mardi 30 juin 2009
Par Gérard Delorme,
mardi 30 juin 2009 à 01:56 :: General
Elle était bien la seule à y croire, Elisabeth Gérard-Billebault, dans le combat qu'elle a mené face à Jacques Hojlo pour succéder à Mireille Le Corre dans le canton d'Auxerre Nord-Ouest. Elle, et sans doute Jean-Marie Rolland, le président du conseil général, qui avait battu le rappel mais qui n'en finit pas d'accumuler les défaites. Après Avallon, Pont-sur-Yonne, c'est au chef-lieu que son candidat a pris une nouvelle déculottée. EGB a beau considérer que la légitimité du candidat socialiste est discutable, en raison de la faible participation (20 %), la médiocrité de son propre score est en revanche indiscutable.
Il faut dire que l'on ne s'est pas bousculé au portillon, dans le camp de la droite auxerroise, pour mener ce combat perdu d'avance. Et Elisabeth Gérard-Billebault qui disait que "l'UMP n'était pas sa tasse de thé", avant de rallier Dominique Mary, la présidente de ... l'UMP, n'était pas le candidat le plus pertinent. Il reste que son coup de barre à droite l'a menée directement au fossé. Un résultat qui conforte ainsi Guy Férez dans sa politique municipale et qui fragilise Dominique Mary à la tête du parti du président. Heureusement qu'elle n'aura pas à gérer les candidatures de l'UMP aux régionales (c'est Paris qui décide), sinon c'était la migraine garantie. Car ils sont déjà tous sur la ligne de départ les Guillaume Larrivé, Jean-Baptiste Lemoyne, Alain Drouhin et autres Eric Gentis et Dominique Mary elle-même.
Le conseil général étant à nouveau complet, c'est vers d'autres secteurs chauds que vont se tourner les projecteurs de l'actualité politique. A Joigny bien sûr, où l'on attend la décision du conseil d'Etat dans les prochaines heures. A Saint-Florentin, où Yves Delot continue à régner malgré son inéligibilité en 2008. Mais aussi à Saint-Georges où Maurice Valette se trouve de plus en plus isolé. Un maire sans pouvoir, devenu minoritaire, mais qui s'accroche au mandat que les Beaulchois lui ont confié. La seule solution pour sortir de la crise passe par une démission collective. Mais, dans cette partie de poker menteur, chacun hésite à abattre ses cartes car de nouvelles élections présentent une part de risque non négligeable. D'autant qu'en coulisses les grandes manoeuvres ont commencé, autour des battus d'hier. Il y a de la revanche dans l'air !
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vendredi 26 juin 2009
Par Gérard Delorme,
vendredi 26 juin 2009 à 00:34 :: General
Est-ce l'approche des élections régionales et l'idée d'une nouvelle candidature à la tête de la liste UMP de l'Yonne ? Toujours est-il que Jean-Pierre Soisson occupe le terrain. Un jour pour se féliciter des bons résultats du parti du Président aux élections européennes (tu parles !). Le lendemain pour tresser des lauriers à Nicolas Sarkozy ... Et le voilà qui réapparaît sur la scène locale pour venir soutenir la candidate de la droite aux élections cantonales, à Auxerre. Il a même forcé le trait dans un appel caricatural à la mobilisation, appelant tous ces Auxerrois, qui avaient l'habitude de voter pour lui, à montrer qu'Auxerre n'était pas une ville de gauche. S'il n'avait pas la mémoire courte, le Jean-Pierre se serait souvenu que c'est bien lui, Jean-Pierre Soisson, qui a été devancé dans sa propre ville, aux législatives de 2008, par Mireille Le Corre. Ah, les ingrats !
Il semble, cependant qu'il n'ait pas répondu spontanément à l'appel au rassemblement de toutes les forces de droite, lancé par le président du conseil général en personne. Mais en faisant le service minimum, JPS n'a pas forcément rendu service à Elisabeth Gérard-Billebault. Surtout que ses précédents soutiens à Dominique Mary aux municipales, à Pascal Henriat aux cantonales et à Patrick Gendraud pour la présidence de l'UMP, se sont soldés par autant d'échecs. Décidément la valeur Soisson est en baisse. A moins qu'il ne soit plus proche, à Auxerre, de la municipalité en place que d'une droite divisée et sans leader. La preuve, c'est au moins un cinquième couteau que l'UMP a été chercher pour s'opposer au candidat du PS.
Elle est gentille Elisabeth Gérard-Billebault mais elle n'a pas de culture politique. Plus à droite qu'à gauche, elle cherche refuge au centre pour faire croire qu'elle est ailleurs. Alors elle enfile le maillot de l'UAY, la contremarque de l'UMP (pas facile à porter dans les quartiers populaires), pour partir en campagne. Comment voulez-vous que l'électeur s'y retrouve. Résultat : un taux d'abstention record qui vient confirmer localement, le désintérêt que les Français ont exprimé lors des européennes. Dimanche Jacques Hojlo sera conseiller général, EGB aura vécu une expérience personnelle, la droite sera toujours majoritaire au conseil général et les Auxerrois resteront confrontés aux problèmes d'emploi. Et Soisson trouvera bien une nouvelle occasion de faire parler de lui. Quant à Guillaume Larrivé, le leader parisien de la droite auxerroise, il ne va tarder à nous informer qu'il à suivi son mentor, Brice Hortefeux, au ministère de l'Intérieur. Ou pas ...
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mercredi 24 juin 2009
Par Gérard Delorme,
mercredi 24 juin 2009 à 01:11 :: General
Par ricochet, en tant que suppléant du sénateur Henri de Raincourt qui vient de faire son entrée au gouvernement, André Villiers va rejoindre le palais du Luxembourg. L'information peut paraître secondaire, mais elle n'est pas anodine dans le paysage politique icaunais. André Villiers sénateur, voilà qui va sérieusement agacer son ennemi intime, Jean- Marie Rolland, le président du conseil général de l'Yonne. D'ailleurs le conseiller général de Vézelay ne se prive pas de dire, à qui veut bien l'entendre, "qu'il vaut mieux avoir un ministre de l'Yonne que de faire venir des ministres dans l'Yonne". Allusion à peine voilée à la méthode JMR qui pratique le plan de relance médiatique permanent en accueillant sur ses terres ( et de préférence son canton de Vermenton) les Devedjian, Bachelot et autres Darcos. De la politique poudre aux yeux pour tenter de faire oublier les chiffres désastreux en matière d'emploi.
Loin des turbulences départementales Henri De Raincourt a donc franchi le pas. Il est devenu ministre. Souvent cité au rang des ministrables, le patron du groupe UMP au Sénat avait toujours refusé, notamment l'Agriculture qui ne correspondait pas à son tempérament ... d'agriculteur. Dominique De Villepin l'avait également approché pour lui confier les départements d'Outre Mer, en référence à ses connaissances de la Martinique et de la Guadeloupe. Mais il ne s'agissait que d'un secrétariat d'Etat. Cette perspective est revenue d'actualité mais Nicolas Sarkozy, qui appréhende son retour dans les Antilles, a préféré préserver ses arrières en confiant le poste à une fille des Iles.
Le voici donc chargé des Relations avec le Parlement. Un ministère piège comme a pu s'en rendre compte Karoutchi qui a joué les fusibles. C'est aussi difficile de gérer 500 parlementaires UMP, entre deux assemblées, que des journalistes au sein d'une rédaction. Henri De Raincourt le sait et il aurait sans doute préféré un autre portefeuille. Mais son expérience au Sénat, où il maîtrise bien son groupe UMP, a du dicter le choix de Nicolas Sarkozy. Une question subsidiaire : Henri De Raincourt va-t-il faire une offre de reprise à Eric Gentis, son ancien directeur de cabinet au conseil général de l'Yonne ? Les deux hommes sont très proches et l'entrée dans un ministère peut servir de marche-pied à Eric Gentis qui pourrait viser un mandat politique à Sens ou dans le Sénonais.
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mercredi 3 juin 2009
Par Gérard Delorme,
mercredi 3 juin 2009 à 23:38 :: General
Au moins les élections à Joigny suscitent de l'intérêt si l'on en croit les nombreux échanges, pas toujours courtois mais courageusement anonymes, qui trouvent place sur ce blog. Je continue à penser que la décision du conseil d'Etat, si elle amène les Joviniens à revoter, est une profonde injustice. Tout simplement parce qu'elle pénaliserait, non pas les deux camps de droite qui se sont déchirés le temps d'une campagne (Et manifestement ce n'est pas fini !), mais l'équipe de gauche qui a été placée en tête par les électeurs. Tout près de là, à Saint-Florentin, le candidat UMP Yves Delot, pourtant déclaré inéligible, continue à siéger en toute impunité. Alors dire, qu'en Sarkozie, la justice est indépendante, relève de la provocation.
Mais c'est un autre scrutin qui fait l'objet de mon propos aujourd'hui : les élections européennes. Une élection qui ne passionne personne, aussi bien en France que dans les autres pays de la Communauté. Aussi, dimanche, près de deux Français sur trois devraient bouder le vote. D'abord parce que leur préoccupation est nationale. C'est leur quotidien qui les intéresse; leur emploi et leur pouvoir d'achat en priorité. Les politiques eux-mêmes ont été bien incapables d'élever le débat, chacun des leaders se plaçant déjà dans la perspective de 2012. La palme de la supercherie revient une fois de plus à Nicolas Sarkozy qui agite l'épouvantail de l'insécurité pour tenter de faire oublier les fermetures d'usines et les suppressions de postes dans la fonction publique.
L'indifférence repose aussi sur la méconnaissance des candidats. Savez-vous, par exemple, qui est Laetitia Mouquot ? Non, bien sûr ! Elle est conseillère municipale à Bléneau et défendra les couleurs de l'UMP, sur la liste du grand Est, en 18è position. Une candidature qui va certainement autant mobiliser les foules que Frédéric Lacave, conseiller municipal de Domats, aussi mal placé, sur la même liste, lors du précédent scrutin. Les parlementaires de l'Yonne étaient pourtant montés au créneau pour affirmer qu'ils auraient leur mot à dire dans la désignation des candidats UMP. Ah bon ! Remarquez, ce n'est pas mieux à gauche. Les socialistes Safia Otokoré et Mireille Le Corre ont renoncé parce qu'elles n'ont pas trouvé place en position d'éligible. Le fait qu'il y ait, sur ces listes, plus de figurants que d'acteurs, contribue à leur retirer de la crédibilité aux yeux des électeurs. Outre Laetitia Mouquot, l'Yonne sera représenté par Patrick Moreau, le maire de Foissy-les-Vézelay (Debout la République), l'élu du Front national Edouard Ferrand et la villiériste auxerroise Marie-Jeanne Bontemps.
La campagne électorale est au diapason. Il suffit de regarder les messages qui passent à la télé pour ne pas avoir envie d'aller voter. Des spots publicitaires qui relèvent plus d'une marque de lessive que d'un slogan politique. Notamment celui de l'UMP où les femmes ont même des voix d'hommes, celles de Michel Barnier et de Xavier Bertrand. Ridicule ! Pas plus ridicule que la position du parti radical de gauche qui " place le citoyen au coeur de son programme", selon Patrice Hello le nouveau président du PRG. Mais qui ne présente pas de listes pour défendre ce programme. Auraient-ils peur de mesurer leur audience ?
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lundi 25 mai 2009
Par Gérard Delorme,
lundi 25 mai 2009 à 00:45 :: General
Ils vont être un certain nombre, ce lundi à Joigny, à attendre les conclusions que le rapporteur public délivrera aux juges du Conseil d'Etat, dans le cadre du recours en annulation des élections municipales de mars 2008. Isabelle Bourassin en tête, qui ne vit, depuis plus d'un an, que dans la perspective d'un nouveau scrutin. Auteur, avec son mari, de ce recours qui a obtenu la bénédiction du tribunal administratif de Dijon, la conseillère municipale UMP n'a toujours pas digéré la défaite qu'elle partage avec l'ensemble de la droite jovinienne, son mentor Philippe Auberger, son ennemi intime et conseiller général UMP, Julien Ortéga et l'éternel battu Frank Thomas. Ces trois derniers n'avaient pas contesté la validité d'une élection dans laquelle ils étaient pourtant très impliqués.
Alors pourquoi ce recours en annulation ? Pour une quelconque fraude électorale ? Que nenni ! Pour une simple lettre d'amour du maire sortant et chef de file d'Isabelle Bourassin, Philippe Auberger. Est-ce suffisant pour modifier le choix des électeurs ? Oui, si l'on s'en tient à l'appréciation des juges dijonnais. Non, quand on voit les succès politiques obtenus par des hommes aussi célèbres que Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy, malgré leurs déboires conjugaux. Qui peut prétendre qu'un tel courrier du coeur ait pu nuire à l'image de Philippe Auberger ou le valoriser ?
En 2008 les électeurs joviniens avaient sans doute bien d'autres raisons de le remercier. Et Isabelle Bourassin avec. D'autant que l'écart entre la liste de Bernard Moraine et celle du maire sorti n'est pas de deux voix comme le prétend Isabelle Bourassin, mais de 32 voix. On a validé des élections pour moins que ça. Surtout quand le principal intéressé n'a pas signé le recours. Rien ne justifie donc l'annulation des élections de Joigny. Pas plus, sans doute, que l'inéligibilité dont sont frappés Julien Ortéga et Frank Thomas. Les Joviniens ont choisi une équipe municipale, avec ses forces et ses faiblesses. C'est à la fin du mandat qu'ils seront jugés. Par les électeurs, pas par des juges !
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jeudi 7 mai 2009
Par Gérard Delorme,
jeudi 7 mai 2009 à 00:46 :: General
A quelque sinistre industriel malheur est bon ! Les bassins d'emplois d'Auxerre et de Joigny, profondément touchés par des licenciements en cascade, vont pouvoir bénéficier du Contrat de Transition Professionnelle (CTP) mis en place par Nicolas Sarkozy. Un dispositif de soutien qui permet aux salariés sur la paille de ne pas faire trop de foin. Toucher 80 % de son salaire pendant un an, pouvoir suivre des formations et des stages en entreprises, c'est quand même mieux que rien. Dans un an on verra. Mais vu le contexte, on ne va pas s'en plaindre. D'autant que sur ce coup là les élus de droite et de gauche (enfin certains) on su faire cause commune au delà de leurs divergences. Nicolas Soret, adjoint au maire de Joigny, le souligne d'ailleurs dans son blog, quand il rappelle qu'il a rencontré Laurent Wauquier, le secrétaire d'état à l'Emploi, le mois dernier avec Jean-Yves Caullet vice-président du conseil régional chargé de l'économie et le maire d'Auxerre Guy Férez. Trois élus socialistes qui ont vu leur dossier relayé, au plus haut niveau, par Henri de Raincourt, sénateur UMP de l'Yonne.
L'ancien président du conseil général a marqué des points dans cette opération consensuelle. Non seulement il a réussi à bénéficier d'une photo pleine page dans l'Yonne-Républicaine avec Laurent Wauquier, mais il a surtout montré qu'il restait un homme politique influent. De quoi rendre jaloux d'autres parlementaires UMP qui n'ont pas souvent l'occasion d'annoncer une bonne nouvelle. Encore que les salariés de l'Auxerrois et du Jovinien auraient préféré ne pas être éligible au CTP. Aussi Marie-Louise Fort s'est-elle empressée d'accrocher les wagons en se félicitant que ces mesures d'accompagnement soient élargies au bassin d'emploi de Joigny. Grace à elle bien sûr, puisqu'elle avait alerté le même Laurent Wauquier avec Henri de Raincourt. Ouf !
Le gentil Guillaume Larrivé, qui tient tellement à prouver que ses interventions dans les ministères sont payantes, ne veut pas être en reste. Et de rappeler qu'il a été le premier, dès janvier, à demander à Laurent Wauquier qu'Auxerre puisse bénéficier de cette mesure. Désolé Guillaume mais le sénateur Henri de Raincourt prétend qu'il a initié la même démarche dès le 9 décembre auprès du président de la République en personne. Et, pour faire bonne mesure, "Numéro 3" de préciser que "la décision du président Sarkozy doit beaucoup à Brice Hortefeux qui avait bien voulu, à ma demande, solliciter pour Auxerre le bénéfice de ces mesures d'accompagnement". Heureusement le conseiller municipal UMP d'Auxerre indique, dans son courriel, qu'il ne veut pas tirer le couverture à lui. Re Ouf !
Alors, merci qui ? Devant une telle sollicitude les victimes des plans sociaux vont bien finir par voter UMP. De son côté, le président du conseil général, Jean-Marie Rolland, n'en finit pas de vanter les mérites de son plan de relance quand il ne soutient pas les entreprises sous sa casquette de président de Yonne Développement. Les résultats ne se sont pas fait attendre : l'Yonne est le département le plus touché par le chômage. Pourvu qu'il ne lui vienne pas à l'idée de soutenir le Contrat de Transition Professionnelle. Dans le Tonnerrois, par exemple.
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lundi 4 mai 2009
Par Gérard Delorme,
lundi 4 mai 2009 à 23:20 :: General
La grippe A, dite grippe porcine ou grippe mexicaine (c'est selon) a tellement occupé les écrans que les manifestations du 1er mai ont été reléguées au second plan. Des manifestations sans précédents qui reflètent une situation sociale particulièrement tendue. Car au delà de la guerre des chiffres qui consiste à dire, d'un côté, que l'affluence était deux fois moindre que le 19 mars et, de l'autre, qu'elle était cinq fois supérieure à celle du 1er mai 2008, c'est bien le message de la rue qui interpelle. Dans les cortèges, généralement dignes, ce sont surtout les chômeurs, actuels ou en devenir, qui sont venus exprimer leur désarroi. Et ce n'est pas le moindre des paradoxe un jour de fête du ... Travail.
Face à ce désarroi, le gouvernement répond par une nouvelle provocation en réactivant le dossier du travail le dimanche. Travailler le dimanche quand, dans le même temps, de nombreux salariés sont privés de leur emploi en semaine, on ne peut pas trouver meilleure idée pour mettre le feu à la rue. Une solution aussi batarde que les heures supplémentaires qui bénéficient surtout aux patrons exonérés de charges fiscales et sociales. Raison pour lesquelles ces heures sup progressent pour remplacer des salariés qui pointent au chômage. Une très intéressante étude du mensuel "Alternatives économiques" montre à quel point ce dispositif est contre-productif car il renforce la baisse de l'emploi tout en coûtant très cher aux contribuables.
Aussi tous les plans de relance, soutenus à grand renfort de communication tant sur le plan national que départemental, ne produisent pas de résultat sur l'emploi parce qu'ils sont notammant plombés par de telles aberrations (heures sup, travail le dimanche). Christine Lagarde, experte en commentaires rassurants a beau dire que les chiffres du chômage ne sont " pas bons, mais pas mauvais non plus", les chiffres sont là, dans leur tragique réalité. Et les intentions d'embauche ne prévoient pas d'embellie puisqu'elles ont reculé de 16 % en un an, les baisses les plus importantes touchant les secteurs du BTP, des transports, de l'industrie et des activités immobilières. Des chiffres qui sont loin d'épargner le département de l'Yonne, le mauvais élève de la Bourgogne en matière d'emploi. Mais Patrik Devedjian, le ministre de la relance est passé par là ... Et reparti par ici !
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mercredi 29 avril 2009
Par Gérard Delorme,
mercredi 29 avril 2009 à 23:16 :: General
Jacques Hojlo et Pascal Henriat. Les voici qui reviennent sur le devant de la scène politique à la faveur d'une élection cantonale partielle consécutive à la démission de Mireille Le Corre. Deux Auxerrois bon teint qui ont grandi dans l'environnement de Jean-Pierre Soisson et Guy Férez. Le premier, adjoint au maire socialiste, a souvent eu du mal à être candidat. Le second, lieutenant fidèle mais délaissé par JPS, n'arrive pas à se faire élire. Deux destins qui se croisent sans vraiment se rencontrer. Deux hommes que la vie politique a souvent rendu amers. Explications !
Jacques Hojlo aurait du être conseiller général du canton d'Auxerre Nord, en 1998, à la place de Robert Bideau, le maire de Monéteau, si le Vert Denis Roycourt (également adjoint de Guy Férez) n'avait pas joué les francs-tireurs en décidant de se maintenir au second tour. Il échoua pour seulement 40 voix. Dix ans plus tard, il pensait tenir sa revanche en héritant du canton voisin légué par Michel Bonhenry. Mais l'obstacle vint de son propre camp. Mireille Le Corre, renforcée par un bon résultat aux législatives, fut investie par les militants. Pour une voix ! De quoi en vouloir à la terre entière. Jacques Hojlo s'était résolu à attendre 2011 et la succession de Serge Franchis pour tenter à nouveau sa chance quand Mireille Le Corre - et ce n'est pas le moindre des paradoxes - lui libère la voix de l'assemblée départementale.
Car il est déjà sur la ligne de départ Jacques Hojlo, renforcé par une légitimité de terrain et on ne voit pas comment le PS pourrait ne pas soutenir sa candidature. Même Pascal Henriat considérait, pendant la campagne de 2008, qu'il aurait fait un meilleur candidat que Mireille Le Corre. C'est dire ! Il lui faudrait une sacrée dose d'inconscience à l'ancien président du MoDem de l'Yonne pour oser affronter plus fort que celle qui l'avait battu. Réactivé par Jean-François Kahn, à l'occasion des Européennes, le "Référent" MoDem ( c'est son propre terme) ne semble pas décidé à vivre une nouvelle aventure politique tant les précédentes se sont soldées par autant de désillusions. La plus grande, souvenons-nous, lui ayant été infligée par Jean-Pierre Soisson quand il lui préféra Guillaume Larrivé comme suppléant à la députation.
Mais il trouvera toujours quelques amis, comme on dit, pour l'inciter à se présenter. Histoire de porter la responsabilité d'un nouvel échec. Car ce canton, fruit d'un savant découpage qui visait à écarter les quartiers populaires des terres d'élection de Jean-Pierre Soisson et Hubert Moissenet, a été dessiné pour la gauche. D'ailleurs les candidats UMP ne vont pas se précipiter sur la ligne de départ, sinon les seconds couteaux. Dominique Mary, la nouvelle présidente du Mouvement, n'a pas envie de ternir son image par une énième défaite et Guillaume Larrivé pas davantage. Le canton de Serge Franchis offrira certainement plus de chance de succès. Encore que ! Alors, pourquoi pas Elisabeth Gérard-Billebault, prête à tous les sacrifices pour exister. Même à porter les couleurs de l'UAY pour ce scrutin. Car, comme à Avallon et à Pont-sur-Yonne, il ne fera pas bon sortir sous pavillon UMP.
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Par Gérard Delorme,
mercredi 29 avril 2009 à 00:00 :: General
"Qui aime bien châtie bien", a-t-on coutume de dire. J'aime bien Mireille Le Corre, mais sa démission, son abandon de la scène politique me laisse pantois. Au même titre que Nicolas Soret, Guillaume Larrivé ou Jean-Baptiste Lemoyne, elle avait apporté un air de jeunesse. Un renouvellement. Parachutée par la direction nationale du PS (au nom de la parité) dans la première circonscription de l'Yonne, elle arrive, en quelques mois, à gagner la confiance des Auxerrois et à mobiliser les militants. N'a-t-elle pas dominé Jean-Pierre Soisson dans sa propre ville aux législatives ? N'a-t-elle pas vaincu Pascal Henriat, un enfant du pays, aux cantonales ? C'était il y a tout juste un an. Son discours avait été entendu et son travail de terrain récompensé. Dans la foulée, le PS lui confiait les clés de la fédération de l'Yonne et elle entrait au secrétariat national.
Devant une telle ascension, j'écrivais dans cette même rubrique, fin décembre : "La plus belle percée politique sur le plan départemental est à mettre à l'actif de Mireille Le Corre". Une percée qui a fait pschitt. Désolant ! Désolant, pour tous ceux qui se sont investis auprès d'elle, qui ont partagé ses campagnes, qui ont collé ses affiches, qui ont tiré les mêmes sonnettes, qui se sont rangés derrière son aura parce qu'ils croyaient en elle et partageaient ses valeurs. Non, Mireille le capitaine ne doit pas quitter le bateau en pleine mer. Quelles que soient les raisons, familiales, professionnelles, affectives, événementielles. Tout simplement parce qu'une élection est un contrat moral passé avec les électeurs, avec les militants. Et que ce contrat a une durée. Une telle rupture est forcément traumatisante, même si les choix de vie méritent le plus grand respect.
Il reste que la vie politique est un engagement permanent, au service des citoyens. Sinon, la course aux mandats n'a aucun sens moral. Il ne faudrait pas que la constitution des listes pour les élections européennes, liste sur lesquelles tu n'as pas trouvé ta place en position d'éligible (les autres n'ont aucun sens) soit à l'origine de ce départ précipité. Il se trouvera bien quelque mauvais esprit pour le penser. Peu importe. Je garde la même affection pour la jeune maman. Cette démission crée un vide, mais les vides sont fait pour être comblés. Il y aura donc de nouvelles élections à Auxerre et le candidat légitime du PS est désormais Jacques Hojlo, l'adjoint de Guy Férez. Avec Pascal Henriat, Dominique Mary, Guillaume Larrivé, ... comme adversaires ? Ce sera l'objet de mon prochain propos.
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lundi 27 avril 2009
Par Gérard Delorme,
lundi 27 avril 2009 à 23:15 :: General
Une réprimande ! Une simple chiquenaudeque l'on applique sur la joue d'un adolescent pris à la faute. Après des mois de réflexions, d'une attente insoutenable, les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature viennent de sermoner le juge Burgaud. Un jugement qui s'inscrit dans la logique du fiasco de l'affaire d'Outreau. Une demi mesure qui n'en fait ni un coupable, ni un innocent, sans passer par la case "prison", contrairement aux nombreuses victimes d'une instruction bâclée. Même Philippe Houillon, le député UMP, rapporteur de la commission Outreau, se demande s'il ne s'agit pas d'une farce. C'est dire si la sanction relève de la parodie de justice. Mais comment pouvait-il en être autrement dans la mesure où il devait servir de fusible sans que ses supérieurs hiérarchiques soient inquiétés.
C'est l'illustration d'un corporatisme ancestral qui permet aux magistrats de juger d'autres magistrats. On peut quand même s'étonner de trouver, parmi ceux qui ont sanctionné le juge Burgaud, un ancien magistrat de Douai qui était chargé de contrôler l'instruction dudit juge. Un magistrat qui avait même refusé la remise en liberté d'un suspect finalement acquitté. La désastre d'Outreau a donc joué les prolongations et le travail parlementaire visant a réformer la justice ne permet pas de dire, aujourd'hui, qu'une telle situation ne peut pas se reproduire puisqu'il n'y a rien de changer en matière de détention provisoire.
Il reste que ce dénouement n'est pas sans rappeler celui de l'affaire des disparus de l'Yonne, quand les magistrats du parquet d'Auxerre avaient été auditionnés par le même Conseil Supérieur de la Magistrature. Avec, à la clé, des sanctions qui n'ont pas survécu à l'appel des magistrats concernés. Preuve que la justice est intouchable quelles que soient les réformes entreprises. Des réformes qui visent surtout à éloigner les juges des justiciables. C'est la conséquence des coupes sombres opérées par Rachida Dati sur la carte judiciaire. Des réformes à l'emporte-pièce, mal préparées et des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader pour le personnel judiciaire. Ainsi, le tribunal d'instance d'Avallon doit fermer ses portes à la fin de l'année sans que le tribunal d'Auxerre soit prêt à accueillir son personnel. Un déménagement qui doit intervenir le 15 décembre pour une installation au chef-lieu (?) le 1er janvier. Pour faire la jonction entre les deux les magistrats d'Avallon ont demandé à la mairie un bureau et un téléphone. Elle n'est pas belle la justice estampillée Dati !
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mercredi 22 avril 2009
Par Gérard Delorme,
mercredi 22 avril 2009 à 09:35 :: General
Totalement absent du terrain, Guillaume Larrivé, qui a suivi Brice Hortefeux du ministère de l'Immigration à celui du Travail, par ailleurs conseiller municipal UMP d'Auxerre, ne rate pas une occasion de s'exprimer dans les médias. Des avis sur tout et surtout des avis. A chaque fois l'occasion de décerner des bons points à la politique de Nicolas Sarkozy et de mauvaises notes aux socialistes, le maire d'Auxerre Guy Férez étant devenu sa cible préférée.
Si l'on en croit le jeune loup de la politique politicienne, les pauvres vont devenir moins pauvres grâce au plan de relance gouvernemental qui va avoir un effet immédiat sur leur vie quotidienne. Et de citer cinq mesures qui vont leur permettre d'ajouter du beurre aux épinards. La première concerne le minimum vieillesse qui a augmenté de 44 € par mois le 1er avril (et non le 1er janvier comme les années précédentes), soit 1,20 € par jour. Il y a aussi l'allocation adulte handicapé qui reçoit un sacré coup de pouce : 15 € par mois, soit 50 centimes d'euros par jour. Et puis les bons d'achat-service à la personne, sous la forme d'un chèque emploi de 200 € (0,55 € par jour). Mais pour celà il faudra attendre en juillet. Relance d'accord, mais pas tout d'un seul coup.
Mais la générosité gouvernementale ne s'arrête pas à ces mesurettes. Il fait ajouter les primes ( à caractère exceptionnel) : la prime de solidarité active de 200 € (0,55 € par jour) et la prime pour famille modeste de 150 € (0,40 € par jour), prévue en juin. Ainsi, un vieux pauvre appartenant à une famille forcément modeste pourrait bénéficier jusqu'à 3, 40 € supplémentaires, chaque jour, pour peu qu'il soit aussi adulte handicapé. Voilà qui va relancer son pouvoir d'achat. Merci Monsieur Sarkozy ! Pour Guillaume Larrivé, en tout cas, c'est un véritabble ballon d'oxygène. Effectivement, il ne manque pas d'air !
Le bon soldat de Brice Hortefeux pourrait aussi présenter des mesures en faveur de tous ces salariés qui perdent leur emploi, qui vont tomber dans la précarité et devenir de nouveaux pauvres. Il pourrait aller chez Fulmen avec la socialiste Aurélie Filippetti, plutôt que critiquer son déplacement. Il connaitraît ainsi la réalité du terrain. Ce qui pourrait l'aider à se mettre en conformité avec ses déclarations : "La vraie justice, c'est donner à ceux qui sont dans le besoin. Personne ne doit être laissé au bord du chemin". C'est bien pour ça que le paquet fiscal a été créé. Pas question d'abandonner les riches au bord de la route.
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vendredi 10 avril 2009
Par Gérard Delorme,
vendredi 10 avril 2009 à 00:42 :: General
Qui a dit : "Ici, on ne se laisse jamais aller à la violence gratuite. Ici, quand on manifeste, quand on a recours à la violence, ce n'est pas pour se distraire, ce n'est pas pour nuire à autrui, c'est parce qu'on est profondément désespéré, c'est parce qu'on pense qu'on n'a plus de recours et qu'on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale" ? Martine Aubry ? Ségolène Royal ? Olivier Besancenot ? Perdu ! L'auteur de ces belles paroles, justifiant une violence née du désespoir, n'est autre que Nicolas Sarkozy. Non, pas le Président de la République qui condamne les sequestrations des patrons d'entreprises, au nom de l'Etat de droit. Mais le Sarkozy candidat à la présidence de la République, intervenant à Lorient, en avril 2007, devant les pêcheurs bretons ... au nom de la pêche aux voix.
Ce discours démagogique prête à rire, aujourd'hui, quand on entend Frédéric Lefebvre, le porte flingue de l'UMP, s'en prendre aux socialistes qui "encouragent la violence" en soutenant ces milliers de salariés qui se sentent "condamnés à la mort économique et à la mort sociale". Comme dirait Sarko. Le désespoir des salariés de l'industrie, jetés à la rue, c'est le même que celui des pêcheurs en 2007. Sauf que le séisme est de plus grande envergure. Si les patrons sont sequestrés, si les ouvriers de Fulmen à Auxerre ont obligé leur directeur à défiler, c'est tout simplement parce qu'il n'en peuvent plus. Et qu'ils vivent mal les effets d'annonce d'un chef d'Etat qui a déjà blanchi la liste noire des paradis fiscaux et décidé de donner un peu plus aux riches en réduisant l'impôt sur la fortune.
Pourtant, n'est ce pas ce même Nicolas Sarkozy qui promettait dans son discours de Lorient : "Je veux en finir avec cette politique absurde qui obligent ceux qui ne demandent qu'à travailler, qu'à ne pouvoir faire vivre leur famille en travaillant, à manifester violemment pour qu'on accepte de les entendre. Quand un travailleur n'en peut plus, le rôle d'un responsable politique c'est de l'entendre, de le comprendre et d'engager le dialogue avec lui". C'est sûr le message n'est pas passé auprès des ministres du gouvernement Fillon qui font, de "l'absurdité politique", leur quotidien. Normal quand le "patron" ne met pas ses actes en conformité avec ses paroles.
Une pensée aussi pour les licenciés de l'usine Amora-Maille d'Appoigny qui ont du avoir du mal à digérer la publicité de leur produit sur les écrans de télé. Un produit au goût amer quand on sait que leurs emplois ont été sacrifiés au nom de cette campagne promotionnelle. Déjà comdamnés à la mort économique et à la mort sociale, ils pourraient eux aussi considérer la violence comme un dernier recours. Et Sarkozy les comprendrait ?
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mercredi 8 avril 2009
Par Gérard Delorme,
mercredi 8 avril 2009 à 00:18 :: General
C'était en juillet dernier. Le Congrès venait d'adopter (pour une voix) la réforme constitutionnelle avec la bienveillante complicité des Radicaux de gauche. Egratigné dans un billet dénonçant ses "prises de positions à géométrie variable", Dominique Rouyer, alors président départemental du PRG, était monté sur ses grands chevaux quand j'avais rappelé son comportement, à Joigny, lors des municipales. Et surtout la façon dont il avait tourné le dos à Bernard Moraine, choisi par les militants, à ses dépens, pour conduire la liste de gauche. Mécontent de la cinquième place qui lui était réservée, il préféra se retirer. "C'est faux, vous êtes un menteur monsieur !" éructa-t-il en réponse à ce simple commentaire : "Aux municipales de Joigny, Dominique Rouyer n'avait-il pas choisi de prendre ses distances avec la liste de gauche ? Pour rejoindre le centre ... donc la droite".
Effectivement mon analyse était fausse monsieur Royer. Tout simplement parce que je n'avais pas imaginé, à l'époque, que vous étiez capable de réaliser le grand écart. Désolé d'avoir mésestimé vos capacités à trahir vos idées et vos amis d'hier. Mais, rassurez-vous, vous n'êtes pas le premier à pratiquer ce genre d'exercice. L'ancien socialiste Eric Besson a bien choisi de rejoindre Nicolas Sarkozy; pourquoi l'ancien radical Dominique Royer n'aurait-il pas pu rejoindre l'UMP Isabelle Bourassin au sein de la droite jovinienne ? On a les félons qu'on mérite !
Donc, Isabelle Bourassin continue à faire son marché électoral, auprès des laissés-pour-compte, afin de renforcer "l'Union de Joigny". Dans le panier de la ménagère Dominique Rouyer vient ainsi de rejoindre l'inclassable Frank Thomas et le soldat Guy Mathiaut, un autre déserteur, mais du camp Ortéga. Ce qui fait dire aux Joviniens, lassés par ces querelles permanentes sur fond de campagne, que l'Union de Joigny, c'est l'auberge espagnole. Il suffit de parcourir les blogs animés par Isabelle Bourassin, Julien Ortéga et Frank Thomas pour apprécier l'esprit unitaire des différentes factions de la droite jovinienne. Une mésentente cordiale qui permettra à Bernard Moraine de conserver la confiance des électeurs, pour peu que le conseil d'Etat veuille bien décider d'un nouveau scrutin. A Pâques ou à la Trinité ...
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lundi 6 avril 2009
Par Gérard Delorme,
lundi 6 avril 2009 à 09:29 :: General
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! C'est l'idée que l'on devrait retenir de cette fin de semaine si l'on se contente des images des grands de ce monde rassemblés dans le cadre du G20 ou de l'OTAN. A Londres, Strasbourg, Baden-Baden, Berlin, Prague, tout n'était qu'embrassades, poignées de mains et larges sourires. Il s'agissait de montrer aux peuples qu'ils étaient au centre des préoccupations de leurs dirigeants et qu'ils avaient la volonté de juguler la crise financière transformée en crise économique. L'occasion de rapprocher la régulation européenne de la relance américaine. L'opportunité surtout pour les chefs d'états de surfer sur la vague Obama, véritable rock star de la politique internationale. Même Sarkozy, qui a voulu un moment montré ses petits muscles en menaçant de quitter le G20, s'est empressé de grimper sur le porte bagage du président américain. Histoire de profiter, pendant quelques heures, de sa popularité. Voilà pour le côté pile.
Côté face, ce sont d'autres images qui nous reviennent. Celles de Strasbourg, ville assiégée, où les casseurs ont pollué l'image des pacifistes. A qui profite le crime ? Celles des laissés-pour-compte à la porte des usines. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, qui sont confrontés aux principes de réalité et qui n'attendent rien des belles déclarations d'intention du G20. La fin (?) des paradis fiscaux ne leur permettra pas de retrouver un emploi, ni d'améliorer leur pouvoir d'achat. Le décret visant à bannir, jusqu'en 2010 (c'est demain !) les stocks-options relève de la même illusion. D'abord parce qu'il ne concerne que deux groupes de constructeurs automobiles et six banques. Dont celle de l'ami François Pérol choisit uniquement pour sa compétence (voir les résultats de Natyxis). Pour ne pas contrarier ses amis patrons, Nicolas Sarkozy a choisi la voie du décret plutôt que la loi qui aurait occasionné un débat parlementaire à hauts risques.
Cette mesurette très médiatisée avait surtout pour but de montrer aux salariés que le gouvernement était aussi capable de s'en prendre aux patrons indélicats qui osent se servir sur les aides de l'Etat tout en supprimant des emplois. Une véritable leçon de morale que les professeurs des écoles feraient bien d'inscrire sur leur tableau noir. Comme la lettre de Guy Môquet, déjà jetée au panier. Ah, les belles leçons du Président ! Un Président qui a quand même oser promettre, un 1er avril, qu'il allait s'occuper personellement du dossier Caterpillar et des salariés laissés sur le carrreau. Le canular a dû faire son effet du côté de Gandrange où le personnel a enterré depuis longtemps les promesses présidentielles. Illusion ... désillusion !
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jeudi 19 mars 2009
Par Gérard Delorme,
jeudi 19 mars 2009 à 22:24 :: General
Quoi de mieux qu'une belle manif pour réactiver ce blog, en sommeil (pour diverses raisons) depuis un mois. Une manif forte en émotion, digne, lourde en signification, tellement elle reflète l'inquiétude des salariés du public et du privé, celle des étudiants, des enseignants, des pompiers, des retraités ... De toute une population mobilisée contre la politique de liquidation menée conjointement par le gouvernement et le MEDEF. Il a eu raison Nicolas Sarkozy de dire, cette semaine, qu'il voulait reconcilier les Français avec leurs entreprises. Elle a eu raison Laurence Parisot, la patronne des patrons, de s'en prendre aux syndicats pour dénoncer leurs actions.
Les réponses sont venues de la rue. Des salariés de Fulmen, de Fruehauf, d'Amora Maille et bien d'autres entreprises qui viennent de mettre en place des plans sociaux. Des salariés sacrifiés, inquiets de leur avenir, de celui de leur famille et qui ne se font pas la même idée de justice sociale que le chef de l'Etat. Du côté de l'Elysée, c'est "Touche pas à mes potes !". Ceux de la haute finance, ceux du show-bizz. "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts", a-t-il ironisé, ces jours derniers, pour répliquer à ceux qui, même dans son propre camp, reconnaissaient l'aspect injuste du bouclier fiscal. Il n'a pas été davantage élu pour diminuer le pouvoir d'achat, démanteler l'école et l'hôpital, supprimer les services publics ...
Avec Sarko, pas question de faire payer les riches. La solidarité nationale, le partage de la misère, c'est une affaire de pauvres. Comment, dans ces conditions, pouvoir rétablir la confiance ? La rupture est consommée entre le Président et le Peuple. Trois Français sur quatre étaient favorables à cette journée d'action contre deux sur trois il y a seulement un mois. Preuve que le mécontement grandit. Certains élus de l'UMP ont déjà compris qu'en s'arc-boutant, par exemple, sur le bouclier fiscal, ils allaient tout droit dans le mur électoral. La grogne monte aussi au sein de la majorité, ce qui n'est pas pour déplaire à Jean-François Copé. Alors, jusqu'où les élus UMP sont-ils prêts à suivre l'omniprésident dans sa politique sans concession ? C'est toute la question qui se pose avant la prochaine manif. Car la rue, elle, n'a pas renoncé. Et ce mois de mai 2009 pourrait bien rappeler mai 68. Histoire de faire un pied de nez à Nicolas Sarkozy.
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