Autopsie d'une déroute annoncée
Par Gérard Delorme, lundi 15 mars 2010 à 17:26 :: General :: #933 :: rss
Bon, d'accord, l'abstention a battu des records mais faut-il, pour autant, considérer qu'elle retire du crédit à ce scrutin régional volontairement nationalisé par le chef de l'Etat ? Mal lui en a pris, si l'on en juge par la sanction apportée par les électeurs à la politique gouvernementale. Sans préjuger des résultats du deuxième tour, on ne voit pas comment la marée rose, en attendant d'être teintée de vert, ne reconduirait pas les dirigeants socialistes à la tête des Régions. Si le succès de la gauche n'est pas encore quantifiable, on sait, en revanche, quels sont les grands perdants du premier acte.
En tête, François Sauvadet, le chef de file Nouveau Centre, qui n'était pas le meilleur candidat pour la droite bourguignonne. Les militants UMP lui avaient préféré Alain Suguenot, le député-maire de Beaune. Leur souhait n'ayant pas été pris en compte, il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de leur démobilisation. Par ailleurs, en 2004, Sauvadet avait refusé de faire alliance avec Jean-Pierre Soisson et le replâtrage de façade, effectué au nom de l'intérêt général, a laissé apparaître des fissures en coulisses. Enfin, François Sauvadet a berné ses électeurs puisqu'il ne siégera pas à la Région en raison du cumul des mandats. Il se trouve aussi fragilisé à la tête du département de Côte d'Or qu'il ne tient qu'avec un siège de majorité. Gare à 2011 !
S'il arrive en tête (de justesse) dans l'Yonne, il le doit surtout à la personnalité d'Henri de Raincourt qui continue à rayonner sur le Sénonais. Aidé en celà par la médiocre performance de Daniel Paris dans sa ville de Sens. Le maire PRG n'offre plus de lisibilité politique, ses partenaires d'hier devenant ses adversaires d'aujourd'hui. On l'a peu vu dans la campagne, les socialistes sénonais préférant garder leurs distances avec celui qui les a exclu de l'exécutif local. Résultat : la gauche prend l'eau et Daniel Paris, quelles que soient ses futures alliances, a déjà perdu la mairie de Sens. A vouloir trop élargir son cercle d'amis on finit par sortir des répères naturels de la politique. Le MoDem en sait quelque chose.
Le MoDem, justement, qui nous fournit le troisième grand perdant de ce scrutin, en la personne de Pascal Henriat. Malgré une année sabbatique, le président départemental du MoDem ne s'est pas refait une santé politique. Ni financière, puisque le parti de François Bayrou n'atteint pas la barre des 5% de suffrages exprimés. Plus question de négocier une ouverture vers le PS, ni avec qui que ce soit. Pascal Henriat ne sera donc pas présent au second tour. Il aurait pu l'être en 2004, si François Sauvadet, alors chef de file de l'UDF, n'avait pas refusé la main tendue par JPS. Habitué à être lâché au milieu du gué, Pascal Henriat devrait passer à autre chose.
Le quatrième grand perdant n'était pas canditat. Il s'agit de Jean-Marie Rolland, député et président du conseil général de l'Yonne. Patron de l'UMP dans ce département, sans en être le président, il ne peut que constater les dégâts. Déjà à l'échelle de son canton, Vermenton, où François Patriat devance François Sauvadet de 70 voix. Sans compter le score des Verts et de l'Autre Gauche qui ne font que creuser l'écart. Le leader de la gauche arrive même en tête dans 10 des 13 communes du canton. Du souci à se faire pour le successeur d'Henri de Raincourt qui ne semble plus être prophète en son pays. Jean-Marie Rolland est encore plus fragilisé à l'échelle de la circonscription, la gauche totalisant quelque 6000 voix de plus que l'UMP et ses alliés. Résultat d'une campagne à minima ou d'une perte de crédibilité ? Forcément un peu des deux.
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Commentaires
1. Le lundi 15 mars 2010 à 21:25, par LUC
2. Le mardi 16 mars 2010 à 12:45, par JFK
3. Le mardi 16 mars 2010 à 19:01, par lol
4. Le mercredi 17 mars 2010 à 16:13, par enzel
5. Le mercredi 17 mars 2010 à 19:11, par Mavallon
6. Le vendredi 19 mars 2010 à 11:01, par Jovinien
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