous poils et les membres du gouvernement. Le mardi et le mercredi. Député avisé, Jean-Marie Rolland le sait pertinemment quand le même Jean-Marie Rolland, président du conseil général, organise sa réunion des maires de l'Yonne. Pas question de lui faire de l'ombre le jour où il délivre ses ordonnances après la consultation géante : "l'Yonne que nous voulons". Une grand-messe dans une atmosphère pesante et l'assurance que le fossé se creuse un peu plus entre le ministre UMP et le député UMP, ce qui est loin de renforcer l'image départementale.

Il reste que les absents n'ont pas perdu grand chose dans la mesure où la distribution d'euros aux communes relevait plus du saupoudrage que du plan de relance économique. Les subventions, c'est comme la confiture : moins il y en a, plus on les étale. Illustration avec cette opération "200 villages", qui consiste  à aider les projets inférieurs à 10000 euros dans la limite de 50 %. Un bout de toiture par-ci, un espace vert par-là, cette aumone suscite la grogne chez bon nombre de maires qui n'y trouvent pas leur compte face à l'importance de leurs projets. Comme le maire des Sièges qui doit se faire à l'idée que les caisses du Département sont vides et qu'il devra patienter pour la réfection de son église.

Pris entre deux feux - la politique gouvernementale qui assèche les finances des collectivités locales et les maires qui ne peuvent plus répondre aux attentes de leurs administrés - Jean-Marie Rolland en est réduit à sortir des mesures gadget pour tenter de faire oublier les coupes sombres qui ont été engagées dans les budgets du sport et de la culture. Des places à l'AJA pour les collégiens, un chéquier jeune de 50 € pour que ces mêmes collégiens (les 3ème seulement) puissent accéder au sport et à la culture, une carte de réduction touristique, voici quelques exemples de ce qui est sensé revigorer et rendre attractifs nos territoires. Sans oublier ce coup de pouce aux jeunes conducteurs : 100 euros et une heure de conduite accompagnée. Quand on connaît le coup du permis de conduire, on imagine l'impact d'une telle mesure sur le budget des familles.

Plusieurs publi-reportages sont venus étayer les différentes actions mises en avant par le président du conseil général. Des figurants triés sur le volet comme l'enseignante de Vermenton et le moniteur d'auto-école de ... Vermenton, la ville de Jean-Marie Rolland. Pareil avec les conseillers généraux chargés d'apporter leurs témoignages. Exception faite de Jean-Luc Dauphin, qui s'est pris les pieds dans le tapis des subventions au patrimoine et Jean-Baptiste Lemoyne, qui était le mieux placé pour parler tourisme, ils étaient tous (Migennes, Chablis, Guillon, Flogny-la-Chapelle, Cruzy-le-Châtel), élus de la deuxième circonscription, celle du député Jean-Marie Rolland. Une simple coïncidence.

jeudi 10 juin 2010

Saint-Georges, comme Joigny ?

Les Baulchois vont donc revoter début juillet. L'imbroglio municipal n'a que trop duré et le ministère de l'Intérieur a sorti le clap "fin". Pas question d'attendre une hypothétique démission collective, tant la méfiance habitait les deux camps. Maurice Valette, légalement élu en 2008, mais avec une seule voix de majorité, n'a jamais pu gouverner. Sa méthode (ou plutôt son absence de méthode) y est surement pour quelquechose dans le rejet de son conseil municipal. Lâché par quelques uns de ses colistiers, privé de tout pouvoir de décision, en dehors de ses pouvoirs de police, cet ancien ingénieur en retraite n'a pu faire avancer aucun dossier, ni prendre la moindre délibération. Pour autant, Maurice Valette n'a rien voulu lâcher bien que son obstination lui ait fait cotoyer l'enfer. Ses opposants, par leur comportement, se sont avérés tout autant irresponsables. Sinon plus !

Les nouvelles élections vont-elles ramener le calme dans la riche banlieue auxerroise ? Rien n'est moins sûr, car les plaies sont loin d'être refermées. Et la campagne du printemps 2008 est encore dans toutes les mémoires. Comme à Joigny, l'UMP s'est présentée divisée. Comme à Joigny, elle a perdu les élections. Et, comme à Joigny, elle pourrait bien ouvrir les portes de la mairie à la gauche. Hubert Moissenet, l'ancien maire et Jean-Philippe Bailly qui s'était vu, trop tôt, enfiler le costume de dauphin, ne sont pas reconciliés. Le premier est rangé des élections mais il ne va pas manquer d'avancer quelques pions, surtout s'il peuvent empêcher Jean-Philippe Bailly d'aller à dame. Ce dernier, en tout cas, est déjà sur la ligne de départ. Et il compte bien jouer les chevaliers blancs, lui qui n'a pas été mêlé (grace aux électeurs qui l'ont rejeté) à la caricature du débat municipal. 

Jean-Philippe Bailly n'a pas renouvelé son bail avec l'UMP quand les militants de l'Yonne ont élu Dominique Mary à la présidence, au détriment de Patrick Gendraud, mais il a toujours une étiquette de droite libérale qui lui colle à la peau. Il reste aussi sur plusieurs échecs et ses alliances à géométrie variable ne favorisent pas sa crédibilité. Mais il rêve d'occuper la fonction et, pour y parvenir, il est prêt à réaliser un large rassemblement. Mais avec qui ? Michel Bonnot, son ancien co-listier qui avait rejoint Maurice Valette entre les deux tours ? Mais qui n'est peut-être pas prêt à jouer à nouveau les seconds couteaux. Michel Ducroux ? Trop proche d'Hubert Moissenet. Christian Billebault, un centriste de droite qui était déjà sur la ligne de départ en 2008 ? Autant de tête de listes potentielles qui n'entendent pas forcément installer J-PB en pôle position.

Et puis il y a Maurice Valette, lui-même, qui n'a pas renoncé à sa propre succession. Les Baulchois n'ont pas apprécié l'obstruction systématique de ses opposants qui ont bloqué le fonctionnement de la collectivité. De ce fait, le maire sortant, présumé coupable des dysfonctionnements, peut aussi se présenter en victime, voire en martyr. Mais le plus probable c'est que les "démissionnés" de tout bord soient victimes d'un phénomène de rejet de la part de la population. Ce qui pourrait faire les affaires d'une équipe nouvelle n'ayant pas trempé dans ces querelles de clocher. Une équipe ancrée à gauche, mais pas trop. Martine Vallé, la suppléante du conseiller général Guy Paris, a le profil. Son élection renforcerait leur ancrage dans le canton. Tout ça n'est que supputation, évidemment.

mardi 8 juin 2010

Les coqs en pâte

Comme l'équipe de France de football se montre peu convaincante sur le terrain, le curseur médiatique se déplace dans les coulisses, plus exactement en direction de l'hôtel de luxe qui héberge les Bleus en Afrique du Sud. La surprise vient du fait que ce soit la secrétaire d'état aux sports qui ait donné du grain à moudre aux amateurs de petites phrases. Rama Yade appelant les instances dirigeantes du foot à la décence, au moment où Nicolas Sarkozy fait du ballon rond un remède anti crise, voilà qui fait désordre. Et qui justifie, pour le moins, l'intervention de Roselyne Bachelot, sa ministre de tutelle, pourtant vaccinée contre l'indécence depuis sa gestion économique de la grippe A. Bonjour la cacophonie !

Il n'en demeure pas moins que Rama Yade a raison sur le fond. Qu'au moment où la majorité des Français doit se serrer la ceinture, l'étalement des dépenses somptueuses d'une cinquantaine de privilégiés a de quoi choquer. En revanche, que celà vienne d'un membre du gouvernement au moment où les Tricolores sont déjà dans la compétition (du moins on l'espère !) relève d'un manque de professionnalisme manifeste. Preuve que Rama Yade est un sous-ministre gadget, comme l'a été Rachida Dati et comme Fadela Amara continue de l'être .

Mais ce n'est pas la première fois que la Fédération Française de Football est gagnée par la folie des grandeurs. Souvenez-vous, ces repas à la romanée-conti du président Simonnet, réglés aux frais de la princesse. Son successeur Jean-Pierre Escalettes, pourtant issu du football amateur, a vite oublié d'où il vient, pour se laisser entraîner dans l'effet bling-bling d'un autre football. Aujourd'hui ce sont bien les petits clubs, largement ponctionnés par la fédération qui sont les principales victimes de cette politique de la démesure. Ce sont eux qui rament pour boucler les fins de mois, pour payer les éducateurs, pour dédommager les bénévoles. Oui, ceux là ont de quoi s'interroger sur le choix du luxe réservé à l'élite. En football aussi le fossé ne cesse de se creuser entre ces deux mondes.

dimanche 6 juin 2010

C'est la reprise !

Donc, je vous ai manqué ! Plus d'un mois sans billet c'est en effet frustrant  pour tous ceux, en mal d'écriture, qui n'attendent qu'une réflexion contraire à leurs idées pour déverser leur rancoeur sous le couvert, bien pratique, de l'anonymat. Ce blog permet de jeter un regard sans concession sur l'actualité politique nationale et surtout régionale. C'est une espace de débat, de confrontation d'idées. Pas un déversoir d'insultes. Tout propos outrageant finira désormais à la poubelle. Outrageant comme ceux qui ont valu au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, d'être condamné pour injure raciale. Ah, ces "Auvergnats", quand ils sont nombreux ... L'ami de Sarko a donc eu un écart de langage. Passons. Mais sa défense est affligeante. Pas mieux du côté de son directeur de cabinet adjoint, l'élu auxerrois Guillaume Larrivé pris, lui aussi, les doigts dans le pot de confiture. Ou plutôt surpris, à Auxerre, dans une voiture de fonction avec chauffeur, sans être en mission ministérielle. On croyait que les différents ministères devaient se serrer la ceinture. Mais comme l'exemple vien d'en-haut ...

Rassurez-vous, je n'ai pas consacré ce mois de mai à réfléchir sur les primaires au parti socialiste, pas plus qu'au cumul des mandats. Le PS n'a pas besoin de moi pour se tirer une balle dans le pied, alors que la politique de Nicolas Sarkozy est rejetée par deux Français sur trois. Quant au cumul des mandats, il concerne aussi bien la droite que la gauche. Le PS a au moins le mérite d'avoir ouvert la réflexion. On ne peut pas en dire autant du côté de l'UMP et du Nouveau centre. Regardez François Sauvadet, le chef de file de la droite bourguignonne aux Régionales qui a démissionné après avoir sollicité les suffrages des Bourguignons. Mais c'est surtout la réforme territoriale et la diminution du nombre d'élus qui inquiète les petits notables ruraux.

Pourtant les sujets n'ont pas manqué. A commencer par le numéro de Sarko, à Genève, lors de l'attribution à la France de l'Euro 2016 de football. Grotesque ! Il n'aurait jamais fait le déplacement s'il n'avait pas eu l'assurance, auparavant, que la France serait l'heureuse élue. Une intervention aussi décisive que pour la libération des infirmières bulgares, celle d'Ingrid Bettancourt ou de Clothilde Reiss. Un coup médiatique qui n'a même pas fait remonter sa cote de popularité. Le football, un remède (en 2016 !) contre la déprime des Français ? Un facteur de relance de l'économie ? Celà se saurait. Un moyen, surtout, d'endetter un peu plus le pays. Un vrai cadeau empoisonné. Regardez la situation de l'Angleterre qui va devoir multiplier son budget par 4 pour organiser les JO de 2012. Des Jeux Olympiques qui ont contribué à mettre la Grèce à genou.

La retraite et l'école sont deux autres sujets qui ont marqué le printemps. "La retraite au delà de 60 ans, ce n'est pas un engagement que j'ai pris devant les Français", avait pourtant affirmé le chef de l'Etat, le 2 mai 2007, devant le MEDEF. Promesse oubliée ! Le chômage ne cessant d'augmenter, notamment chez les plus de 50 ans, les demandeurs d'emploi vont donc toucher les Assedic plus longtemps. Et creuser un peu plus les déficits. Du côté de l'école, on a un expert en mathématiques, le ministre Luc Châtel. Problème de certificat d'études : en supprimant des professeurs et des écoles, comment assurer les scolarité d'un nombre constant d'élèves ? En mettant un élève de plus par classe, pardi ! Une trouvaille qui va relever le niveau. Tout aussi absurde, le fait de réserver les après-midi aux activités sportives, une pratique sur laquelle les Allemands sont en train de revenir. Comme il n'y aura plus assez d'instits et encore moins de profs de gym, il faudra faire appel à des éducateurs mis à disposition par les collectivités. C'est quand même mieux que les gendarmes à la place des surveillants. Elle est pas belle la vie !

lundi 26 avril 2010

Niqab et nibards

Si l'on en croit les grands médias nationaux, l'information de la semaine, c'est la verbalisation de cette femme qui conduisait sa voiture alors qu'elle portait un niqab. Pour le policier zélé, le fait de porter un voile intégral qui dissimule tout sauf les yeux, vaut procès verbal pour "circulation dans des conditions non aisées". Dans le même temps, un automobiliste espagnol se voyait retirer trois points sur son permis pour avoir été surpris à conduire avec une seule main sur le volant ( ... avec l'autre il se masturbait !). C'était notre rubrique "Bas les masques et haut les mains !". Comme la dérision n'a pas de limite, la police enquête aussi dans les milieux parisiens du proxénétisme. Et les mêmes médias d'en faire les gorges chaudes puisqu' un coq tricolore est impliqué pour ses relations extraconjugales avec une poule de luxe qui n'hésite pas, elle, à dévoiler ses nibards. Femme voilée ou dévoilée, on ne sait plus à quels seins se vouer.

Il reste que le port du niqab est en train de devenir une affaire d'Etat. Surtout depuis que Brice Hortefeux, le premier flic de France, a demandé au ministre de l'Immigration, l'inimitable Eric Besson, de s'occuper du conjoint de l'automobiliste voilée, soupçonné de polygamie et de fraude aux aides sociales. Une mise en scène de l'action sécuritaire développée par Nicolas Sarkozy afin de reconquérir l'électorat d'extrême droite. Peine perdue pour un chef de l'Etat qui n'a plus de crédibilité auprès de la majorité des Français. Le débat sur le port du voile est une instrumentalisation supplémentaire qui permet de détourner le citoyen de ses préoccupations quotidiennes. Dans sa politique de rustines, Sarko promet des forces de l'ordre dans les écoles et dans les transports alors que, dans le même temps, des coupes sombres sont effectuées dans les effectifs de police.

Quand ce n'est pas la sécurité qui est mise en avant, c'est le principe de précaution. Dernier exemple en date avec tous ces avions cloués au sol suite à l'éruption du volcan islandais, alors que des vols tests ont prouvé qu'il n'y avait aucun danger. D'où une cacophonie en matière de communication et un art consommé du rétropédalage gouvernemental. Ce qui s'est passé sur la côte atlantique, dans les communes sinistrées de Vendée et de Charente Maritime en est la plus belle illustration. Avec un Dominique Bussereau, ministre des Transports, ne tenant pas le même discours que Dominique Bussereau, président du conseil général de Charente. Le vrai principe de précaution eut été d'interdire les constructions en zones inondables ou d'entretenir les digues. Pas de raser aujourd'hui ce qui a été permis hier. On en aurait presque oublié la vaccination contre la grippe A qui a connu aussi un véritable fiasco. Au nom du même principe ...

 

mercredi 7 avril 2010

Le vote insolent

Sans avoir des affinités particulières avec le député Jean-Marie Rolland, on pouvait au moins lui reconnaître la constance dans ses idées. Un parlementaire UMP bien dans le moule sarkozyste, capable de justifier dans l'Yonne ses votes à l'Assemblée nationale. La suppression des tribunaux de Joigny, Tonnerre et Avallon, la fermeture du Groupe Géographique de Joigny, la pénurie de personnel soignant dans les hôpitaux de proximité, le vaccin contre la grippe A (photos à l'appui), les classes sans professeurs suite au non replacement des fontionnaires, le Pôle emploi qui manque de bras et de moyens ... , tout celà Jean-Marie Rolland a assumé sans broncher ... jusqu'au résultat des élections régionales.

Un vote sanction pour la droite, vote qui a eu pour effet d'activer le syndrôme de la girouette. Dans un département où les éoliennes ont du mal à s'implanter, le président du conseil général a décidé de prendre le sens du vent en demandant, avec douze autres députés de droite, la suppression du bouclier fiscal. La mesure la plus impopulaire de Nicolas Sarkozy est tenue en grande partie pour responsable de la défaite aux régionales et les élus de terrain ont compris qu'il y avait urgence à tenter de se refaire une virginité avant les prochaines échéances électorales. La droite étant largement minoritaire dans le canton de Vermenton, dont il est conseiller général et dans la deuxième circonscription, dont il est le député, Jean-Marie Rolland est aux abois.

Une raison suffisante pour condamner aujourd'hui la loi la plus injuste qu'il avait pourtant votée à l'Assemblée, il y a moins de 3 ans. Trois ans pour se rendre compte que les bénéficiaires du bouclier fiscal se voyaient rembourser la CSG et la CRDS. C'est tout ? C'est grave docteur une telle erreur de diagnostic. Remarquez, le député de l'Yonne ne devrait pas jouer les francs-tireurs très longtemps. Avant lui, le sénateur Pierre Bordier avait emboîté le pas à Jean-Pierre Raffarin pour critiquer la réforme  des collectivités locales. Avant de voter ladite réforme, comme un seul homme, avec les sénateurs UMP. Gageons que le mouvement d'humeur de Jean-Marie Rolland soit aussi sans conséquence. Qu'en pensent ses collègues députés Marie-Louise Fort et Jean-Pierre Soisson ? Ce retournement prouve au moins que le vote des électeurs a été entendu, quoi qu'en dise Nicolas Sarkozy. Preuve est faite que le meilleur moyen de faire reculer la droite et sa politique des inégalités, c'est bien de voter à gauche.

vendredi 2 avril 2010

Rolland débordé au centre ?

Il n'y a pas que chez les ministres ou les parlementaires UMP que la grogne monte après le cuisant échec aux Régionales. Dans les départements aussi, où les conseillers généraux de la majorité se font quelques soucis pour l'échéance du printemps 2011. Certes le poids des notables locaux doit être pris en considération, mais les dégâts colatéraux de la politique gouvernementale vont laisser quelques trainées roses sur certains territoires. Le premier d'entre eux, Jean-Marie Rolland, n'est pas le moins menacé. Malgré tous les moyens qu'il a pu mettre dans son canton de Vermenton, ses administrés ne lui pardonnent pas - si l'on en juge par les résultats de la liste de droite - son soutien à la politique de Nicolas Sarkozy.

De quoi le fragiliser un peu plus à un moment où la famille UAY (Union pour l'Avenir de l'Yonne), qui rassemble au delà de l'UMP, a des états d'âme. Certains conseillers, renouvelables dans moins d'un an, ont compris que le maillot du Mouvement serait difficile à porter, même à la campagne, là où les citoyens sont très attachés à la sauvegarde des services de proximité. On ne va pas tarder à voir se former un groupe centriste qui pourrait passer, dans un premier temps, par la case Nouveau Centre, où siège déjà le sénateur André Villiers. Un groupe au sein duquel on pourrait retrouver Alain Drouhin, Pascal Bourgeois, Julien Ortéga, Jean-Claude Leroy, Maurice Pianon, entre autres.

Le conseiller général de Tonnerre n'a d'ailleurs pas attendu les résultats du dernier scrutin pour exprimer son désaccord sur la politique de rigueur du président Rolland, convaincu qu'une telle politique n'est pas un facteur de relance de l'économie. En effet, en novembre dernier, lors d'une réunion de l'UAY, Maurice Pianon n'a pas manqué d'alerter sur le fait que "les entreprises d'une vingtaine de salariés seront menacées par la remise en cause de la politique départementale. Les problèmes seront difficiles à résoudre et la restriction ne sera pas une solution efficace pour les surmonter". On ne peut pas être plus clair. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, le même président Rolland s'était fait l'ambassadeur des plans de relance par l'investissement. Les années se suivent, les discours s'adaptent.

Mais Jean-Marie Rolland a un bon lieutenant qui sait trouver les mots pour mieux faire avaler la pilule. Le lettré Jean-Luc Dauphin, lors de la même réunion des élus UAY, avait mis en garde ses collègues : "Il ne faut surtout pas paraître freiner le développement de l'investissement". Et de parler de budget de "saine gestion" plutôt que de "rigueur". Et comme il ne manque pas de vocabulaire, le premier vice-président du conseil général en a rajouté une couche, début mars, lors du vote dudit budget : "C'est un budget de convalescence qui permettra au Département d'être en bonne santé". Grâce au vaccin contre la grippe A ? Et d'égratigner au passage Henri de Raincourt en soulignant que "le Département a peut-être connu quelques excès d'autorisation de programmes par le passé". Un Raincourt qu'il a boudé lors de la campagne des Régionales, aussi bien à Sens qu'à Villeneuve-sur-Yonne. C'est Cyril Boulleaux, son adversaire politique, qui se frotte les mains. Il sait qu'il pourra compter sur un appui ministériel lors des prochaines cantonales. Mais Jean-Luc Dauphin n'a-t-il pas déjà déserté Villeneuve-sur-Yonne ?